dimanche 27 novembre 2022

WOKISME, ECOLOGISME, FEMINISME RADICAL, IDEOLOGIE DU GENRE .... SUICIDE COLLECTIF ?

Wokisme, écologisme, féminisme radical, idéologie du genre  Nous assistons à l’inexorable et incompréhensible montée en puissance d’un processus délétère, souvent hystérique qui envahit toutes les sphères de la société, de l’Etat et de la politique ; montée face à laquelle les arguments rationnels, intelligibles, naturels ne semblent pas avoir de portée.



Comment cela est-il possible ? Pourquoi une pareille perte de contrôle ?

J'ai déjà fait référence aux travaux d’Igor Chaffarévitch et à son remarquable livre le phénomène socialiste. Il s'agit selon moi de l'un des essais les plus importants du 20e siècle.



Sa thèse de la nature suicidaire de ce phénomène doit être recoupée avec les travaux non moins remarquables de Jean-Louis Harouel dont je me suis aussi déjà fait l'écho. Dans une vidéo que je vous suggère de regarder, même si l’auteur n'est pas un grand orateur…, https://www.youtube.com/watch?v=wBGkOoQ4lvI celui-ci résume son analyse des idéaux des droits de l'homme et de la religion séculière qui s'est construite autour d'eux. Précis, argumenté, implacable, clair.

Pourquoi faire un lien entre les deux ? Tout simplement parce que Jean-Louis Harouel conclut en affirmant que l'obligation de respecter une morale d'Etat inspirée par cette nouvelle religion séculière débouche sur un phénomène d'euthanasie collective.

Euthanasie collective ? Suicide collectif ? Il m'a semblé intéressant d'approfondir cette inquiétante conjonction pour essayer de comprendre ce qui nous arrive d'autant que ce ne serait pas une première dans l'histoire eu égard aux développement de certaines hérésies aux effets dévastateurs sur le plan social et politique.

Après avoir rappelé les conditions religieuses de la proclamation des droits de l'homme en 1789 (être suprême, révélation, sacralisation etc.) Jean-Louis Harouel explique que la divinisation de l'homme s'est accompagnée d'un processus qui a consisté à donner force de loi à des préceptes relevant de la morale religieuse. De ce point de vue la proclamation des droits de l'homme est comparable à une hérésie chrétienne, à une gnose. L'auteur souligne que les valeurs évangéliques d'amour et de fraternité hystérisées par la République, pour ne citer qu’elles, se sont transformées en obligations alors qu’elles ne peuvent de manière naturelle faire l’objet que d’une libre adhésion. On ne peut pas forcer à aimer alors qu’on fait éclore les conditions de l’amour… Ce phénomène est particulièrement dangereux pour l'humanité dans la mesure où poussées à l'extrême les valeurs évangéliques qui sous-tendent cette religion séculière constituent de la dynamite sur le plan social, tant il est vrai qu'elles sont temporellement impraticables. Quel meilleur exemple d'ailleurs que celui d'un certain nombre des discours du pape François se référant à ces valeurs évangéliques pour intervenir dans le temporel politique !

Jean-Louis Harouel s’appuie sur les travaux d u Doyen Jean Carbonnier, un très grand professeur de droit de l’immédiat après-guerre. Car ce fut durant la 2e moitié du 20e siècle que l’on assista à l’érection des droits de l'homme en valeurs absolutisées, constitutionnelles, irréfragables couplées à ces préceptes évangéliques dont nos juges devenus des prêtres sont les gardiens, les vigies. C’est à cette époque que ce phénomène a pris un tour fanatique, que l'on a basculé de la liberté vers l’égalité et que la fraternité est devenue une obligation…

Ce fut l’éclosion du principe de non-discrimination qui fut intégré dans le code pénal en 1994 et n'a cessé depuis lors de fleurir et de se diffuser dans notre état de droit et dans notre vie politique. A un point tel que les droits de l'homme et la liberté sont dorénavant relégués par celui de non-discrimination et ses égéries.

Concomitante à l'effondrement du communisme cette éclosion a substitué à l’idéologie socialiste en voie d’essoufflement un millénarisme de l'amour de l'autre poussé jusqu'au mépris de soi.

Ce phénomène nous a totalement fait perdre de vue les exigences de la cité, de sa pérennité, de sa durée dont nous voyons en permanence quelles sont systématiquement abandonnées et reléguées par ce nouveau millénarisme dont Sandrine Rousseau et les trotskystes recyclés dans le mouvement écologiste sont les figures emblématiques.

Circonstance aggravante et additionnelle - mais est-ce un hasard ? - ce phénomène s'est produit en même temps que le développement de l'immigration massive. Une immigration devenue incontrôlable du fait de l'application du principe de non-discrimination et du développement d'un cosmopolitisme impliquant la négation de toute différence entre les humains.

Là se trouve le point de convergence entre les analyses d’Igor Chaffarevitch et de Jean-Louis Harouel. La nouvelle idéologie, véritable religion séculière démontée par celui-ci a pris la place du socialo-communisme admirablement analysé par celui-là.

Et pourtant ! Cette idéologie fanatique nous semble aberrante, ahurissante, tant elle va à l'encontre du simple bon sens. Elle ne repose sur rien d’intelligible… Phénomène collectif d'aveuglement par une religion dont l’astuce suprême consiste à avancer masquée derrière les principes des droits de l’homme et la laïcité. Phénomène sectaire, non?  

Or comme souvent dans l’histoire ces processus collectifs d'aveuglement débouchent sur une attitude collective suicidaire. Se prétendant areligieux ils affirment même combattre les religions et leur tentation totalitaire. Ils se targuent du respect de principes qu’en réalité ils remettent en cause et qu’ils nient en pratique, dans leur praxis.

D’inspiration religieuse cette idéologie discrédite la religion catholique qui la met face à ses contradictions et aberrations. A cet effet utilisant une rengaine qui remonte à la philosophie des lumières elle critique le christianisme à qui elle reproche de vouloir confondre spirituel et temporel alors que c'est précisément Lui qui contre toutes les autres religions a imposé leur seule véritable séparation.

Nos deux auteurs nous fournissent la clé de compréhension de ce processus délétère qui tend à nous pousser dans un inéluctable suicide collectif, tant il est vrai que cette marche univoque et contraire aux besoins fondamentaux de l’humain ne peut conduire qu’à cela. Là encore l’histoire des hérésies chrétiennes le montre à l’image par exemple des délires individuels et collectifs du catharisme.

Certains répondront qu'il ne faut pas voir le mal de partout, que nous sommes sortis de l’obscurantisme. Les mêmes rétorqueront que les principes des droits de l'homme sont généreux et que l'on ne saurait sérieusement contredire la nécessité de les respecter. Mais dans l’histoire on n’a jamais forcé les êtres humains à la bonté, à l’amour et à la fraternité sans sombrer dans l’intolérance, la violence et la déliquescence collective.

Il faut avoir la lucidité d’analyser ce mouvement comme le fait Jean-Louis Harouel. Il s’agit d’une forme d'augustinisme politique et juridique; une tentation récurrente, permanente, éternelle de ceux qui nous gouvernent. Elle a traversé les hommes d'Eglise comme les hommes d'Etat. Elle a animé depuis toujours ceux qui cherchent à s'approprier la chose publique au lieu de la servir. Le christianisme derrière St Thomas d’Aquin n’a eu de cesse de le dénoncer et d’alerter sur ses dangers.

L'élément capital du raisonnement de Jean-Louis Harouel est de souligner qu'il faut choisir entre deux types de politique. Celle devenue religion séculière qui cherche à imposer l'application de principes de nature évangélique qui ne peuvent qu'être librement acceptés pour être supportables. Et la politique réaliste, toujours défendue par la doctrine catholique, qui a pour objet d'assurer la pérennité et la durée de la cité terrestre afin de permettre à ceux qui l’habitent de s'y épanouir librement.

Nous devons identifier et dénoncer les dérives sectaires de cette religion séculière qui confond les domaines spirituels et temporels au risque de nous entrainer dans un cul de sac suicidaire.

La lucidité doit nous tenir en éveil, sans pessimisme ni optimisme béat, au nom d’un réalisme nourri par notre vigilance dans l’observation des événements et des manipulations dont ils sont l’objet de la part de nos nouveaux apprentis sorciers !

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