dimanche 7 décembre 2014

ALLEZ BEZIERS!

C’est la guerre autour de la crèche de Noël. Un comble ! Comment pouvons-nous semer la division autour du symbole de la joie, de la paix et de l’amour? Nous n’avons toujours pas trouvé nos marques autour de la laïcité. Il est facile, de se retrancher derrière les articles 2 et 29 de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'État pour justifier l'interdiction de la présence d'une crèche dans un lieu public. Moyennant quoi on ignore qu’elle blesse la réalité culturelle, identitaire, de notre peuple et de notre Nation. Les réactions les plus enflammées, je pense par exemple à celle de Philippe de Villiers sur RMC[1], invoquent nos racines chrétiennes. Et ils ont raison. Les mêmes font ressortir à juste titre le  « deux poids deux mesures » par rapport à l’Islam et son traitement public actuel. Et ils ont raison ! Il m’apparait toutefois nécessaire d’aller plus loin dans la réflexion.

Que fêtons-nous à Noël si ce n'est un événement religieux dont nous avons fait une fête laïque et républicaine ? Nous sommes dans l’incohérence et le paradoxe. Paradoxe du retour au calendrier chrétien malgré la parenthèse du calendrier révolutionnaire. Paradoxe de la présence des étoiles sur nos arbres de Noël, et des lumières dans nos villes en ces périodes de fêtes, images des étoiles qui il y a plus de 2000 ans ont guidé les bergers vers leur sauveur à Bethléem. Paradoxe de la présence dans l’espace public des clochers, des oratoires et de ces statues que les révolutionnaires de 1789 n’ont pas toutes détruites. Paradoxe de nos trêves pour Pâques et ses œufs, pour l’Ascension, pour la Pentecôte et pour l’assomption du 15 aout. Paradoxe de notre admiration sans partage des plus beaux morceaux de la musique classique, très souvent religieux, comme des tableaux et des sculptures de nos artistes, ou encore de nos monuments publics en commençant par nos cathédrales. Paradoxe du laïcisme officiel soft illustré par la récente déclaration du premier secrétaire du parti socialiste dénonçant le laïcisme intolérant – il a bien identifié le danger politique du combat mené par ses amis- et des motivations des radicaux qui ont saisi la juridiction administrative en Vendée pour obtenir l'enlèvement de la crèche installée par le conseil général ; une association de la libre pensée (sic !) qui dénonce «  les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action. Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme, fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude »[2]. Ces paradoxes sont le résultat du désordre de notre relation avec le religieux, de notre république avec le religieux, et de chaque citoyen avec le religieux. Et les catholiques qui ont perdu leurs repères ne sont pas de reste...

Le paradoxe et la confusion règnent parce que le laïcisme a apporté le désordre dans un système qui avait été ordonné par le Christ, le christianisme et ses théologiens. C'est le Christ qui a apporté la séparation entre le spirituel et le temporel. C'est grâce à lui et grâce à son Eglise que l'homme occidental a pu être enfin soumis à deux autorités, celle du Pape et celle de son roi, de son empereur ou de son chef d'État ; pour son plus grand équilibre et pour le plus grand équilibre de la cité. Les hommes devinrent capables de se mettre à genoux devant leur Dieu avant de combattre au nom de leur roi, comme l'armée commandée par Jeanne-d’Arc. André Malraux qui n’est pas un père de l’Eglise, l’avait compris et exprimé: « La chrétienté n'avait pas été totalitaire: les Etats totalitaires sont nés de la volonté de trouver une totalité sans religion, et elle avait connu au moins le pape et l'empereur; mais, comme l'Inde, elle avait été un tout »[3]. L’ordre naturel chrétien a apporté une vraie libération, la liberté des enfants de Dieu, répondant aux besoins les plus profonds de l'homme. Il a été détruit par l'idéologie révolutionnaire et républicaine. Une idéologie qui n’a eu de cesse et qui n’a encore de cesse que d’arracher les hommes non pas seulement au pouvoir des prêtres, mais à Dieu ; à l’image d’Adam et Eve au jardin d’Eden. Et oui nous sommes toujours dans l’histoire du péché originel. La problématique reste celle de l’alternative entre l’homme-dieu qui veut être son seul maître et l’homme acceptant de se mettre à genoux devant son Dieu et par voie de conséquence devant la crèche, au pied de l’enfant Jésus !...La boucle est bouclée...

Le débat est en train d'évoluer, de s’actualiser, parce que nous touchons du doigt et de l’esprit l'aberration du système idéologique dans lequel on tente de nous imposer de vivre et de nous étouffer, au mépris de la réalité. Il nous aura fallu du temps ; il aura fallu que nous parvenions à un stade de déchristianisation avancé ! Comme s’il fallait le vertige du vide pour ressentir le besoin de le remplir. Ce n’est pas pour rien que les vestales de la laïcité restent vigilantes. Les lignes bougent...

Les échanges entre Robert Ménard le maire de Béziers et Jacques Attali lors de la dernière émission des paroles et des actes sur France 2 jeudi dernier[4] ont révélé que tout n’est pas perdu. Le premier a fait ressortir son pragmatisme politique et une intelligence de son peuple et de ses administrés à travers son souci de répondre à leurs besoins et à leurs attentes profondes. Le second, ce grand intellectuel, « premier partout »  n'a su lui répondre qu'une chose : « votre France est moisie » ! Ce furent ses mots... Pour M. Valls, dimanche soir sur France 2 elle était « rance ». Eh bien non la crèche de Noël n'est ni moisie ni rance ! N'en déplaise à nos idéologues laïcards elle leur survivra. Qu'ils parviennent ou non à l'expulser des lieux publics, elle les vaincra parce qu’elle est éternelle ! Les hommes de bonne volonté continueront de se mettre à genoux devant elle et devant leur Sauveur qui y trônera jusqu’à la fin des temps dans et par son Eglise! Et à ce moment-là la politique rimera à nouveau avec sérénité car l’équilibre entre les pouvoirs aura été restauré ; la laïcité aura enfin été définie de manière positive. Laïcité positive contre laïcisme négatif.

Oui, un vent nouveau peut souffler à la condition que des hommes libérés des conditionnements idéologiques, des réflexes pavloviens et de la crainte de l’excommunication laïque, mènent une autre politique affranchie du parisianisme de confection. Pour cela il suffit de prendre le pouls du peuple et de cesser de lui faire violence dans ce qui lui est intime et cher en respectant sa liberté personnelle. Tout est encore possible. Allez Béziers ! Allez la France !




[1] http://www.philippedevilliers.fr/Reaction-de-Philippe-de-Villiers-sur-RMC-sur-la-polemique-de-la-creche-de-Noel-le-4-decembre_a154.html
[2] http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1285207-creche-de-noel-interdite-en-vendee-un-danger-pour-la-laicite-quelle-fumisterie.html
[3] Les Voix du silence (1951)
[4] http://www.francetvinfo.fr/politique/regardez-en-direct-des-paroles-et-des-actes-avec-melenchon-duflot-et-hamon_764651.html

3 commentaires:

  1. Bonjour.
    Les romains prétendaient que leurs divinités font leurs affaires dans les cieux et ne se mêlent pas aux affaires des hommes. Comme a dit un philosophe, « il nous est obligatoire de ne pas occuper nos esprits de ce qu'ils veulent de nous (les dieux), car ils ne veulent rien de nous. »
    Tel était la théorie de la philosophie ; les dieux sont seulement des modèles pour les gens dans leurs comportements mais ils n'ordonnent pas, n'interdisent pas, ne légifèrent pas et ne jugent pas. Ces philosophes et politiciens païens avaient donc l'idée de la séparation entre la vie du peuple et les commandements divin.
    Mais fini le temps de l'ignorance, depuis la révélation du Coran nous savons désormais clairement ce que l'unique Vrai Dieu veut de nous. Fini les dieux païens qui ne parlent jamais, ne font pas miséricorde et ne guide pas. Fini l'idée de la séparation entre nos vies et Celui qui nous a donné la vie. Fini l'idée de la séparation entre la religion et nos responsabilités quotidiennes.
    Allah a promis le Paradis aux croyants sincères, et Il ne manque jamais à Sa promesse. Il a fait de l'Islam le centre du profit et de la réussite.

    L'imam Ahmed ibnou Taïmiya رحمه الله a dit à son sujet :
    « Et celui qui aura examiné les situations du monde, se sera éclairci pour lui le fait qu'Allah n'a pas comblé les gens de la terre d'un bienfait plus immense que celui de son envoi (prière d'Allah et paix sur lui), et que ceux qui ont rejeté son message, sont ceux sur lesquelles Allah تعالى a dit dans le Coran (selon le sens) : { Ne vois-tu point ceux qui troquent le bienfait d'Allah contre l'ingratitude et établissent leur peuple dans la demeure de la perdition (l'Enfer). } [Ibrahim: 28].

    C'est pour cela qu'il a caractérisé par la reconnaissance (le remerciement) celui qui a accepté ce bienfait (l'islam), Il a ainsi dit – élevé soit-Il - { Ainsi, éprouvons-Nous (les gens) les uns par les autres, pour qu'ils disent : “Est-ce là ceux qu'Allah a favorisés parmi nous ?” N'est-ce pas Allah qui sait le mieux lesquels sont reconnaissants ? } [Al An'am: 53, TRSV]. » Fin de propos (voir Al djawab as-sahih).

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  2. La disparition progressive des savants de l'Evangile en Europe, l'hypocrisie de certains et les pressions politique exercées par le pouvoir romain alors en place ; tels sont les éléments principaux qui ont conduits les chrétiens à des concessions qui ont détruites leur religion. Faire comprendre aux européens les droits de Dieu n'était pas la préoccupations des représentants dits chrétiens.

    Leurs intérêts étaient dirigés par l'amour de la vie mondaine. Il ne pouvait pas guider les européens vers le monothéisme, car leur conception de la nature même du prophète Jésus était imprégnée par les idées païennes. Ils divergés entre eux sur les base de la religion, leur prédication ne pouvait donc se faire que dans la pire des confusions.
    Inévitablement il en fut ainsi; adoption de croyances, de rites païens et de pratiques culturelles en contradiction totale avec l'Evangile et la religion du Messie.

    Le carnaval en est un exemple flagrant, mais surtout et encore plus de la fête de "Noël". Cette fête est-elle réellement chrétienne ? Est-ce l’anniversaire de Jésus ? Jésus l'aurait-il approuvé ?
    La plupart des chrétiens considèrent "Noël" comme une fête religieuse. À travers le monde, les églises diffusent messages et sermons qui laissent croire que le 25 décembre est l’anniversaire authentique de Jésus-Christ.

    Il est un fait que ni l’année, ni le mois, ni encore le jour de la naissance de Jésus ne sont mentionnés dans la Bible. En fait, le récit biblique nous indique qu’il naquit durant l’été (de juin à septembre en Palestine), car les bergers étaient dehors avec leurs troupeaux. L’hiver étant une saison de pluie, il n’était pas question pour les bergers de passer la nuit à la belle étoile. Si l’histoire de la naissance du Christ se trouve bien dans la Bible, la célébration de l’événement, quant à elle, n’est nullement indiquée. D’ailleurs, il est intéressant de noter que selon la Bible, ni Jésus ne l’avait jamais célébré, ni ses disciples auxquels il avait lui-même enseigné la religion juste.

    En effet, si la célébration de Noël devait figurer dans la religion de Jésus, ses suivants l’auraient certainement fêtée. Or, l’édition anglaise de 1911 de l’Encyclopédie catholique, diffusée par l’Église catholique romaine, déclare que « Noël ne figure pas parmi les premières fêtes de l’Église... elle apparaîtra pour la première fois en Égypte. » C’est dire que cette fête est d’origine païenne.

    Selon l’encyclopédie éditée par Schaff-Herzog : «… la fête, solidement enracinée dans la tradition populaire, ne put être éliminée par l’influence chrétienne. Cette fête païenne, avec sa débauche et ses réjouissances, était si populaire que les paléochrétiens de l’Empire Romain furent heureux d’avoir un prétexte pour continuer à la célébrer sans trop changer son esprit ou sa tradition. »

    Bien loin de rejeter cette fête païenne, l’Église l’agréa en prenant le soin de l’adapter : au lieu d’être la naissance du Roi-Soleil des Romains, désormais ce serait celle de Jésus-Christ, faussement désigné "Fils de Dieu". Ce fut le pape Jules 1er qui en l’an 320 du calendrier, avait déclaré que le 25 décembre serait la date officielle de la naissance du Christ.

    Dès lors, le Christianisme deviendrait une religion attirante et acceptable pour les masses populaires païennes de Rome. Ceci poussa les chrétiens de Mésopotamie (les Syriens et les Arméniens) à accuser leurs coreligionnaires occidentaux d’idolâtrie pour avoir adopté cette fête païenne. Pour finir, notons qu’en 1643, le parlement britannique avait officiellement aboli la célébration de la fête de Noël, la considérant non chrétienne en raison de son origine païenne…

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  3. Pas de salut pour les hommes sans monothéisme. Pas de salut dans la conversion à une religion anthropomorphique qui ne différencie pas le Créateur de ses créatures. Pas de salut par les chants à côté des statues et des crucifix; pas de salut sans islam.

    Voir aussi : http://www.terre-islam.com/t904-tariq-oubrou-et-la-trinite#7265

    En espérant être utile, je vous donne l'adresse de mon modeste blog textuel sur l'islam : http://vers-le-firdaws.blogspot.com/ .

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