lundi 7 octobre 2013

GAUCHE DROITE! DROITE GAUCHE!

Jean Madiran a démontré avec une rigueur intellectuelle et une logique implacable dans son petit opuscule « la droite et la gauche » paru il y a 25 ans, que la droite est une création de la gauche:"La gauche se désigne elle-même et la droite est désignée par la gauche". Si cela ne s’observe par exemple pas aux Etats-Unis, l'histoire occidentale de la République depuis 1789 en donne l'illustration. Aucun mouvement, aucun homme politique, aucun chef d’Etat de l’époque moderne n’a échappé à cette classification idéologique. Par exemple Laval le socialiste, Mussolini l’ancien socialiste, Hitler le national SOCIALISTE (le fait qu’il fut de droite ou de gauche n’étant pas de nature à excuser ou aggraver ses insupportables crimes contre l’humanité) ont été catalogués à droite. La droite elle-même s’y est rangée, soulagée de les voir renvoyés aux extrémités infamantes de l’échiquier politique…de droite. De Gaulle lui-même ne résista que peu de temps après l’état de grâce dont il bénéficia au début de la Ve République; ses héritiers se sont d'ailleurs très vite divisés selon ce clivage irréductible de la vie politique occidentale...Tous ceux qui ont cherché à se débarrasser de l'étiquette de droite comme ceux qui ont tenté de l'assumer – Sarkozy étant le dernier en date - ne sont pas parvenus non plus à sortir de ce piège. Pourquoi? Comment? L’autorité morale ainsi exercée par la gauche est le résultat d'un cocktail d'affirmation de générosité, de proclamation d'un idéal de justice et de prétention à la solidarité, grâce auquel elle est restée maître du jeu. La seule existence de cette gauche légitimiste constitue déjà et en soi la défaite de la droite. Aussi y a-t-il quelque chose d'intéressant et peut-être même de politiquement rénovateur dans l'initiative de Marine Le Pen lorsqu’elle annonce qu'elle attaquera tous ceux qui accuseraient son mouvement d'être d'extrême droite, mais surtout lorsqu'elle déclare: «Nous ne sommes absolument pas un parti de droite, ceux qui le pensent font une erreur d’analyse totale». A-t-elle compris qu'elle resterait à son tour, de manière inexorable et irréversible, victime de ce piège historique, tant qu'elle accepterait le diktat idéologique qui le sous-tend ? Il est vrai que son discours qui consiste à rejeter gauche et droite confondues dans leur identique incapacité à résoudre les problèmes du pays et dans leur égale volonté suicidaire de s'en remettre à la fois à une bureaucratie surannée et à une Europe dépassée, la poussent naturellement à rejeter ce clivage réducteur. Reste à savoir si elle sera capable d'incarner un idéal s'inspirant d'un art politique capable de dépasser cette fausse alternative «droite contre gauche». Pour cela, il lui faudra tout d’abord remettre pour de bon en cause les fondements de l'idéologie démocratique et républicaine qui préside aujourd’hui aux destinées de la France; je pense à celle qui, répondant à la baguette des July, Désir et autres «Solférinistes», sous couvert des «principes républicains», exclue à tout bout de champ et interdit de défendre ce qui est profondément et historiquement français. Mais il lui faudra aussi un programme politique, un positionnement politique, une attitude électorale et un rapport au pouvoir prenant à contrepied, les programmes, le positionnement, l’électoralisme et la relation au pouvoir de ceux qu’elle dénonce et dont elle veut se démarquer. Elle devra encore repousser les sirènes d’une politique simpliste et populiste qui agitent aujourd'hui la vague sur laquelle elle surfe avec une trop grande facilité. Il lui faudra retrousser les manches et retourner à la source, aller avec courage mais sans excès ni anathèmes, plus loin dans la remise en cause de ce qu'elle appelle le système. Dans cette voie, elle sera, elle est déjà…, tiraillée entre sa normalisation républicaine et son positionnement hors de l’échiquier dessiné par la gauche. Lucidité, clairvoyance, courage, vision prospective et historique sont nécessaires pour la réussite d’une telle entreprise… Tel sera le seul véritable moyen de dé-diaboliser de manière définitive son parti politique et de le libérer également de ses vieux démons savamment instillés par ceux-là mêmes qui depuis 200 ans décident de ce qui est moral de ce qui ne l'est pas sans que leur choix ni leurs diktats ne soient jamais inspirés par les principes ni de la morale ni de la recherche du bien commun. En sera-t-elle capable? Au moins aura-t-elle le mérite d’avoir ouvert la voie… Car la seule vraie politique, ni de droite ni de gauche, celle que le peuple attend sans pouvoir toujours l’identifier, en raison de l’aveuglement résultant de la manipulation idéologique, médiatique, démagogique et consumériste qu’il subit tous les jours et toutes les minutes que Dieu fait, a pour objet principal et premier de gérer la nature humaine, en fonction de la recherche du bien de la collectivité et de chacun de ses membres. Nous verrons… La France n’est-elle pas une grande Nation politique?

1 commentaire:

  1. Manuel Valls a déclaré hier que la Nation était une invention de la gauche en 1789 !
    c'est faux mais "nation" et "république" semblent etre devenus des mots clefs dans le discours politiquement correct.
    UMP et PS se battent pour se les approprier.
    La politique est devenue une bataille sémantique digne d'une cour de récré.
    Les hommes politiques se battent donc pour donner du corps à la distinction droite gauche qui, tu as raison, n'est qu'une création politicienne !

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