C'est la rentrée ! Tirons le
vin nouveau ! Le temps du décryptage est venu !
Que pouvons-nous attendre
des mois à venir et du débat politique ? Un nouveau président ? Sans doute, car
ainsi le veulent nos institutions. Pour autant, nul doute que celui qui demain
présidera aux destinées de la France ne sera pas en rupture avec « le système »
dont nos anciens présidents, particulièrement l'actuel et son prédécesseur, ont
été d'éclatantes incarnations.
Est-ce à dire que nous
devons nous désintéresser de ce qui va se passer ? Non, sans aucun doute. Mais
nous devons nous y intéresser autrement, avec un regard différent et des
oreilles nettoyées, purifiées de tout le vacarme médiatique qui s’organise.
C'est tout l'enjeu des
années à venir. Il y a au moins quelque chose de vrai dans « le phénomène Macron
», dont à l'occasion d'un dîner très récent j'ai encore été suffoqué de
constater à quel point il est en train de séduire les classes les plus
influentes, les plus bourgeoises et les plus installées dans notre société. C'est
que ce système va disparaître. Sans doute pas à l'échéance des élections
immédiates, ni même de celles qui suivront, mais d'ici une à deux générations ou
peut-être plus tôt en fonction des événements.
Il paraît qu'en démocratie
c'est le peuple qui a le pouvoir... Nous devons changer notre manière de suivre le débat et de nous y
impliquer. Il s'agit de décrypter, d'analyser, d'exercer son intelligence,
de poser son regard, d’affiner son ouïe. De changer!
La question n'est pas de
savoir : Qui, Quel homme ou femme providentiel ? Ni non plus de rechercher les différences entre les
programmes politiques qui sont des frères siamois. Voilà qui résoudra beaucoup
de vaines discussions dans nos dîners en ville… ou autour du café... Alors, comment s'y prendre?
En écrivant ce billet une
anecdote me revient à l'esprit, rapportée il y a de nombreuses années, du temps
de l'empire soviétique, par un ami parisien qui se reconnaîtra dans ces lignes.
Il recevait chez lui des représentants du syndicat Solidarnosc. E'un d'entre
eux, le matin au petit déjeuner, le regardait surpris à cause de sa manière de
lire son journal. Mon ami surpris ne comprit pas. Et son interlocuteur lui
expliqua qu’en Pologne, ils ne lisaient jamais la presse aussi rapidement que
nous, car ils se demandaient toujours ce qui se cachait derrière les mots et
les phrases et les articles qu'ils lisaient…
Nous ne sommes pas les
victimes d'un totalitarisme du type de celui que subissaient nos amis polonais
à l'époque. Pour autant, nous sommes bien les sujets d'une entreprise de
manipulation permanente dont je vous livre deux exemples tirés de lectures
récentes.
Tout d'abord le récent livre
d'une linguiste Ingrid Riocreux « la
langue des médias » [1]qui
décrypte tout ce travail de la presse dans l'utilisation des mots et les
concepts. « Si la langue est un code
parfaitement neutre, avec un lexique et une grammaire, le discours médiatique
est en revanche conditionnée par une idéologie qui reconfigure ce système
».
Ensuite, la somme que vient
de publier Jean Grimaldi d’Esdra « banalité
du conformisme »[2]. «
Le conformisme es l'état qui nous pousse
à parler ou agir toujours comme ce qui nous entoure. Parfois, quand nous
voudrions présenter ou proclamer une vision personnelle, il nous incite à taire
notre pensée. Homogénéité, unanimisme, autocensure sont les facettes les plus
évidentes du conformisme ». L'auteur analyse ce phénomène sous tous les
angles, dans toutes ses manifestations, de tous les points de vue. Il le tourne
et le retourne dans ses multiples sens et manifestations, l'examine et le
décrypte de tous les points de vue, de manière à en retirer la substance et une
connaissance complète ; ce qui lui permet de déterminer les attitudes à
adopter pour combattre ce qui est aujourd'hui l'une des armes principales de ce
système dont nous ne sommes plus les sujets mais les objets. Je vous en
recommande la lecture et nous aurons certainement l'occasion d'en reparler.
Voilà qui m'amène pour
conclure à vous faire une suggestion. Alors que nous sommes à la fois envahis
par notre nausée de ce débat politicien qui devient proprement insupportable
mais aussi par notre immense attente face à la gravité des problèmes du pays, essayons
de nous imposer quelques règles de conduite dans notre manière de recevoir et
d'écouter le bruit du système :
- Lire, et écouter avec le regard et l’ouïe du décrypteur qui détecte comment celui qui parle ou qui écrit, tente de le manipuler ou de l'influencer ne serait-ce que dans le choix de ses mots, la formulation de ses questions ou de ses réponses.
- Refuser par principe toute idée de conformisme par rapport à ce bruit médiatique, politique, économique, avec une conviction très simple : je suis un acteur ne serait-ce que parce que je suis détenteur du pouvoir dans ce système démocratique et je refuse par principe que l'on choisisse à ma place, que l'on pense à ma place et que l'on cherche à m'imposer de quelque manière que ce soit ma manière d'analyser les événements et les choses, et d'envisager les solutions à y apporter. Refuser toutes les exclusions, les exclusives, les jugements de valeur, comme les a priori idéologiques.
- Avoir une obsession : rechercher le sens, la finalité, l'intérêt, les exigences du bien commun, d'une politique orientée vers le service de la collectivité et de chacun d'entre nous, pour son bien.
- Refuser de souscrire à toute analyse qui ne satisfasse pas à ces exigences de bon sens en ayant la conviction et la certitude que mon refus a un sens, une portée et une efficacité même s'il ne s'exprime que dans le secret de ma conscience et de ma réflexion.
- Avoir la force et la détermination de faire partager ces exigences, ces soucis, ces préoccupations autour de moi. Avoir en quelque sorte l'anticonformisme contagieux…
Rappelez-vous, la réponse de
Celle dont l'Eglise vient de faire une sainte dimanche dernier, Sainte Mère
Teresa de Calcutta, à un journaliste lui demandant ce qu'il fallait changer : «
vous et moi » !
Le reste n'est que le bruit vain
et prétentieux d'un système en train de mourir.
C'est à nous de jouer !
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