dimanche 11 septembre 2016

C'EST A NOUS DE JOUER!...

C'est la rentrée ! Tirons le vin nouveau ! Le temps du décryptage est venu !

Que pouvons-nous attendre des mois à venir et du débat politique ? Un nouveau président ? Sans doute, car ainsi le veulent nos institutions. Pour autant, nul doute que celui qui demain présidera aux destinées de la France ne sera pas en rupture avec « le système » dont nos anciens présidents, particulièrement l'actuel et son prédécesseur, ont été d'éclatantes incarnations.

Est-ce à dire que nous devons nous désintéresser de ce qui va se passer ? Non, sans aucun doute. Mais nous devons nous y intéresser autrement, avec un regard différent et des oreilles nettoyées, purifiées de tout le vacarme médiatique qui s’organise.

C'est tout l'enjeu des années à venir. Il y a au moins quelque chose de vrai dans « le phénomène Macron », dont à l'occasion d'un dîner très récent j'ai encore été suffoqué de constater à quel point il est en train de séduire les classes les plus influentes, les plus bourgeoises et les plus installées dans notre société. C'est que ce système va disparaître. Sans doute pas à l'échéance des élections immédiates, ni même de celles qui suivront, mais d'ici une à deux générations ou peut-être plus tôt en fonction des événements.

Il paraît qu'en démocratie c'est le peuple qui a le pouvoir... Nous devons changer notre manière de suivre le débat et de nous y impliquer. Il s'agit de décrypter, d'analyser, d'exercer son intelligence, de poser son regard, d’affiner son ouïe. De changer!

La question n'est pas de savoir : Qui, Quel homme ou femme providentiel ? Ni non plus de rechercher les différences entre les programmes politiques qui sont des frères siamois. Voilà qui résoudra beaucoup de vaines discussions dans nos dîners en ville… ou autour du café... Alors, comment s'y prendre?

En écrivant ce billet une anecdote me revient à l'esprit, rapportée il y a de nombreuses années, du temps de l'empire soviétique, par un ami parisien qui se reconnaîtra dans ces lignes. Il recevait chez lui des représentants du syndicat Solidarnosc. E'un d'entre eux, le matin au petit déjeuner, le regardait surpris à cause de sa manière de lire son journal. Mon ami surpris ne comprit pas. Et son interlocuteur lui expliqua qu’en Pologne, ils ne lisaient jamais la presse aussi rapidement que nous, car ils se demandaient toujours ce qui se cachait derrière les mots et les phrases et les articles qu'ils lisaient…

Nous ne sommes pas les victimes d'un totalitarisme du type de celui que subissaient nos amis polonais à l'époque. Pour autant, nous sommes bien les sujets d'une entreprise de manipulation permanente dont je vous livre deux exemples tirés de lectures récentes.

Tout d'abord le récent livre d'une linguiste Ingrid Riocreux « la langue des médias » [1]qui décrypte tout ce travail de la presse dans l'utilisation des mots et les concepts. « Si la langue est un code parfaitement neutre, avec un lexique et une grammaire, le discours médiatique est en revanche conditionnée par une idéologie qui reconfigure ce système ».

Ensuite, la somme que vient de publier Jean Grimaldi d’Esdra « banalité du conformisme »[2]. « Le conformisme es l'état qui nous pousse à parler ou agir toujours comme ce qui nous entoure. Parfois, quand nous voudrions présenter ou proclamer une vision personnelle, il nous incite à taire notre pensée. Homogénéité, unanimisme, autocensure sont les facettes les plus évidentes du conformisme ». L'auteur analyse ce phénomène sous tous les angles, dans toutes ses manifestations, de tous les points de vue. Il le tourne et le retourne dans ses multiples sens et manifestations, l'examine et le décrypte de tous les points de vue, de manière à en retirer la substance et une connaissance complète ; ce qui lui permet de déterminer les attitudes à adopter pour combattre ce qui est aujourd'hui l'une des armes principales de ce système dont nous ne sommes plus les sujets mais les objets. Je vous en recommande la lecture et nous aurons certainement l'occasion d'en reparler.

Voilà qui m'amène pour conclure à vous faire une suggestion. Alors que nous sommes à la fois envahis par notre nausée de ce débat politicien qui devient proprement insupportable mais aussi par notre immense attente face à la gravité des problèmes du pays, essayons de nous imposer quelques règles de conduite dans notre manière de recevoir et d'écouter le bruit du système :
  • Lire, et écouter avec le regard et l’ouïe du décrypteur qui détecte comment celui qui parle ou qui écrit, tente de le manipuler ou de l'influencer ne serait-ce que dans le choix de ses mots, la formulation de ses questions ou de ses réponses.
  • Refuser par principe toute idée de conformisme par rapport à ce bruit médiatique, politique, économique, avec une conviction très simple : je suis un acteur ne serait-ce que parce que je suis détenteur du pouvoir dans ce système démocratique et je refuse par principe que l'on choisisse à ma place, que l'on pense à ma place et que l'on cherche à m'imposer de quelque manière que ce soit ma manière d'analyser les événements et les choses, et d'envisager les solutions à y apporter. Refuser toutes les exclusions, les exclusives, les jugements de valeur, comme les a priori idéologiques.
  • Avoir une obsession : rechercher le sens, la finalité, l'intérêt, les exigences du bien commun, d'une politique orientée vers le service de la collectivité et de chacun d'entre nous, pour son bien.
  • Refuser de souscrire à toute analyse qui ne satisfasse pas à ces exigences de bon sens en ayant la conviction et la certitude que mon refus a un sens, une portée et une efficacité même s'il ne s'exprime que dans le secret de ma conscience et de ma réflexion.
  • Avoir la force et la détermination de faire partager ces exigences, ces soucis, ces préoccupations autour de moi. Avoir en quelque sorte l'anticonformisme contagieux…

Rappelez-vous, la réponse de Celle dont l'Eglise vient de faire une sainte dimanche dernier, Sainte Mère Teresa de Calcutta, à un journaliste lui demandant ce qu'il fallait changer : « vous et moi » !

Le reste n'est que le bruit vain et prétentieux d'un système en train de mourir.

C'est à nous de jouer !





[1] http://www.editionsdutoucan.fr/livres/essais/langue-medias#.V9W_6PmLSso
[2] http://www.librinova.com/shop/jean-grimaldi-d-esdra/banalite-du-conformisme

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