Calais, dont le
démantèlement annoncé pose bien des questions. Le déferlement des immigrés sur
les côtes italiennes. La partition du territoire français en zones de non-droit
multiculturelles. Un territoire socialement et économiquement partagé de
manière de plus en plus inégalitaire. Une police qui a peur. Sommes-nous
condamnés à l’impuissance politique et à l’échec ? Pourquoi ? Question
lancinante, tellement lancinante qu’elle semble devenir incongrue….
Jean-Louis Harouel fait
une analyse approfondie et très juste de l’idéologie qui sous-tend et explique cette
impuissance, dans un livre remarquable « les droits de l’homme contre le peuple
»[1]. Petit traité de la confusion sur les valeurs dont nous souffrons au point de nous suicider collectivement si nous ne le rejetons pas de toute urgence...
L’une de ses idées
maîtresses est que les droits de l’homme sont devenus une idéologie qui ne se
soucie pas du peuple, de la société, de la nation, de leur homogénéité, des
exigences du vivre ensemble, mais exclusivement, ou en tous les cas
prioritairement, des droits de l’homme ; d’un homme général, abstrait, prévalant
sur l’homme particulier ; le citoyen du monde par opposition au citoyen
français ou européen. Antienne entendue à longueur de discours et mise en œuvre
par nos politiques depuis au moins 1974.
Jean-Louis Harouel
démontre que les droits de l’homme sont devenus une religion ; une religion
séculière, mais une religion quand même. La meilleure preuve en est que notre
système proclame le mal et le bien à longueur de temps. Est mal ce qui fait
obstacle au triomphe des droits de l’homme et au principe fondamental de la
non-discrimination. L’un des dogmes en est le « tous pareils », emportant l’obligation
de voir dans l’autre rigoureusement le même que soi, et nous interdisant de
nous penser en tant que français ou européens, et d’être protégé en tant que
tels. Celui qui n’est pas français, qui n’est pas européen, ce citoyen du
monde…, est notre égal et doit avoir les mêmes droits que nous, quitte à devoir
passer par la force de la loi, au mépris de la préservation du groupe
identitaire.
Car cette religion
séculière s’est métamorphosée en droit avec l’intégration de la déclaration des
droits de l’homme dans le préambule de la constitution de 1946 et maintenant
dans celle de 1958 et avec notre adhésion aux conventions internationales et
leur arsenal législatif et judiciaire.
Ses principes sont tirés
de l’évangile, pervertis par la gnose-celle des cathares (l’histoire repasse
toujours les plats)- et le millénarisme qui recherche et promet le paradis sur terre
pour tous (l’enfer reste pavé des meilleures intentions…). Ce sont l’amour et
la fraternité obligatoires. Le citoyen du XXIe siècle doit être vertueux !
Nous ne sommes plus dans
un système institutionnel cherchant à garantir un certain nombre de libertés
publiques mais imposant le respect des droits fondamentaux. Le Droit a évolué par
rapport à la conception traditionnelle et romaine que nous pouvions en avoir. Il
s’agir en réalité d’une dérive qui avait déjà été annoncée par le professeur
Michel Villey lorsqu’il écrivait il y a plusieurs dizaines d’années « qu’il n’était pas sain de transporter les
conseils de perfection évangélique dans l’office du juge terrestre ».
C’est très exactement notre problème !
Ce système institutionnel
et juridique a instauré une obligation juridique d’amour absolu de l’autre sanctionnée
par le droit. L’État ne se donne plus comme objectif de préserver les intérêts
de la communauté nationale et du peuple dont il a la charge et la responsabilité,
mais de veiller à ce que chacun soit vertueux dans le respect des droits de l’homme
et particulièrement du principe de non-discrimination. La vertu d’abord ! Et la
vertu forcée ! Le renversement est total. Nous sommes dans le conformisme et le
politiquement correct d’une démocratie religieuse. Madame Najat Vallot Belkacem
est l’icône du nouveau prêtre. Alain Juppé celle du vieux sage.
L’illustration de l’utilisation
des principes évangéliques est donnée à propos du problème des immigrés avec l’utilisation
médiatique des déclarations du Pape François. Ce dernier se situant sur un plan
pastoral énonce des principes évangéliques incontestables mais qui ne sont pas
politiques et ne relèvent d’ailleurs pas de la doctrine sociale de l’Eglise. Mais
prenant la balle au bond, les tenants du système politique occidental les
utilisent pour illustrer la nécessité de mettre en œuvre les dits principes
évangéliques sur le plan politique. De l’amour spontané du prochain dérivant de
l’amour de Dieu, on passe à l’amour obligatoire, imposé et, s’il le faut, sanctionné
par les juges.
Le moindre dérapage est
passible du juge et justifie l’exclusion. Les exemples existent à la pelle. Les
derniers en date sont Jean Frédéric Poisson avec sa déclaration sur le sionisme
et bien sûr Vladimir Poutine.
La perversion de ce
système résulte de multiples renversements des « valeurs » qui
procèdent d’authentiques dénaturations. Celui des valeurs évangéliques qui
deviennent des principes juridiques obligatoires. Celui des droits de l’homme
qui s’imposent en priorité et excluent en leur nom toute possibilité de défense
de l’intégrité du peuple et de la Nation. Celui de la laïcité qui a été troquée
et falsifiée pour nous imposer une religion déguisée.
C’est là que réside notre
impuissance politique.
Tant que nous n’aurons pas
refusé, rejeté cette religion des droits de l’homme et son sacro-saint principe
de non-discrimination nous serons lentement entraînés dans la voie du suicide
collectif déjà annoncé par Igor Chaffarevitch dans son analyse du phénomène
socialiste[2].
Jean-Louis Harouel va jusqu’à
affirmer que nous devrions revendiquer le symbole de la croix comme celui de la
laïcité et de la nécessaire sécularité de nos sociétés; car la seule
véritable distinction des pouvoirs spirituels et temporels résulte du
christianisme et non pas des principes révolutionnaires qui ont été le lit de
la confusion dont nous sommes les victimes expiatoires.
Voilà qui est dit,
expliqué et démontré ! A bon entendeur…
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