C’’était il y a cinq ans; je
rédigeais le premier billet de ce blog, m’engageant dans une aventure dont
j’ignorais où elle me conduirait. Suis-je parvenu à transmettre tout ou partie
de ce qui m’est si précieux, de ces trésors que j’ai découverts, de ces certitudes
que j’ai pensé avoir acquises? Suis-je entré dans un dialogue authentique avec
vous? Non par prétention ou par ambition, mais pour satisfaire à ce besoin de
communion, d’échange et de transmission qui est le propre de l’humanité. Echanger
dans le cadre d’une pensée, à partir de certitudes identifiées avec patience et
humilité. Pour exister. Pour vivre au sens plein du terme, dans un partage sincère,
illuminé par la clarté de la vérité. Pour goûter à la puissance de l’esprit dans
l’humilité, sous le regard vigilant et exigent de ce Dieu qui nous transcende. Ce Dieu auquel on peut croire ou ne pas croire
dans l’intimité du soliloque singulier de chaque personne, mais dont on ne peut
nier l’existence sauf à sombrer dans la barbarie ainsi que notre époque est en
train d’en faire la démonstration.
Ai-je su rester fidèle à
l’esprit fondateur de ma démarche résolument ancrée dans les traces de ceux qui
nous ont précédé et nous ont laissé des héritages inépuisables de sagesse et
d’enseignements?
J’ai eu l’immense chance de
rencontrer tôt dans ma vie des êtres d’exception qui m’ont appris à chercher
dans l’humilité, à peser les termes des choix à faire afin d’éviter l’écueil de
l’erreur, pour ensuite avancer avec amour dans la lumière de la vérité. De
vrais maîtres. Toujours soucieux de vérifier une idée avant d’en faire une
certitude; animés par une grande rigueur intellectuelle; convaincus que tout a
un sens ; ne se contentant jamais d’une impression; se référant aux
travaux des autres avec humilité, cherchant les points de convergence et de
recoupement; mettant en oeuvre le "veritas est adæquatio intellectus et rei" de St Thomas
d’Aquin et se soumettant à la
cohérence du sage enseignement
millénaire de notre Sainte Mère l’Eglise Catholique, maîtresse des sciences des
arts et des lettres.
Ils m’ont appris à rester
fidèle à cette si précieuse formule de Chesterton : « être assez sûr qu’une
chose soit vraie pour oser la dire à un enfant ».
Je voudrais être un
chercheur et un passeur de vérités dans un monde dont les certitudes ne sont
que des trompes l’œil. Chercher, découvrir, transmettre. Je pense en
particulier à mes enfants et à mes petits-enfants plongés dans l’immédiateté de
l’instant éphémère propre à la vie contemporaine, qui laisse si peu de
place à la réflexion, à la lecture, au silence, à la prière et au sacré.
Intendant infidèle, j’étreins
la vérité avec fougue et passion, comme un chien fou, aveuglé par la joie
d’avoir découvert des choses vraies, impatient de les partager, emporté par mon
enthousiasme et par le souci de ne pas trahir le devoir de vérité. Vous ai-je
donné l’impression de n’avancer en réalité que mes convictions personnelles ou
des idées contestables, tombant ainsi dans les pièges que je dénonçais chez les
autres ? La tâche est ardue….Puissé-je y arriver !
Je voudrais tant être cet
authentique et simple chercheur de vérité, les yeux tournés vers la lumière dans
ce monde aveuglé de fausses certitudes qui procèdent d’un esprit nihiliste et
dévastateur, celui qui toujours nie. Ce monde pour lequel le service de la
vérité passe pour une œuvre d’intolérance, imbu de fausses certitudes, aveuglé
par ses conquêtes, sa suffisance, sa prétention matérialiste et son nihilisme. Ce
monde pour qui rien n’est vrai, mais qui s’érige en autorité morale à tout bout
de champ. Ce monde relativiste qui condamne la vérité parce qu’il la refuse, et
se place dans une posture de fausse tolérance.
C’est la vérité qui est
intolérante parce qu’elle ne supporte pas l’erreur. Ce n’est pas celui qui la
cherche qui est intolérant. Au contraire, celui-ci manifeste la plus grande
ouverture d’esprit qui soit, celle qui consiste à ne pas s’écouter soi-même et
à chercher ce qui le dépasse et le transcende au risque de renoncer à son idée
personnelle. Il veut simplement qu’un oui soit oui et qu’un non soit non. Car s’il
n’y a pas de vérité, comme on nous le ressasse à satiété, il n’y a plus qu’à se
taire comme Héraclite qui ne savait plus que lever le doigt. Tel est le résumé
de l’impasse philosophique dans laquelle l’esprit moderne nous fourvoie et
qui explique en partie les méprises auxquelles s’expose le chercheur de vérité…
Celui-ci ne doit ni sombrer
dans l’infertilité de l’inaction, ni se noyer dans l’hyperactivité, le bruit et
l’expression incontrôlée de nos « moi » extravertis et relativistes. Il
doit chercher ce qui dure, ce qui est source de bien, de justice, ce qui est
nécessaire au bien commun alors que tout nous en détourne.
Telle est la gageure ! Il
n’y aura pas trop de 5 nouvelles années pour essayer d’y parvenir…. Pardon
d’avance pour mes faux-pas ! Et merci d’avance pour votre fidélité. Nous
avons tant besoin de communier dans cet esprit propre à la civilisation
Chrétienne à laquelle nous devons d’être ce que nous sommes ; cette
civilisation dont il faut cesser d’avoir honte et qu’il serait grand temps de
redécouvrir!
Semper idem !
Bonjour,
RépondreSupprimerça fait quelques années que je vous suis, occasionnellement car vous n'êtes bien sûr pas mon centre principal d'intérêt, et je suis vraiment surpris que vous soyez toujours aussi convaincu de votre croyance en Dieu et en la religion.
Je ne crois pas en Dieu (en tous cas pas tel qu'il nous est présenté par LES religionS monothéistes), et je suis convaincu que la religion au sens large, disons l'esprit religieux, est la pire chose qui soit descendue sur l'humain.
Je m'explique, en commençant par Dieu.
Il y a certainement un horloger suprême, ne serait-ce que pour faire tourner cette machine extraordinairement compliquée qu'est l'univers, mais il n'est ni "infiniment bon", ni "infiniment puissant", le merdier dans lequel nous vivons et qu'on appelle le monde, avec son cortège de malheurs, de misères, de malhonnêtetés et de méchancetés en est la preuve... et ne venez pas me chanter le "libre arbitre", j'ai déjà une sœur (très croyante) qui me pousse cette chansonnette. Laisser à l'homme la liberté de ruiner sa planète et de martyriser son prochain pour ensuite le punir dans les flammes de l'enfer pour avoir été mauvais n'est ni un signe d'intelligence, ni un signe de bonté. On arrive donc au triangle impossible infinie bonté / infinie puissance / état objectif du monde. En fait, l'horloger suprême dont je parlais plus haut ne peut agir que sur des réglages infinitésimaux et n'a aucune "puissance" ni aucune "bonté". En réalité, il se fiche des poussières que nous sommes comme de sa première culotte : il n'a aucun droit à se faire appeler "Dieu" ni à demander notre vénération.
Quant à la religion, quelle qu'elle soit, elle n'est qu'un prétexte pour certains pour manifester leur intolérance, et un moyen pour rechercher la puissance. La religion au sens large n'a apporté souvent que la misère (pas pour les "hommes de Dieu" bien sûr), il suffit de regarder un peu l'histoire, avec les croisades, les Cathares, les Albigeois, l'Inquisition, le 1er et le 2ème Djihad, et bien sûr j'en oublie... la croyance que la religion (le sentiment religieux) peut améliorer l'homme et les relations humaines est une erreur, même si comme l'enfer elle est pavée de bonnes intentions.
Les seules choses qui puissent améliorer l'homme sont la croyance en la vie, en la dignité et en l'indépendance. Tout le reste n'est que bêtises et recherche d'asservissements plus ou moins violents. Les stupidités de Daesh et de la manif pour tous sont les derniers avatars de cette volonté religieuse d'imposer aux autres sa façon de vivre et de penser.
Désolé, je publie en "anonyme" car je ne sais pas faire les autres modes, mais je ne suis pas un faux cul, mon nom est Bernard Pillaud, et mon adresse pldexpmar@aol.com
Continuez !, CONTINUEZ !, Maître, sans relâchement sur le métier remettez votre ouvrage.Laissez à certains le raisonnement que le monde en désordre dépend de Dieu alors qu'il est le fait de l'homme et que l'amour de Dieu incarné par son fils est là pour pouvoir supporter cette condition humaine, espérons qu'ils auront cette révélation.Chacun de vos textes est un enrichissement, quelque fois simplement par une phrase en résonance extraordinaire avec notre ressenti.Merci et buen camino
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