dimanche 9 août 2026

MON ETE AVEC DANTE (4)

 Nous poursuivons notre "descente aux enfers"!


Chant X : Les hérétiques. Quand l’intelligence s’enferme

 

Dante et Virgile ont désormais franchi les murailles de la cité de Dité. Ils entrent dans le sixième cercle de l’Enfer.

« Ici sont enfermés les hérétiques avec leurs disciples, de toutes les sectes. »

Le paysage a changé. Dante se trouve devant un immense cimetière : des tombeaux ouverts et embrasés renferment les âmes des hérétiques.

Dante désigne les disciples d’Épicure, ceux qui, écrit-il, « font mourir l’âme avec le corps » ; autrement dit, ceux qui ont nié l’immortalité de l’âme.

Ils avaient cru que tout s’achevait avec la mort du corps ; les voici enfermés dans des tombeaux, toujours conscients et pour l’éternité. Ces sépulcres, aujourd’hui ouverts, seront refermés après le Jugement dernier, lorsque les âmes auront retrouvé leur corps.

Comment ne pas penser, par contraste, au tombeau ouvert et vide du Christ ? D’un côté, le sépulcre dont le Christ est sorti, manifestant la victoire sur la mort ; de l’autre, ces tombeaux où demeurent ceux qui avaient cru que la mort aurait le dernier mot.

La peine rend ainsi visible la vérité que le damné avait refusée.

Dante rencontre deux Florentins : Farinata degli Uberti, grand chef gibelin et adversaire politique de sa famille, et Cavalcante de’ Cavalcanti, père de son ami Guido.

Farinata surgit de son tombeau avec une grandeur presque intacte :

« Il se dressait, le front et la poitrine hauts, comme s’il avait l’Enfer en grand mépris. »

Il reste tout entier habité par Florence, les luttes entre guelfes et gibelins, son parti et sa famille. Cavalcante est très différent : une seule chose l’intéresse, son fils Guido.

C’est alors qu’apparaît une étrange particularité de la condition des damnés. Farinata connaît des événements qui ne se sont pas encore produits et annonce notamment à Dante son prochain exil. Cavalcante, en revanche, ne sait pas si son fils est encore vivant. Une formulation de Dante au passé lui fait croire qu’il est mort de telle sort que bouleversé, il retombe dans son tombeau.

Comment peuvent-ils connaître l’avenir et ignorer le présent au point de croire en une vérité aussi cruelle que la mort d’un fils ?

Farinata l’explique : les damnés aperçoivent les événements lorsqu’ils sont encore éloignés dans l’avenir, mais cessent de les connaître lorsqu’ils deviennent présents, à moins qu’un nouveau venu ne les en informe.

Cette étrange prescience ne constitue probablement pas une peine propre aux seuls hérétiques, puisque Dante attribue ailleurs à d’autres damnés la connaissance d’événements futurs. Mais elle prend ici une force particulière.

Farinata et Cavalcante demeurent passionnément attachés au monde terrestre dont ils sont désormais séparés. L’un veut connaître le destin de Florence ; l’autre celui de son fils. Ils avaient cru que l’existence s’achevait avec la mort et découvrent que leur âme lui survit ; mais désormais le présent de cette vie terrestre à laquelle ils restent attachés leur échappe.

L’ironie est terrible : ils découvrent que leur conception de l’homme était fausse au moment où cette découverte ne peut plus modifier leur destinée.

Il faut soigneusement distinguer leur condition de la nôtre.

Les damnés ne sont plus en chemin. Leur état est définitif ; le temps du choix et de la conversion est achevé.

Dante, lui, est vivant. Et c’est précisément pour cela qu’il traverse l’Enfer : il regarde ce que sont devenus ceux qu’il rencontre afin de comprendre ce que ses propres choix pourraient faire de lui. Ce qui est définitif chez les damnés peut encore être corrigé chez le vivant.

Voilà pourquoi ce chant peut nous concerner sans que nous confondions notre condition avec la leur.

Se tromper n’est pas encore s’enfermer : toute intelligence humaine peut se tromper. Le danger apparaît lorsqu’elle refuse que ce qu’elle tient pour vrai puisse être confronté à une vérité qui ne dépend pas d’elle.

Le tombeau acquiert alors, pour le lecteur, une seconde puissance symbolique : celle d’une intelligence qui se referme sur ce qu’elle croit savoir. Peut-on finir prisonnier de ce que l’on a tenu pour vrai ?

Pour Farinata et Cavalcante, le temps de la réponse est passé. Pour Dante — et pour nous — il ne l’est pas. Nous pouvons encore interroger nos certitudes, les confronter au réel, reconnaître notre erreur et changer.

 

C’est peut-être l’une des grandes leçons du chant : la vérité n’est pas ce que l’intelligence décide ; elle est ce à quoi l’intelligence accepte de se conformer.

Virgile lui-même finit reconnait les limites de sa raison. Il indique à Dante que, lorsqu’il sera devant la « douce lumière » de Béatrice, il comprendra ce qui lui demeure encore obscur.

Nous retrouvons ici l’un des fils conducteurs de la Divine Comédie. Virgile représente la raison humaine dans ce qu’elle a de plus élevé mais limité.

Béatrice ne viendra pas abolir la raison, mais lui apporter une lumière qu’elle ne peut produire elle-même et qu’elle peut cependant recevoir.

Dante évite ainsi deux écueils : renoncer à la raison ou lui demander davantage qu’elle ne peut donner. Il faut exercer pleinement son intelligence, tout en conservant assez d’humilité pour accepter qu’elle soit corrigée, instruite et, lorsqu’elle atteint ses limites, éclairée par une lumière qui la dépasse.

C’est finalement ce que les tombeaux du chant X donnent à méditer au vivant : une intelligence demeure vivante tant qu’elle accepte de ne pas s’enfermer dans ce qu’elle croit savoir.

 

Chant XI : L’architecture du mal

 

Le chant XI est singulier. Il ne s’y passe presque rien.

Dante et Virgile doivent s’arrêter quelque temps afin de s’habituer à l’odeur insupportable qui monte des profondeurs de l’Enfer.

Cette pause permet à Virgile d’expliquer à Dante l’organisation des cercles qu’ils vont maintenant parcourir.

Ce chant anodin est essentiel, car Dante nous livre la carte morale de son Enfer : pourquoi les péchés n’y sont-ils pas tous placés au même niveau ? Et en vertu de quelle règle ?

« Toute malice qui attire sur elle la haine du Ciel a pour fin l'injustice. »

À mesure que l’on descend, la nature du mal change.

Jusqu’à présent, nous avons surtout rencontré les péchés d’incontinence : la raison n’a pas disparu, mais elle s’est laissé dominer par les passions. Les luxurieux sont emportés par leur désir ; les gourmands par leur appétit ; les avares et les prodigues par leur rapport désordonné aux biens ; les coléreux par leur colère.

Désormais, la question devient différente : dans quelle mesure l’homme engage-t-il volontairement son intelligence dans le mal ?

Virgile distingue deux formes de fautes plus graves : la violence et la fraude.

« De tout le mal que le ciel déteste,

l'injustice est la fin : et toute fin pareille

nuit à autrui ou par la force ou par la fraude. »

La violence utilise la force contre ce qui devrait être respecté. Elle peut s’exercer contre le prochain, contre soi-même, ou contre Dieu et l’ordre de la création.

La fraude va plus loin encore : elle fait intervenir l’intelligence pour tromper.

C’est pourquoi Dante la place plus profondément dans l’Enfer.

Cette hiérarchie peut surprendre notre sensibilité contemporaine. Nous avons spontanément tendance à mesurer la gravité d’un acte à la violence visible qu’il produit. Dante a un autre regard ; plus l’intelligence et la volonté participent consciemment au mal, plus la faute est grave.

Dante - le pèlerin - s’étonne de cette classification, et Virgile le renvoie à l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, qui distingue :

« les trois dispositions dont le ciel ne veut pas : incontinence, malice et la folle bestialité ; et comme l'incontinence offense moins Dieu et reçoit moins de blâme ».

Car si l’animal peut être violent ; il ne peut pas trahir.

Si la violence détruit la fraude pervertit une faculté spécifiquement humaine : l’intelligence et la confiance.

Or aucune société ne peut vivre sans confiance.

Le chant s’achève par une explication admirable, consacrée à la nature, au travail humain et à l’usure :

« La philosophie, dit-il virgule à qui l'entend

Enseigne, et dans plus d'un écrit,

Comment la nature procède de la divine intelligence et de son art ;

Et si tu lis bien ta Physique,

Tu trouveras, dans les premières pages,

Que l'art humain, autant qu'il peut, suit la nature,

Comme un élève suit son maître,

Si bien que l'art est comme un petit-fils de Dieu.

Des deux, art et nature, si tu as en mémoire les premiers vers de la Genèse, il faut que l'homme tire vie, et qu'il avance

Et puisque l'usurier suit d'autres voies, il méprise nature pour elle et pour son art,

Puisqu’il met son espoir en un autre lieu. »

L’ « art » dont parle ici Dante n’est évidemment pas l’art au sens esthétique et commun. C’est l’activité humaine, le travail, le savoir-faire par lesquels l’homme prolonge l’œuvre de la nature. La nature vient de Dieu ; l’activité humaine apprend de la nature : l’art est donc, selon la magnifique formule de Dante, comme le « petit-fils de Dieu ».

L’usurier rompt cet ordre parce qu’il prétend tirer directement un profit de l’argent lui-même, et non de la nature transformée par le travail. Il faudra évidemment replacer cette conception dans l’économie médiévale, mais l’intuition demeure intéressante : l’économie est-elle encore ordonnée à une activité humaine réelle, ou l’argent devient-il sa propre finalité ?

Virgile peut entraîner Dante vers les cercles suivants, consacrés aux violents.

 

Chant XII : La violence contre le prochain

 

Nous entrons dans le septième cercle, celui des violents.

Pour y parvenir, Dante et Virgile doivent descendre à travers un immense éboulement. Virgile explique qu’il s’est produit au moment de la mort du Christ, lorsque la terre trembla.

Même l’Enfer porte donc la trace de la Vie rédemptrice du Christ.

À l’entrée se tient le Minotaure, créature mi-homme mi-bête, que Virgile provoque jusqu’à ce qu’il soit emporté par sa propre fureur. L’image est parfaite : la violence commence lorsque la raison cesse de gouverner la force.

Le premier giron rassemble les violents contre le prochain : tyrans, meurtriers, brigands, ceux qui ont fait couler le sang.

Ils sont plongés dans le Phlégéthon, un fleuve de sang bouillant, à une profondeur proportionnée à leurs crimes.

Ils ont fait couler le sang : ils vivent désormais dans le sang qu’ils ont versé.

Des Centaures armés d’arcs surveillent le fleuve. Toute âme qui cherche à sortir davantage qu’elle ne le doit est immédiatement atteinte d’une flèche.

Dante introduit ainsi une distinction essentielle : la force n’est pas en elle-même mauvaise. Les Centaures exercent une contrainte, mais cette contrainte est réglée et proportionnée alors que le Minotaure représente la force devenue folle.

Toute société doit parfois user de la force : pour protéger, défendre, sanctionner. La véritable question est de savoir si cette force demeure soumise à la raison et à la justice.

Dante s’écrie devant ce spectacle :

« Ô aveugle cupidité et folle colère, qui nous poussent si fort durant la brève vie et nous plongent ensuite dans un tel malheur ! »

Deux passions sont ainsi désignées : la cupidité et la colère.

Mais nous ne sommes plus dans l’incontinence des premiers cercles. Ici, les passions ont été mises au service d’une volonté qui détruit délibérément autrui.

Le chant XII nous oblige à poser une question très contemporaine : la violence commence-t-elle avec le coup porté, ou lorsque la volonté forme le projet d’agresser l’autre ?

C’est ce passage de la passion à la destruction volontaire qui explique apparemment la profondeur du septième cercle.

 

Chant XIII : La violence contre soi-même

 

Après le sang, voici une forêt. Mais rien n’y ressemble à une forêt ordinaire. Les arbres sont noirs, noueux, sans fruits. Aucun oiseau ne chante. Des Harpies déchirent leurs branches.

Au passage remarquons à nouveau l’ampleur créatrice et symbolique de l’imagination foisonnante du poète...

Virgile demande à Dante de casser une de ces branches.

Du bois jaillissent alors simultanément du sang et une voix.

Dante découvre avec effroi que les arbres sont les âmes de ceux qui se sont donné la mort.

L’une d’elles est Pierre des Vignes, ancien chancelier de l’empereur Frédéric II.

C’est l’occasion d’une remarque générale.

Dante ne peuple pas son Enfer de figures abstraites représentant chacune un péché. Il y fait entrer des hommes et des femmes réels, souvent ses contemporains, parfois des personnes qu'il a connues, aimées ou combattues. Ce choix donne à la Comédie son extraordinaire puissance d'incarnation : le péché n'est jamais une catégorie théorique, mais une réalité vécue dans une existence singulière.

Surtout, la destinée éternelle n'efface pas la personne. Les morts demeurent reconnaissables, avec leur caractère, leurs passions, leurs attachements et parfois leur grandeur. Dante peut ainsi condamner une erreur sans nier tout ce qu'il y eut de grand dans celui qui l'a commise.

Accusé de trahison, emprisonné et disgracié, Pierre des Vignes s’est suicidé.

Dante ne le traite pas avec mépris. Au contraire, la scène est traversée par une profonde compassion. Mais cette compassion ne modifie pas le jugement moral. Nous touchons ainsi du doigt cette dialectique si difficile et incomprise de la religion catholique : aimer celui dont on condamne un acte, un choix, un mode de vie. Ici le suicidé...

Pourquoi les suicidés sont-ils devenus des arbres ?

Parce qu’ils ont volontairement rejeté leur propre corps.

Au Jugement dernier, ils le retrouveront, mais ne pourront plus l’habiter : leur corps sera suspendu à leurs branches.

Le châtiment rend visible la rupture qu’ils ont eux-mêmes provoquée.

Nous touchons ici une idée anthropologique fondamentale chez Dante : l’homme n’est pas une âme qui posséderait un corps ; il est l’unité de son âme et de son corps. Se détruire soi-même, c’est porter atteinte à cette unité. Comme déjà vu, c’est lui qui se condamne par ses choix de vie

Mais le véritable cœur du chant est peut-être ailleurs : dans le désespoir.

Pierre des Vignes ne s’est pas seulement donné la mort parce qu’il souffrait. Il a fini par croire qu’aucune issue ne s’offrait à lui.

Or Dante refuse cela.

Tant que l’homme vit, aucune situation n’épuise entièrement la possibilité de l’espérance.

Cette page résonne évidemment d’une manière particulière avec nos débats contemporains sur la fin de vie. Elle oblige à revenir à une question préalable à toutes les autres : sommes-nous propriétaires de notre vie au point de pouvoir en disposer comme d’un bien ?

Dante répondrait non.

Non pas parce que la souffrance serait insignifiante — tout le chant témoigne du contraire — mais parce que la vie est, pour lui, un bien reçu avant d’être un bien possédé.

Dante soutient et éclaire la si difficile synthèse : Compassion pour celui qui souffre et refus de considérer que la souffrance puisse justifier la destruction de sa vie ne s’opposent pas. Pierre des Vignes souffrait au point de ne plus pouvoir supporter son existence ; mais cette souffrance, aussi terrible fût-elle, ne retirait rien à la valeur de sa vie.

 

Chant XIV : La violence contre Dieu et le refus de toute limite

 

La forêt disparaît.

Dante entre maintenant dans un désert de sable brûlant, sur lequel tombe continuellement une pluie de feu.

Nous sommes toujours dans le septième cercle, mais dans son troisième giron : celui des violents contre Dieu, la nature et l’activité humaine.

Dante rencontre d’abord Capanée, l’un des sept chefs qui assiégèrent Thèbes. Capanée avait défié Jupiter lui-même. Foudroyé, puis damné, il n’a rien appris.

Il continue à défier Dieu jusque sous la pluie de feu.

Et Virgile lui fait comprendre que son orgueil est déjà son propre supplice.

Voilà une intuition très forte à la hauteur du cadre inventé par Dante.

Dieu n’a même pas besoin d’inventer un châtiment extérieur. Capanée reste ce qu’il a voulu être. Il refuse toujours. Il se révolte toujours. Il hait toujours.

Son Enfer est d’être devenu prisonnier de lui-même. Toujours la même logique déniant l’idée du châtiment divin.

Le chant prend ensuite une dimension beaucoup plus vaste avec l’étrange récit du Vieillard de Crète.

Dante reprend l'image de la statue vue en songe par Nabuchodonosor dans le livre de Daniel : une immense figure dont les différentes parties sont faites d’or, d’argent, de bronze, de fer et d’argile.

Mais Dante transforme le symbole. La statue est fissurée. De ses blessures coulent des larmes. Ces larmes forment les fleuves de l’Enfer.

Quelle image !

Le mal n’est pas une création concurrente de celle de Dieu. Il est une blessure introduite dans un ordre qui était bon.

Cette idée permet de comprendre pourquoi Dante associe ici la violence contre Dieu, contre la nature et contre « l’art ».

La nature procède de Dieu. L’activité humaine prolonge la nature. Attenter délibérément à cet ordre, c’est donc, selon la logique médiévale de Dante, remonter jusqu’à sa source.

Le désert est alors un symbole d’une puissance inouïe : ce qui se coupe de l’ordre créateur devient stérile.

Nous retrouvons finalement, sous une autre forme, la question posée dès le chant X.

L’intelligence peut-elle se donner à elle-même sa propre vérité ? La volonté peut-elle devenir sa propre loi ? L’homme peut-il décider qu’aucune limite ne le précède ?

Capanée répond oui.

Et Dante nous montre le résultat : un homme qui proclame encore sa souveraineté alors qu’il est incapable de se libérer de quelques centimètres de sable brûlant.

Voilà peut-être la grande ironie du chant XIV : celui qui revendique une autonomie absolue est devenu l’être le moins libre de tous.

Dante nous fait progressivement découvrir le lien de l’hérésie à la violence.

 

Ces cinq chants dessinent finalement une progression beaucoup plus cohérente qu’il n’y paraît. Au chant X, l’intelligence se ferme. Au chant XI, Dante nous donne la clé permettant de comprendre ce qui va suivre : plus la raison et la volonté sont engagées dans le mal, plus celui-ci est grave. Au chant XII, la volonté se tourne contre autrui. Au chant XIII, elle se retourne contre soi-même. Au chant XIV, elle finit par se dresser contre l’ordre même du réel et contre Dieu.

Nous descendons moins dans une galerie de fautes que dans les profondeurs et les affres de la liberté humaine.

Et l’intuition de Dante déjà évoquée prendra forme ; elle trouvera toute sa force dans la suite de l’Enfer : le châtiment n’est pas seulement quelque chose qui arrive au pécheur après sa faute. Le pécheur commence déjà à fabriquer son propre châtiment, parce que nos choix répétés finissent par nous transformer.

Capanée demeure enfermé dans son orgueil ; Pierre des Vignes dans son désespoir ; Farinata dans son horizon politique et intellectuel.

L’Enfer de Dante est moins le lieu où Dieu inflige arbitrairement des peines que celui où devient visible, dans toute sa vérité, ce que l’homme a progressivement choisi de devenir.

Et c’est sans doute pour cela que cette œuvre vieille de sept siècles continue de nous atteindre : derrière ses monstres, ses fleuves de sang et ses pluies de feu, Dante ne cesse en réalité de nous poser une seule question : que sommes-nous en train de devenir par les choix que nous faisons ?


Ce billet a été construit et écrit avec l’aide d’une intelligence artificielle.

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