jeudi 20 août 2026

MON ETE AVEC DANTE (7)

Avec l’entrée dans le Purgatoire, nous changeons brutalement d’univers. Le contraste est immédiat jusque dans l'écriture.


Chant I

Dans la grande tradition des poètes épiques, Dante commence par invoquer son propre génie :

« Pour courir des eaux meilleures, elle hausse ses voiles,
Désormais, la frêle nef de mon génie
Qui laisse derrière soi une mer si cruelle.

Et je chanterai ce second Royaume
Où l’âme humaine se purifie
Et devient digne de monter au ciel.
»

Le pèlerin et son guide sont enfin à l’air libre. C’est l’aube. Après les ténèbres de l’Enfer viennent le ciel, les étoiles, la mer, la lumière et surtout le mouvement.

Cette notion est essentielle. En Enfer, les damnés sont définitivement fixés dans leurs choix. Leur souffrance est sans issue. Au Purgatoire, les âmes sont sauvées; leur peine réside dans la purification et attente du Paradis; c'est une action orientée et finalisée.

Quatre étoiles leur apparaissent. Elles sont traditionnellement interprétées comme les symboles des quatre vertus cardinales : prudence, justice, force et tempérance; des vertus morales.

Dante surprend ses lecteurs en confiant la garde du Purgatoire à Caton d’Utique, païen et suicidé qui comme il nous l’expliqua dans la traversée de l'Enfer aurait donc une double raison d’être a minima dans les limbes.

Dante ne donne aucune explication théologique au salut ainsi audacieusement offert à Caton. Les commentateurs catholiques ont tergiversé à ce sujet. Il demeure qu’à l’image de saint Augustin ils refusèrent de voir dans le suicide de Caton un acte héroïque de liberté.

Dante prend donc ici une véritable liberté poétique : Caton semble moins choisi pour enseigner quoi que ce soit sur le salut des suicidés que parce qu’il représente, aux yeux du poète, la figure antique par excellence de la liberté tenue pour plus précieuse que la vie.

Au seuil de leur voyage initiatique au Purgatoire Caton ordonne à Virgile de laver le visage de Dante et de ceindre sa taille d’un jonc. Il faut effacer la saleté de l’Enfer ; quant au jonc, souple et toujours renaissant lorsqu’on l’arrache, il symbolise l’humilité indispensable à toute ascension en même temps que la résurrection.

Le voyage peut commencer.

Chant II

Le temps reprend désormais toute son importance. Au Purgatoire les âmes ne sont plus figées dans leur damnation.

Une lumière apparaît sur la mer. Virgile s’écrie :

« Hâte-toi, hâte-toi de fléchir les genoux :
Voici l’ange de Dieu ! joins les mains.
»

L’ange conduit dans une nacelle plus de cent âmes venues de l’embouchure du Tibre - « là où le Tibre mêle ses eaux au sel » (!). Elles chantent :

« Quand Israël sortit d’Égypte… »

La référence au psaume de l’Exode (Ps 103) est puissante : sortir de l’esclavage ne signifie pas encore être arrivé à la Terre promise ; il faut marcher, avancer pour être purifié.

Les âmes débarquées par l'ange sont déconcertées :

« La foule restait là, étrangère
Semblait à ce lieu, regardant à l’entour,
Comme celui qui goûte des choses nouvelles.
»

Dante retrouve alors son ami Casella et lui demande de chanter une chanson qui autrefois apaisait son cœur. La musique est si belle que Virgile, Dante et toutes les âmes l’écoutent avec plaisir.

Caton surgit et les réprimande :

« D’où vient cette négligence, ce coupable retard ? 

Courez à la montagne, afin de vous dépouiller des écailles

qui couvrent vos yeux et empêchent que Dieu vous soit manifesté ! ».

La leçon est subtile ; l’amitié, la poésie et la musique ne sont pas des maux. Mais un bien peut devenir un obstacle lorsqu’il fait oublier le Bien vers lequel tout doit conduire.

Au Purgatoire, il ne s’agit donc pas de cesser d’aimer, mais d’apprendre à aimer chaque chose à sa juste place.

 

Chant III

Virgile est troublé par la réprimande de Caton ; il éprouve une forme de remord. Dante souligne alors admirablement combien une conscience droite peut être affectée lorsqu’elle reconnaît ce qui doit être corrigé en elle. « O conscience très digne et nette » !

Ce moment de trouble passé, Dante est confronté à un phénomène qui va conduire sa réflexion vers une digression dont les prémisses furent évoquées dans l’Enfer. Constatant qu’à l’inverse du sien le corps de Virgile ne fait pas d’ombre, il se demande comment la vertu divine dispose des corps. Virgile l’appelle à l’obéissance et l’humilité :

"Insensé est celui qui espère que notre raison

Peut parcourir les voies infinies

Que suit la substance unique en trois personnes !

Contentez-vous, ô race humaine, de savoir que les effets sont ce qu’ils sont ;

Car, si vous aviez pu connaître toutes les causes, point n’eût été nécessaire que Marie enfantât !"

Acceptez de savoir que les choses sont, sans prétendre toujours comprendre comment et pourquoi elles sont.  Dante nous offre une image émouvante dont il a seul le secret :

« Je parle d’Aristote et de Platon
Et de bien d’autres ; et à ces mots il baissa le front
Et n’en dit point davantage, et demeura troublé.
»

Virgile parlait de lui-même. Il devient la figure tragique de la limite qu’il vient d’énoncer : la raison est vraie et nécessaire, mais elle ne peut épuiser le mystère de Dieu. Sa grandeur consiste aussi à reconnaître et accepter cette limite.

Manfred surgit à son tour alors que le pèlerin et son guide cherchent leur chemin pour escalader la montagne ; adversaire de la papauté, excommunié mais sauvé !

« horribles furent mes péchés  ; 

mais la bonté infinie ouvre ses bras si grands

qu’elle accueille tout ce qui se tourne vers elle. »

Et encore :

« Par leur anathème l’âme n’est pas à tel point perdue
Que n’y puisse rentrer l’éternel amour,
Tant que l’espérance garde vestige de verte floraison
. »

Il faut être précis : l’excommunication est une véritable peine ecclésiale, prononcée par l’Église dans l’exercice de son autorité ; mais elle n’est pas par elle-même une sentence de damnation éternelle.

Tout est possible à la miséricorde divine, jusqu'au dernier moment, à la dernière minute ! Et Manfred rappelle le rôle essentiel de la prière des vivants :

« Ici, par l’aide de ceux de là-bas, on peut beaucoup gagner. »

 

Chant IV

Ce chant est une méditation sur le temps : que faisons-nous de celui qui nous est donné ?

L’ascension de la montagne est très difficile. Dante supplie Virgile de l’attendre. « Mon doux père, retourne-toi et regarde comme je reste seul si tu ne t'arrêtes pas ! »

Son guide lui révèle alors que plus il montera, plus l’ascension deviendra facile, jusqu’à ce qu’il lui soit aussi naturel de monter qu’à un bateau de suivre le courant. Belle image de la vertu : faire le bien n’est pas nécessairement lutter toujours davantage contre soi-même. À mesure qu’une volonté s’ordonne au bien, celui-ci lui devient plus naturel et plus accessible.

Dante rencontre alors Belacqua, célèbre pour sa paresse. Il a attendu la fin de sa vie pour se repentir et doit maintenant attendre avant d’entrer dans le Purgatoire proprement dit.

Son attitude est poétiquement décrite comme la conséquence de ce qu’il fut : il a tardé ; maintenant il attend.

Le contrapasso utilisé dans l’Enfer demeure, mais il est illuminé par l’espérance.

Manfred nous avait montré qu’il n’est jamais trop tard pour revenir à Dieu. L’exemple choisi de Belacqua est l’occasion pour Dante d’exprimer malgré tout  qu’il ne peut pas imaginer qu’il n’y ait pas une contrepartie à ce laisser-aller coupable. N’est-il pas dangereux de remettre indéfiniment à demain le choix du bien ?

 

Chant V

Dante est reconnu comme un vivant par les âmes du Purgatoire parce que son corps arrête les rayons du soleil. Elles s'intéressent à lui, ce qui attire son attention. Virgile l’invite à suivre son chemin plutôt qu’à écouter les autres et se laisser influencer:

« Suis-moi et laisse dire les gens. »

Et il ajoute :

« Car toujours l’homme, en qui germe pensée
Sur pensée, éloigne de lui son but
Parce que la fougue de l’une affaiblit l’autre.
»

Dante rencontre ensuite de nouveaux retardataires, morts de mort violente après s’être tournés vers Dieu dans leurs derniers instants.

Parmi eux, Buonconte da Montefeltro. Blessé à mort, il perdit la vue et la parole « qui expira sur ses lèvres dans le nom de Marie ».

Alors se joue une scène extraordinaire de lutte entre l'ange de Dieu et celui de l'enfer:

« ô toi qui vient du ciel, pourquoi me frustrer ?

Tu emportes avec toi ce qu'il y a d'immortel en celui-ci,

Pour une petite larme qui me l'enlève ;

Mais je gouvernerai le reste d'autre sorte ! ».

Quelques mots, une petite larme, et le destin d’une âme change!

Cette larme est le signe extérieur d’un mouvement intérieur  de véritable repentance.

La miséricorde du dernier instant est donc une espérance, non une stratégie.

Le chant s’achève sur les quelques mots bouleversants de Pia de’ Tolomei implorant la prière du vivant rencontré en la personne de Dante:

« Souviens-toi de moi”.

 

Chant VI

Dante y pose  une question théologique : comment la prière des vivants peut-elle aller contre les décrets de la justice divine ?

« Il me semble que tu nies,
Ô ma lumière, dans l’expression d’un de tes textes,
Qu’un décret du ciel puisse jamais être fléchi par l’oraison.

Et c’est de cela seulement que me prient les gens que voici.
Serait-ce donc que leur espoir est vain ?
»

Virgile répond que la prière n’abolit pas la justice divine. Elle appartient elle-même à l’ordre voulu par Dieu : la charité des vivants peut contribuer à la purification des morts sans que Dieu « change d’avis » sur les péchés commis.

Puis, car l'explication ne lui suffit pas, Virgile renvoie Dante à attendre que Béatrice lui fasse pleinement comprendre.

Le chant se poursuit, au risque de nous étonner, avec une méditation politique sur l’Italie.

A la communion des saints et l’intercession pour les âmes, le poète oppose la déchirure de leur communauté terrestre. « le désordre vient notamment de ce que les fonctions temporelle et spirituelle ne sont plus correctement ordonnées ».

Dante explose alors :

« Ah ! Italie esclave, demeure de douleur… »

Entre les deux mondes, l'étreinte entre Sordello et Virgile – que Dante a décrit plus haut - suffit à révéler que les morts savent encore qu'ils sont frères, tandis que les vivants l'oublient trop souvent.

 

Chant VII


Sordello découvre enfin l’identité de Virgile, qui lui explique son destin dans les Limbes :

« Ce n’est pas pour avoir fait le mal, mais pour n’avoir pas fait ce qu’il fallait, que j’ai perdu la vision du Soleil que tu désires. »

Virgile possède les vertus morales, la sagesse et la raison ; comme nous l'avons vu au chant IV de l'Enfer il lui manque la foi qu’il n’a pas reçue pour avoir vécu avant la révélation.

Sordello explique ensuite qu’à la nuit tombée personne ne peut gravir la montagne. Sans la lumière, la volonté seule ne permet pas de monter.

Dante découvre ainsi progressivement que la liberté n’est pas autosuffisante. L’homme ne peut se donner à lui-même sa fin surnaturelle.

Sordello les conduit dans une merveilleuse vallée que Dante décrit de manière enchanteresse, où résident des princes et des souverains. Les hiérarchies terrestres y sont renversées : ceux qui commandaient attendent maintenant que revienne la lumière.

Et ils chantent ensemble :

« Salve Regina »
(VII, 82-84)

Le pouvoir de l’homme, si grand soit-il, ne l’a jamais rendu maître de sa fin dernière.

Plus Dante monte, plus il découvre ce paradoxe : être libre suppose aussi de reconnaître sa dépendance.

 

Chant VIII


La poésie atteint ici l’un de ses sommets :

« Te lucis ante si pieusement
Lui jaillit de la bouche, en un chant si doux
Qu’il me fit perdre conscience de moi-même.
»

On retrouve le thème du chant des complies entonné chaque soir par l’Eglise militante.

La purification n’est pas l’oubli de ce que fut la vie terrestre ; les amours demeurent, mais ils doivent être ordonnés à Dieu.

Deux anges descendent, portant des épées sans pointe. Un serpent approche, explicitement rapproché de celui qui tenta Ève.

Dante nous prévient :

« Lecteur, aiguise ici ton regard vers la vérité, car le voile est maintenant si mince… »

Nous sommes dans une sorte de nouvel Éden. Mais cette fois l’histoire se termine autrement : les anges surgissant le serpent fuit.

Dante montre ainsi que les âmes du Purgatoire ne sont plus soumises à une tentation pouvant les damner : leur salut est acquis, mais les traces du combat sont présentes. La scène manifeste poétiquement la victoire en puissance au sens philosophique dont elles bénéficieront après leur purification de ce qui faillit les faire basculer.

Dante, lui, est vivant. Sa liberté reste exposée au péché. Il peut être tenté. C’est donc d’abord à lui — et au lecteur — que le serpent parle; il ne peut plus tenter les âmes du Purgatoire.

Dante insiste. La rencontre avec Nino Visconti, encore préoccupé par sa fille, sa veuve et sa famille, manifeste encore le sens comme l’objet de cette purification : une âme peut être définitivement tournée vers Dieu sans que tous ses attachements aient encore atteint leur parfaite ordonnance.

Enfin, aux quatre étoiles du matin correspondant aux vertus cardinales succèdent trois nouvelles étoiles, traditionnellement associées aux vertus théologales : foi, espérance et charité.

La leçon se précise : la liberté du vivant doit veiller et agir, mais elle doit aussi accepter d’être éclairée et soutenue par la grâce.

 

Chant IX

Cette première partie du Purgatoire trouve ici son aboutissement.

Dante s’endort. Dans son rêve, un aigle fond sur lui, le saisit et l’emporte vers le ciel jusqu’à la sphère du feu. Lorsqu’il se réveille, il découvre qu’il n’est plus dans la vallée des princes.

Virgile lui explique ce qui s’est réellement produit.

Pendant son sommeil, Lucie est descendue du ciel, a pris Dante dans ses bras et l’a porté jusqu’à la porte du Purgatoire.

La scène est admirable.

Depuis le premier chant, Dante :

« va cherchant la liberté ».

Il marche, s’efforce, comprend, apprend à ordonner ses désirs. Et pourtant, au moment même où il doit atteindre le véritable Purgatoire, il n’y parvient pas par ses seules forces : il y est porté.

L’homme libre est incapable de se sauver seul ; cette leçon revient décidément comme un leitmotiv...

Mais la grâce ne supprime pas davantage la liberté. Lucie conduit Dante jusqu’à la porte ; elle ne gravira pas la montagne à sa place.

Dante devra consentir, entrer et monter.

Devant la porte se trouvent trois marches. La tradition des commentateurs y voit les étapes de la pénitence : la première, blanche comme un miroir, évoque la connaissance de soi et de son péché ; la seconde, sombre et fendue, la contrition ; la troisième, rouge, la réparation rendue possible par le sang du Christ.

Dante s’agenouille et se frappe trois fois la poitrine.

L’ange trace alors sur son front sept P, correspondant aux sept péchés capitaux qui seront successivement purifiés sur la montagne.

Il possède deux clés, l’une d’or et l’autre d’argent, traditionnellement rapprochées du pouvoir des clés confié à Pierre : autorité du pardon et discernement nécessaire à son exercice.

L’ange affirme qu’il préfère se tromper en ouvrant la porte plutôt qu’en la maintenant fermée devant celui qui s’humilie sincèrement.

Dante n’oppose donc nullement ici la miséricorde de Dieu à l’Église : la porte même du Purgatoire est placée sous le signe des clés de Pierre, au service de cette miséricorde.

Avant de les laisser entrer, l’ange avertit encore Dante de ne pas regarder en arrière.

Puis la porte s’ouvre.

Un chant s’élève :

« Te Deum laudamus. »

La véritable purification peut commencer.

 

Conclusion

 

Ces neuf premiers chants dans lesquels le pèlerin et son guide ont traversé l’Antépurgatoire permettent de mieux comprendre l’univers de l’au-delà imaginé par Dante.

Les âmes du Purgatoire sont déjà sauvées. Elles sont mortes dans la grâce de Dieu et leur destinée éternelle est fixée. Elles ne gravissent pas la montagne pour choisir encore entre Dieu et son refus, mais pour achever la purification nécessaire à leur entrée dans la vision de Dieu.

Dante, lui, est vivant. Le temps du choix n’est pas achevé. C’est sa liberté que tout ce qu’il voit doit instruire.

Caton lui annonce qu’il cherche la liberté.

L'épisode de Casella lui apprend que même un bien peut détourner du Bien lorsqu'il nous retient au lieu de nous conduire vers notre fin.

Manfred lui montre que jusqu’à la mort le pécheur peut encore se tourner vers Dieu.

Belacqua lui rappelle que cette possibilité ne justifie jamais de différer sa conversion.

Buonconte révèle jusqu’où peut aller la miséricorde lorsqu’au dernier instant l’homme répond à la grâce.

La communion des saints unit les vivants aux âmes du Purgatoire : leurs prières peuvent réellement les aider dans leur purification.

Les princes lui enseignent que la puissance ne rend pas l’homme maître de sa fin dernière.

La scène du serpent lui rappelle la réalité de la tentation dont les âmes sauvées sont désormais à l’abri, mais à laquelle lui, vivant, demeure exposé.

Avec Lucie apparaît enfin ce que tout le chemin préparait : la liberté humaine est réelle et nécessaire, mais elle ne peut atteindre par ses seules forces sa fin surnaturelle. La grâce la précède, la soutient et appelle sa libre coopération.

Nous étions partis de Caton, figure presque héroïque d’une liberté préférant la mort à la servitude.

Dante commence ainsi à nous conduire vers une conception proprement chrétienne de la liberté : non pas l’indépendance de celui qui ne dépendrait de rien, mais la liberté de celui qui, libéré de l’esclavage du péché par la grâce, devient progressivement capable d’ordonner sa volonté au Bien.

Dante porte désormais sur le front les sept P que l’ange lui a tracés, signes des sept vices qui devront être successivement purifiés.

Les chants I à IX ont conduit Dante jusqu’au seuil de la purification proprement dite.

Les chants suivants vont lui montrer ce qui, dans l’homme, doit encore être purifié pour que sa liberté soit pleinement ordonnée au Bien.

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