Avec l’entrée dans le Purgatoire, nous changeons brutalement d’univers. Le contraste est immédiat jusque dans l'écriture.
Chant I
Dans la grande
tradition des poètes épiques, Dante commence par invoquer son propre génie :
« Pour courir des
eaux meilleures, elle hausse ses voiles,
Désormais, la frêle nef de mon génie
Qui laisse derrière soi une mer si cruelle.
Et je chanterai
ce second Royaume
Où l’âme humaine se purifie
Et devient digne de monter au ciel. »
Le pèlerin et son
guide sont enfin à l’air libre. C’est l’aube. Après les ténèbres de l’Enfer
viennent le ciel, les étoiles, la mer, la lumière et surtout le mouvement.
Cette notion est essentielle. En
Enfer, les damnés sont définitivement fixés dans leurs choix. Leur souffrance
est sans issue. Au Purgatoire, les âmes sont sauvées; leur peine réside dans la purification et attente du Paradis; c'est une action orientée et finalisée.
Quatre étoiles leur apparaissent. Elles sont traditionnellement interprétées comme les symboles des quatre vertus cardinales :
prudence, justice, force et tempérance; des vertus morales.
Dante surprend ses lecteurs en confiant
la garde du Purgatoire à Caton d’Utique, païen et suicidé qui comme il nous l’expliqua dans la traversée de l'Enfer aurait donc une double raison d’être a minima dans les limbes.
Dante ne donne
aucune explication théologique au salut ainsi audacieusement offert à Caton.
Les commentateurs catholiques ont tergiversé à ce sujet. Il demeure qu’à l’image
de saint Augustin ils refusèrent de voir dans le suicide de Caton un acte
héroïque de liberté.
Dante prend donc
ici une véritable liberté poétique : Caton semble moins choisi pour enseigner
quoi que ce soit sur le salut des suicidés que parce qu’il représente, aux yeux du poète, la figure antique par excellence de la liberté tenue pour plus précieuse
que la vie.
Au seuil de leur voyage initiatique
au Purgatoire Caton ordonne à Virgile de laver le visage de Dante et de ceindre
sa taille d’un jonc. Il faut effacer la saleté de l’Enfer ; quant au jonc,
souple et toujours renaissant lorsqu’on l’arrache, il symbolise l’humilité
indispensable à toute ascension en même temps que la résurrection.
Le voyage peut commencer.
Chant II
Le temps reprend
désormais toute son importance. Au Purgatoire les âmes ne sont plus figées dans
leur damnation.
Une lumière
apparaît sur la mer. Virgile s’écrie :
« Hâte-toi,
hâte-toi de fléchir les genoux :
Voici l’ange de Dieu ! joins les mains. »
L’ange conduit
dans une nacelle plus de cent âmes venues de l’embouchure du Tibre - « là
où le Tibre mêle ses eaux au sel » (!). Elles chantent :
« Quand Israël
sortit d’Égypte… »
La référence au
psaume de l’Exode (Ps 103) est puissante : sortir de l’esclavage ne signifie
pas encore être arrivé à la Terre promise ; il faut marcher, avancer pour être
purifié.
Les âmes débarquées par l'ange sont déconcertées :
« La foule
restait là, étrangère
Semblait à ce lieu, regardant à l’entour,
Comme celui qui goûte des choses nouvelles. »
Dante retrouve
alors son ami Casella et lui demande de chanter une chanson qui autrefois
apaisait son cœur. La musique est si belle que Virgile, Dante et toutes les
âmes l’écoutent avec plaisir.
Caton surgit et
les réprimande :
« D’où vient cette négligence, ce coupable retard ?
Courez à la montagne, afin de vous dépouiller des écailles
qui couvrent vos
yeux et empêchent que Dieu vous soit manifesté ! ».
La leçon est subtile ;
l’amitié, la poésie et la musique ne sont pas des maux. Mais un bien peut
devenir un obstacle lorsqu’il fait oublier le Bien vers lequel tout doit conduire.
Au Purgatoire, il
ne s’agit donc pas de cesser d’aimer, mais d’apprendre à aimer chaque chose à
sa juste place.
Chant
III
Virgile est troublé par la réprimande de Caton ; il éprouve une forme de remord. Dante
souligne alors admirablement combien une conscience droite peut être affectée lorsqu’elle
reconnaît ce qui doit être corrigé en elle. « O conscience très digne et
nette » !
Ce moment de
trouble passé, Dante est confronté à un phénomène qui va conduire sa réflexion
vers une digression dont les prémisses furent évoquées dans l’Enfer. Constatant
qu’à l’inverse du sien le corps de Virgile ne fait pas d’ombre, il se demande
comment la vertu divine dispose des corps. Virgile l’appelle à l’obéissance et
l’humilité :
"Insensé
est celui qui espère que notre raison
Peut
parcourir les voies infinies
Que
suit la substance unique en trois personnes !
Contentez-vous, ô race humaine, de savoir que les effets sont ce qu’ils sont ;
Car, si vous aviez pu connaître toutes les causes, point n’eût été nécessaire que Marie enfantât !"
Acceptez de savoir que les choses sont, sans prétendre toujours comprendre comment et pourquoi elles sont. Dante nous offre une image émouvante dont il a seul le secret :
« Je parle
d’Aristote et de Platon
Et de bien d’autres ; et à ces mots il baissa le front
Et n’en dit point davantage, et demeura troublé. »
Virgile parlait de
lui-même. Il devient la figure tragique de la limite qu’il vient d’énoncer : la
raison est vraie et nécessaire, mais elle ne peut épuiser le mystère de Dieu.
Sa grandeur consiste aussi à reconnaître et accepter cette limite.
Manfred surgit à son tour alors que le pèlerin et son guide cherchent leur chemin pour escalader la
montagne ; adversaire de la papauté, excommunié mais sauvé !
« horribles furent mes péchés ;
mais la bonté infinie ouvre ses bras si grands
qu’elle accueille
tout ce qui se tourne vers elle. »
Et encore :
« Par leur
anathème l’âme n’est pas à tel point perdue
Que n’y puisse rentrer l’éternel amour,
Tant que l’espérance garde vestige de verte floraison. »
Il faut être
précis : l’excommunication est une véritable peine ecclésiale, prononcée par
l’Église dans l’exercice de son autorité ; mais elle n’est pas par elle-même
une sentence de damnation éternelle.
Tout est possible
à la miséricorde divine, jusqu'au dernier moment, à la dernière minute ! Et
Manfred rappelle le rôle essentiel de la prière des vivants :
« Ici, par l’aide
de ceux de là-bas, on peut beaucoup gagner. »
Chant
IV
Ce chant est une
méditation sur le temps : que faisons-nous de celui qui nous est donné ?
L’ascension de la montagne est très
difficile. Dante supplie Virgile de l’attendre. « Mon doux père, retourne-toi
et regarde comme je reste seul si tu ne t'arrêtes pas ! »
Son guide lui révèle alors que plus il montera, plus l’ascension deviendra facile, jusqu’à ce qu’il lui
soit aussi naturel de monter qu’à un bateau de suivre le courant. Belle image
de la vertu : faire le bien n’est pas nécessairement lutter toujours davantage
contre soi-même. À mesure qu’une volonté s’ordonne au bien, celui-ci lui devient
plus naturel et plus accessible.
Dante rencontre
alors Belacqua, célèbre pour sa paresse. Il a attendu la fin de sa vie pour se
repentir et doit maintenant attendre avant d’entrer dans le Purgatoire
proprement dit.
Son attitude est
poétiquement décrite comme la conséquence de ce qu’il fut : il a tardé ;
maintenant il attend.
Le contrapasso
utilisé dans l’Enfer demeure, mais il est illuminé par l’espérance.
Manfred nous
avait montré qu’il n’est jamais trop tard pour revenir à Dieu. L’exemple choisi
de Belacqua est l’occasion pour Dante d’exprimer malgré tout qu’il ne peut pas imaginer qu’il n’y ait pas une contrepartie à
ce laisser-aller coupable. N’est-il pas dangereux de remettre indéfiniment à
demain le choix du bien ?
Chant V
Dante est reconnu
comme un vivant par les âmes du Purgatoire parce que son corps arrête les
rayons du soleil. Elles s'intéressent à lui, ce qui attire son attention. Virgile l’invite à suivre son chemin plutôt
qu’à écouter les autres et se laisser influencer:
« Suis-moi et
laisse dire les gens. »
Et il ajoute :
« Car toujours
l’homme, en qui germe pensée
Sur pensée, éloigne de lui son but
Parce que la fougue de l’une affaiblit l’autre. »
Dante rencontre ensuite de nouveaux
retardataires, morts de mort violente après s’être tournés vers Dieu dans leurs
derniers instants.
Parmi eux, Buonconte da Montefeltro.
Blessé à mort, il perdit la vue et la parole « qui expira sur ses lèvres
dans le nom de Marie ».
Alors se joue une scène
extraordinaire de lutte entre l'ange de Dieu et celui de l'enfer:
« ô toi qui vient
du ciel, pourquoi me frustrer ?
Tu emportes avec
toi ce qu'il y a d'immortel en celui-ci,
Pour une petite
larme qui me l'enlève ;
Mais je
gouvernerai le reste d'autre sorte ! ».
Quelques mots, une
petite larme, et le destin d’une âme change!
Cette larme est le signe extérieur d’un mouvement intérieur de véritable repentance.
La miséricorde du dernier instant
est donc une espérance, non une stratégie.
Le chant s’achève sur les quelques
mots bouleversants de Pia de’ Tolomei implorant la prière du vivant rencontré
en la personne de Dante:
« Souviens-toi de moi”.
Chant
VI
Dante y pose une question théologique : comment la prière des vivants peut-elle aller
contre les décrets de la justice divine ?
« Il me semble
que tu nies,
Ô ma lumière, dans l’expression d’un de tes textes,
Qu’un décret du ciel puisse jamais être fléchi par l’oraison.
Et c’est de cela
seulement que me prient les gens que voici.
Serait-ce donc que leur espoir est vain ? »
Virgile répond
que la prière n’abolit pas la justice divine. Elle appartient elle-même à l’ordre
voulu par Dieu : la charité des vivants peut contribuer à la purification des
morts sans que Dieu « change d’avis » sur les péchés commis.
Puis, car l'explication ne lui suffit pas, Virgile
renvoie Dante à attendre que Béatrice lui fasse pleinement comprendre.
Le chant se
poursuit, au risque de nous étonner, avec une méditation politique sur
l’Italie.
A la communion
des saints et l’intercession pour les âmes, le poète oppose la déchirure de leur
communauté terrestre. « le désordre vient notamment de ce que les fonctions
temporelle et spirituelle ne sont plus correctement ordonnées ».
Dante explose
alors :
« Ah ! Italie
esclave, demeure de douleur… »
Entre les deux mondes, l'étreinte entre Sordello et Virgile – que Dante a décrit plus haut - suffit à révéler que les
morts savent encore qu'ils sont frères, tandis que les vivants l'oublient trop souvent.
Chant VII
Sordello découvre
enfin l’identité de Virgile, qui lui explique son destin dans les Limbes :
« Ce n’est pas
pour avoir fait le mal, mais pour n’avoir pas fait ce qu’il fallait, que j’ai
perdu la vision du Soleil que tu désires. »
Virgile possède
les vertus morales, la sagesse et la raison ; comme nous l'avons vu au chant IV de l'Enfer il lui manque la foi qu’il n’a
pas reçue pour avoir vécu
avant la révélation.
Sordello explique
ensuite qu’à la nuit tombée personne ne peut gravir la montagne. Sans la lumière, la volonté seule ne permet
pas de monter.
Dante découvre
ainsi progressivement que la liberté n’est pas autosuffisante. L’homme ne peut
se donner à lui-même sa fin surnaturelle.
Sordello les
conduit dans une merveilleuse vallée que Dante décrit de manière enchanteresse,
où résident des princes et des souverains. Les hiérarchies terrestres y sont
renversées : ceux qui commandaient attendent maintenant que revienne la
lumière.
Et ils chantent
ensemble :
« Salve Regina »
(VII, 82-84)
Le pouvoir de
l’homme, si grand soit-il, ne l’a jamais rendu maître de sa fin dernière.
Plus Dante monte,
plus il découvre ce paradoxe : être libre suppose aussi de reconnaître sa
dépendance.
Chant
VIII
La poésie atteint
ici l’un de ses sommets :
« Te lucis
ante si pieusement
Lui jaillit de la bouche, en un chant si doux
Qu’il me fit perdre conscience de moi-même. »
On retrouve le
thème du chant des complies entonné chaque soir par l’Eglise militante.
La purification
n’est pas l’oubli de ce que fut la vie terrestre ; les amours demeurent, mais
ils doivent être ordonnés à Dieu.
Deux anges
descendent, portant des épées sans pointe. Un serpent approche, explicitement
rapproché de celui qui tenta Ève.
Dante nous
prévient :
« Lecteur,
aiguise ici ton regard vers la vérité, car le voile est maintenant si mince… »
Nous sommes dans
une sorte de nouvel Éden. Mais cette fois l’histoire se termine autrement : les
anges surgissant le serpent fuit.
Dante montre ainsi que les âmes du Purgatoire ne sont plus soumises à une tentation pouvant les
damner : leur salut est acquis, mais les traces du combat sont présentes. La
scène manifeste poétiquement la victoire en puissance au sens philosophique dont elles bénéficieront après
leur purification de ce qui faillit les faire basculer.
Dante, lui, est
vivant. Sa liberté reste exposée au péché. Il peut être tenté. C’est donc
d’abord à lui — et au lecteur — que le serpent parle; il ne peut plus tenter les âmes du Purgatoire.
Dante insiste. La rencontre avec
Nino Visconti, encore préoccupé par sa fille, sa veuve et sa famille, manifeste
encore le sens comme l’objet de cette purification : une âme peut être
définitivement tournée vers Dieu sans que tous ses attachements aient encore
atteint leur parfaite ordonnance.
Enfin, aux quatre
étoiles du matin correspondant aux vertus cardinales succèdent trois nouvelles étoiles,
traditionnellement associées aux vertus théologales : foi, espérance et charité.
La leçon se
précise : la liberté du vivant doit veiller et agir, mais elle doit aussi
accepter d’être éclairée et soutenue par la grâce.
Chant
IX
Cette première
partie du Purgatoire trouve ici son aboutissement.
Dante s’endort.
Dans son rêve, un aigle fond sur lui, le saisit et l’emporte vers le ciel
jusqu’à la sphère du feu. Lorsqu’il se réveille, il découvre qu’il n’est plus
dans la vallée des princes.
Virgile lui
explique ce qui s’est réellement produit.
Pendant son
sommeil, Lucie est descendue du ciel, a pris Dante dans ses bras et l’a porté
jusqu’à la porte du Purgatoire.
La scène est admirable.
Depuis le premier
chant, Dante :
« va cherchant la
liberté ».
Il marche,
s’efforce, comprend, apprend à ordonner ses désirs. Et pourtant, au moment même
où il doit atteindre le véritable Purgatoire, il n’y parvient pas par ses
seules forces : il y est porté.
L’homme libre est
incapable de se sauver seul ; cette leçon revient décidément comme un
leitmotiv...
Mais la grâce ne
supprime pas davantage la liberté. Lucie conduit Dante jusqu’à la porte ; elle
ne gravira pas la montagne à sa place.
Dante devra
consentir, entrer et monter.
Devant la porte
se trouvent trois marches. La tradition des commentateurs y voit les étapes de
la pénitence : la première, blanche comme un miroir, évoque la connaissance de
soi et de son péché ; la seconde, sombre et fendue, la contrition ; la
troisième, rouge, la réparation rendue possible par le sang du Christ.
Dante
s’agenouille et se frappe trois fois la poitrine.
L’ange trace
alors sur son front sept P, correspondant aux sept péchés capitaux qui seront
successivement purifiés sur la montagne.
Il possède deux
clés, l’une d’or et l’autre d’argent, traditionnellement rapprochées du pouvoir
des clés confié à Pierre : autorité du pardon et discernement nécessaire à son
exercice.
L’ange affirme
qu’il préfère se tromper en ouvrant la porte plutôt qu’en la maintenant fermée
devant celui qui s’humilie sincèrement.
Dante n’oppose
donc nullement ici la miséricorde de Dieu à l’Église : la porte même du
Purgatoire est placée sous le signe des clés de Pierre, au service de cette
miséricorde.
Avant de les
laisser entrer, l’ange avertit encore Dante de ne pas regarder en arrière.
Puis la porte
s’ouvre.
Un chant s’élève
:
« Te Deum
laudamus. »
La véritable
purification peut commencer.
Conclusion
Ces neuf premiers chants dans lesquels le pèlerin et son guide ont traversé l’Antépurgatoire permettent de mieux comprendre l’univers de l’au-delà imaginé par Dante.
Les âmes du
Purgatoire sont déjà sauvées. Elles sont mortes dans la grâce de Dieu et leur
destinée éternelle est fixée. Elles ne gravissent pas la montagne pour choisir
encore entre Dieu et son refus, mais pour achever la purification nécessaire à
leur entrée dans la vision de Dieu.
Dante, lui, est
vivant. Le temps du choix n’est pas achevé. C’est sa liberté que tout ce qu’il
voit doit instruire.
Caton lui annonce
qu’il cherche la liberté.
L'épisode de
Casella lui apprend que même un bien peut détourner du Bien lorsqu'il nous retient
au lieu de nous conduire vers notre fin.
Manfred lui
montre que jusqu’à la mort le pécheur peut encore se tourner vers Dieu.
Belacqua lui
rappelle que cette possibilité ne justifie jamais de différer sa conversion.
Buonconte révèle
jusqu’où peut aller la miséricorde lorsqu’au dernier instant l’homme répond à
la grâce.
La communion des saints unit les vivants aux âmes du Purgatoire : leurs prières peuvent réellement les aider dans leur purification.
Les princes lui
enseignent que la puissance ne rend pas l’homme maître de sa fin dernière.
La scène du
serpent lui rappelle la réalité de la tentation dont les âmes sauvées sont
désormais à l’abri, mais à laquelle lui, vivant, demeure exposé.
Avec Lucie
apparaît enfin ce que tout le chemin préparait : la liberté humaine est réelle
et nécessaire, mais elle ne peut atteindre par ses seules forces sa fin
surnaturelle. La grâce la précède, la soutient et appelle sa libre coopération.
Nous étions
partis de Caton, figure presque héroïque d’une liberté préférant la mort à la
servitude.
Dante commence
ainsi à nous conduire vers une conception proprement chrétienne de la liberté :
non pas l’indépendance de celui qui ne dépendrait de rien, mais la liberté de
celui qui, libéré de l’esclavage du péché par la grâce, devient progressivement
capable d’ordonner sa volonté au Bien.
Dante porte
désormais sur le front les sept P que l’ange lui a tracés, signes des sept
vices qui devront être successivement purifiés.
Les chants I à IX
ont conduit Dante jusqu’au seuil de la purification proprement dite.
Les chants
suivants vont lui montrer ce qui, dans l’homme, doit encore être purifié pour
que sa liberté soit pleinement ordonnée au Bien.

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