Je suis heureux de publier ce vibrant article de mon ami le Général C. Raviart sur ce scandaleux boycott qui en dit long sur les problèmes auxquels la France est confrontée.
Le 11 novembre, on ne célèbre pas la guerre. On honore ceux qui ne sont jamais revenus. On se recueille devant les noms de ces jeunes hommes, parfois à peine sortis de l’adolescence, qui ont laissé leur vie dans la boue des tranchées pour que la France demeure. Des gamins de vingt ans, dont le sacrifice mérite au moins une minute de silence et un peu de respect.
Et pourtant…
Le SNES-FSU, SUD Éducation, FO, la CGT Éducation et d’autres organisations syndicales
annoncent des préavis de grève et appellent
au boycott des cérémonies d’hommage aux « Morts pour la France » que le ministère souhaite
organiser dans les établissements scolaires.
La circulaire ministérielle du 2 juillet 2026 institue, à compter de cette
rentrée, une cérémonie commémorative annuelle dans chaque établissement
scolaire, du CM1 à la terminale, en hommage à tous les « Morts
pour la France ». Organisée autour du 11 novembre, elle doit associer activement les élèves. Lecture de témoignages,
évocation de parcours individuels, minute de silence, Marseillaise ou dépôt d’une gerbe peuvent en constituer les temps forts.
Voilà donc ce que certains syndicats dénoncent comme un « embrigadement de la
jeunesse » et une « militarisation de l’école ».
Il ne s’agit pourtant ni d’instruire les enfants dans le culte
des armes, ni de leur faire l’apologie de la guerre. Il s’agit de leur transmettre une mémoire,
de leur faire connaître ceux qui ont donné leur vie pour
la Nation.
Mais, pour certains syndicats, honorer les morts serait
devenu suspect.
Curieuse conception de la neutralité scolaire ! On peut
aborder en classe les questions de genre, la Palestine, le climat et bien d’autres sujets de société. Mais évoquer
les Poilus de 14-18, les résistants de 39-45 ou les soldats tombés en opérations extérieures, ce serait soudain faire de la
propagande, glorifier la guerre ou entretenir un « fourre-tout mémoriel
nationaliste ».
À croire que la mémoire nationale serait désormais une
matière à éviter, voire à combattre.
Ces mêmes organisations qui réclament à longueur d’année davantage de
moyens pour l’École contestent qu’une fois par an, des enfants de neuf ou dix ans puissent
entendre parler de ceux qui sont morts pour leur pays. Elles invoquent la
liberté pédagogique. Mais quelle liberté pédagogique peut
justifier de refuser à des enfants un moment de recueillement
et de transmission ?
Il ne s’agit pas de leur imposer une pensée, encore moins de leur
dicter une opinion. Il s’agit de leur rappeler que la paix, la liberté et la République
ne sont pas des acquis tombés du ciel. Elles ont un prix. Des générations de Français l’ont payé de leur vie.
Les Poilus, les résistants, les soldats des OPEX n’ont jamais demandé à être enrôlés dans vos
querelles syndicales. Ils n’ont pas besoin de vos discours pour exister dans notre mémoire.
Ils ont simplement droit à notre reconnaissance.
Que des enseignants puissent avoir des réserves sur les
modalités d’une cérémonie, cela peut se discuter. Mais
appeler au boycott d’un hommage aux morts pour la France, c’est franchir une autre ligne : celle
qui sépare le débat pédagogique du refus de
transmettre.
Et cela pose une question autrement plus grave : que
reste-t-il de l’éducation à la citoyenneté lorsque la mémoire de
ceux qui ont servi et parfois donné leur vie pour la Nation devient un sujet
dont l’École devrait se détourner ?
Le 11 novembre n’appartient ni à un ministère, ni à un syndicat, ni à une chapelle idéologique.
Il appartient à la Nation.
On ne demande pas aux enfants d’aimer la guerre. On leur demande
simplement de comprendre ce que signifie le sacrifice de ceux qui ont permis à la France de
rester libre.
On ne militarise pas une école en y faisant respecter une
minute de silence.
On ne touche pas à
la mémoire du 11
novembre.
Et surtout, on ne boycotte pas les morts pour la France.

Un grand Merci pour cet article, tout simplement !
RépondreSupprimerAB