lundi 5 janvier 2015

BONNE ANNEE!

Cette période vœux, et en particulier le discours présidentiel, nous renvoient l’image d’un débat public monotone, insipide, dérisoire et dépassé. Rien ne change. C’est toujours la même tambouille. Nous attendons tout et trop de la politique, de l’homme providentiel ou des réformes à venir. La confusion et l’erreur règnent, à cause de notre volonté de construire la société selon nos propres vues, en fonction de nos idées, de nos idéologies, de la dernière recette du plus imaginatif ou du plus fin démagogue. Prométhée est aux commandes ! Changer, toujours changer ! Construire la société de demain ! Réformer, encore réformer. Des lois, toujours des lois !... Promettre contre vents et marées ! Dans tous les domaines. Notre volonté de maîtrise de la vie et de la mort qui est au cœur du projet socialiste est la quintessence de notre fuite en avant. Les métastases de ce cancer se répandent de manière inexorable.

La société humaine constituée d'individualités diverses, libres et indépendantes a ceci de particulier que son ordre, les principes de son équilibre, lui sont extérieurs. Sauf à tomber dans l’anarchie l’extériorité de la norme est le corollaire de cette cohabitation  d’êtres libres, différents et égaux qui en fait en même temps toute la richesse. A l’inverse du corps humain qui a ses lois propres, internes. En médecine le bien est facilement identifiable ; il s'agit tout simplement de la santé, alors que le mal est complexe à diagnostiquer et à soigner. La marche de la science médicale nous le montre tous les jours.  S'agissant du corps social c’est l’identification du bien qui est complexe, alors que les maux dont il souffre nous apparaissent aisément.  Alain Supiot l’explique: « tandis que la norme de fonctionnement de l'organisme s'identifie à son existence même, une société doit poser cette norme en dehors d'elle-même pour exister et se maintenir »[1].

Telle est la gageure ! La gestion de la chose commune, qui est l'objet de la politique, passe par l’école de l'humilité.  Celle-ci consiste à admettre que l'ordre social dépend de règles qui lui sont extérieures, qu’il faut rechercher modestement et respecter au lieu de les inventer ou e les imposer. Elle repose sur la seule vraie réforme, celle de chacun des membres qui la constituent. Mère Theresa l'avait parfaitement répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu'il fallait changer dans le monde: « Vous et moi ».

C’est précisément ce que le monde moderne n’accepte pas ! Lui qui veut toujours réformer la société, la changer et qui se retranche avec hypocrisie derrière un respect humain fait de tolérance mal comprise et de libéralisme intégral. Flatter l’humain pour mieux le soumettre est bien la maxime de nos politiques modernes.

Face à l'erreur anthropologique que nous commettons en n’admettant pas cette double exigence, par rejet de l’humilité, par orgueil, nous devons nous rendre à l'évidence qu’au point de prétention et d’aveuglement que nous avons atteint seuls des événements extérieurs nous amèneront à revoir notre mode de fonctionnement social et politique, à nous remettre en cause, par nécessité, par la force des choses.

Car la réalité, et avec elle ces lois extérieures dont nous voulons nous affranchir, sont irréductibles et rebelles.

Le défi « écologique », la crise systémique de notre économie, ou encore la confrontation identitaire seront ces éléments sur lesquels nos illusions vont se briser, sans doute pour notre plus grand bien. Ce jour-là les apprentis sorciers qui nous gouvernent disparaîtront comme les feuilles dans le vent d’automne …

Bonne année !










[1] http://books.openedition.org/cdf/2249

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentez cet article et choisissez "Nom/URL" ou Anonyme selon que vous souhaitez signer ou non votre commentaire.
Si vous choisissez de signer votre commentaire, choisissez Nom/URL. Seul le nom est un champ obligatoire.

Retrouvez mes anciens articles sur mon ancien blog