L'actualité abonde
d'événements dramatiques et innombrables. Les massacres, les égorgements, le
martyre des chrétiens, les combats fratricides, les guerres civiles ou entre
états. Ce continent dont chacun s'accorde à dire que la démographie va lui
faire jouer un rôle essentiel dans les années à venir, est à feu et à sang. Il
est le territoire des guerres du XXIe siècle. Nos morts, victimes du terrorisme,
sont d'un nombre dérisoire par rapport à toutes les victimes qui chaque jour
tombent sur ce continent. Depuis notre retrait en tant que pays colonisateur, la
France en tête, montrée du doigt pour
cela et forcée à la repentance, l'Occident joue un rôle politique et militaire
de premier rang mais désastreux. Et au coeur de cette explosion sévit le
radicalisme musulman qui est notre ennemi en même temps qu'il est l'ennemi des
Africains. Le tableau est dramatique. Notre politique en Afrique est un
cinglant échec. Nous ne comprenons rien à ce qui se passe en Afrique…
L’un des résultats de cette
catastrophe humanitaire est constitué par les flux anarchiques de population à
travers la Méditerranée dans des conditions d'une telle précarité qu'elles
relèvent souvent du suicide. Nous recevions déjà depuis des décennies une
immigration galopante. Le scénario du roman de Jean Raspail, que nous n'avons
pas voulu voir, est déjà dépassé … car nous assistons maintenant à l'arrivée par
vagues de populations qui fuient leur pays au risque de perdre leur vie.
L'actualité ne cesse de nous le rappeler. Aujourd'hui encore nous venons
d'apprendre que des centaines de fuyards sont morts, noyés au large des côtes
libyennes. Plutôt morts qu’en Lybie, en Syrie ou en Irak. Nous sommes bien loin
de la recherche d'un travail ou de richesses, de la poursuite d'un eldorado ou
de la volonté de rejoindre une famille. Il s'agit de fuir, de mourir plutôt que
de vivre dans l'enfer. « Pourquoi les flux ont augmenté à ce point ? Parce
qu’on les a fait augmenter. La guerre semée en Syrie a chassé des centaines de
milliers de personnes, notamment des chrétiens, de chez eux. En Irak, des
centaines de milliers de personnes sont chassés par des mercenaires armés et
financés par nos pays occidentaux. La guerre en Libye a déstabilisé toute la
région et a fait exploser les flux migratoires vers l’Europe. Il faut
qu’on le dise aujourd’hui avec clarté. Car il n’est plus possible de se taire.
Ce n’est pas la mer Méditerranée qui est responsable de la mort de ces
malheureux. Ceux qui ont le sang de ces gens sur les mains ce sont les semeurs
de guerres. Il faut donc lutter contre cette politique étrangère belliqueuse.»[1]. Non,
décidément, nous ne comprenons rien à ce qui se passe en Afrique…
Et voilà qu'au coeur de
cette tourmente, au-delà des analyses politiques lénifiantes, qui tournent en
rond, sur ce qu'il conviendrait de faire, l’Etat français trouve le moyen de
donner des signaux totalement incompréhensibles qui sont en réalité le reflet
de cette démission et de sa trahison. Je prendrai trois exemples.
Le secrétaire d'Etat
français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, qui a rendu dimanche un hommage aux victimes
algériennes de Sétif en 1945. Jean-Marc Todeschini a déposé une gerbe de fleurs
devant le Mausolée de la première victime de la répression du 8 mai 1945, Saal
Bouzid. Une visite qui entretient cette contrevérité historique en vertu de
laquelle on nous fait avaler que des Européens ont gratuitement et spontanément
massacré des milliers d’Algériens. Ce n'est pas en mentant sur l'histoire de
nos relations avec les pays africains que nous parviendrons à avoir une
attitude claire, conforme à la vérité, et susceptible de résoudre une crise
multiforme dont les morts se comptent par dizaines de milliers.
S'agissant de la recherche
de la vérité sur les événements, leurs causes de prendre et sur les relations
si complexes qui se nouent sur le territoire africain, alors que la France a
engagé son armée sur ce territoire, que nos soldats s’y battent, au péril de
leur vie, notre ministre de la défense prend la décision de supprimer
brutalement, unilatéralement, pour des motifs totalement fallacieux les cours
donnés à l'école d'officiers de Coetquidan par le plus grand spécialiste de
l'Afrique le professeur Bernard Lugan[2] !
L'un des rares à y comprendre quelque chose… Nous ne comprenons rien à
l'Afrique, nous voulons nous y battre et nous nous passons des conseils les
plus avisés…Les motifs de cette décision étant justement liés à sa dénonciation
de l’initiative ci-dessus évoquée de notre secrétaire d’Etat…
Et pour finir, troisième
signal, d'un autre ordre et tout aussi significatif, nous persistons dans notre
entêtement à vouloir combattre toutes les religions mises sur un même pied
d'égalité, au nom de l'extrémisme religieux, plutôt que de dénoncer la réalité
dramatique de la volonté d'un islamisme dont les foyers sont africains. Un islamisme qui se nourrit qu'on le veuille
ou non d'une lecture du Coran qui pour des raisons proprement religieuses ne
peut pas être « excommunié » car il n'y a pas d'excommunication dans cette
religion qui ne connaît pas le dogme. Les massacres de chrétiens continuent,
s'amplifient ; jusqu'à quand ? Un génocide est encours comme les massacres perpétrés au Kenya l'ont montré. !!! Et nous dénonçons l'intégrisme religieux sous
toutes ses formes refusant d'admettre que cette religion qui est en train de
déstabiliser le continent africain, et demain le monde, a comme ennemi déclaré
non pas notre idéal républicain et voltairien, mais notre identité chrétienne.
Si nous ne comprenons rien à
l'Afrique c'est parce que nous ne savons pas le rôle que nous devons y jouer ni
sur le plan politique ni sur le plan spirituel. La vague va continuer de
déferler, sous toutes ses formes. Quand nous déciderons-nous à renoncer à cet
esprit de repentance, de honte de nous-mêmes, de fuite face à nos
responsabilités et d'abandon religieux ?
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