dimanche 19 avril 2015

NOUS NE COMPRENONS RIEN A L'AFRIQUE

L'actualité abonde d'événements dramatiques et innombrables. Les massacres, les égorgements, le martyre des chrétiens, les combats fratricides, les guerres civiles ou entre états. Ce continent dont chacun s'accorde à dire que la démographie va lui faire jouer un rôle essentiel dans les années à venir, est à feu et à sang. Il est le territoire des guerres du XXIe siècle. Nos morts, victimes du terrorisme, sont d'un nombre dérisoire par rapport à toutes les victimes qui chaque jour tombent sur ce continent. Depuis notre retrait en tant que pays colonisateur, la France  en tête, montrée du doigt pour cela et forcée à la repentance, l'Occident joue un rôle politique et militaire de premier rang mais désastreux. Et au coeur de cette explosion sévit le radicalisme musulman qui est notre ennemi en même temps qu'il est l'ennemi des Africains. Le tableau est dramatique. Notre politique en Afrique est un cinglant échec. Nous ne comprenons rien à ce qui se passe en Afrique…

L’un des résultats de cette catastrophe humanitaire est constitué par les flux anarchiques de population à travers la Méditerranée dans des conditions d'une telle précarité qu'elles relèvent souvent du suicide. Nous recevions déjà depuis des décennies une immigration galopante. Le scénario du roman de Jean Raspail, que nous n'avons pas voulu voir, est déjà dépassé … car nous assistons maintenant à l'arrivée par vagues de populations qui fuient leur pays au risque de perdre leur vie. L'actualité ne cesse de nous le rappeler. Aujourd'hui encore nous venons d'apprendre que des centaines de fuyards sont morts, noyés au large des côtes libyennes. Plutôt morts qu’en Lybie, en Syrie ou en Irak. Nous sommes bien loin de la recherche d'un travail ou de richesses, de la poursuite d'un eldorado ou de la volonté de rejoindre une famille. Il s'agit de fuir, de mourir plutôt que de vivre dans l'enfer. « Pourquoi les flux ont augmenté à ce point ? Parce qu’on les a fait augmenter. La guerre semée en Syrie a chassé des centaines de milliers de personnes, notamment des chrétiens, de chez eux. En Irak, des centaines de milliers de personnes sont chassés par des mercenaires armés et financés par nos pays occidentaux. La guerre en Libye a déstabilisé toute la région et a fait exploser les flux migratoires vers l’Europe. Il faut qu’on le dise aujourd’hui avec clarté. Car il n’est plus possible de se taire. Ce n’est pas la mer Méditerranée qui est responsable de la mort de ces malheureux. Ceux qui ont le sang de ces gens sur les mains ce sont les semeurs de guerres. Il faut donc lutter contre cette politique étrangère belliqueuse.»[1]. Non, décidément, nous ne comprenons rien à ce qui se passe en Afrique…

Et voilà qu'au coeur de cette tourmente, au-delà des analyses politiques lénifiantes, qui tournent en rond, sur ce qu'il conviendrait de faire, l’Etat français trouve le moyen de donner des signaux totalement incompréhensibles qui sont en réalité le reflet de cette démission et de sa trahison. Je prendrai trois exemples.

Le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, qui  a rendu dimanche un hommage aux victimes algériennes de Sétif en 1945. Jean-Marc Todeschini a déposé une gerbe de fleurs devant le Mausolée de la première victime de la répression du 8 mai 1945, Saal Bouzid. Une visite qui entretient cette contrevérité historique en vertu de laquelle on nous fait avaler que des Européens ont gratuitement et spontanément massacré des milliers d’Algériens. Ce n'est pas en mentant sur l'histoire de nos relations avec les pays africains que nous parviendrons à avoir une attitude claire, conforme à la vérité, et susceptible de résoudre une crise multiforme dont les morts se comptent par dizaines de milliers.

S'agissant de la recherche de la vérité sur les événements, leurs causes de prendre et sur les relations si complexes qui se nouent sur le territoire africain, alors que la France a engagé son armée sur ce territoire, que nos soldats s’y battent, au péril de leur vie, notre ministre de la défense prend la décision de supprimer brutalement, unilatéralement, pour des motifs totalement fallacieux les cours donnés à l'école d'officiers de Coetquidan par le plus grand spécialiste de l'Afrique le professeur Bernard Lugan[2] ! L'un des rares à y comprendre quelque chose… Nous ne comprenons rien à l'Afrique, nous voulons nous y battre et nous nous passons des conseils les plus avisés…Les motifs de cette décision étant justement liés à sa dénonciation de l’initiative ci-dessus évoquée de notre secrétaire d’Etat…

Et pour finir, troisième signal, d'un autre ordre et tout aussi significatif, nous persistons dans notre entêtement à vouloir combattre toutes les religions mises sur un même pied d'égalité, au nom de l'extrémisme religieux, plutôt que de dénoncer la réalité dramatique de la volonté d'un islamisme dont les foyers sont africains.  Un islamisme qui se nourrit qu'on le veuille ou non d'une lecture du Coran qui pour des raisons proprement religieuses ne peut pas être « excommunié » car il n'y a pas d'excommunication dans cette religion qui ne connaît pas le dogme. Les massacres de chrétiens continuent, s'amplifient ; jusqu'à quand ? Un génocide est encours comme les massacres perpétrés au Kenya l'ont montré. !!! Et nous dénonçons l'intégrisme religieux sous toutes ses formes refusant d'admettre que cette religion qui est en train de déstabiliser le continent africain, et demain le monde, a comme ennemi déclaré non pas notre idéal républicain et voltairien, mais notre identité chrétienne.

Si nous ne comprenons rien à l'Afrique c'est parce que nous ne savons pas le rôle que nous devons y jouer ni sur le plan politique ni sur le plan spirituel. La vague va continuer de déferler, sous toutes ses formes. Quand nous déciderons-nous à renoncer à cet esprit de repentance, de honte de nous-mêmes, de fuite face à nos responsabilités et d'abandon religieux ?




[1] http://www.ndf.fr/poing-de-vue/17-04-2015/la-mediterranee-notre-mer-ou-notre-cimetiere#.VTQGzSHtlBc
[2] http://bernardlugan.blogspot.fr/

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