lundi 2 décembre 2013

TOUCHEZ PAS A MON DIMANCHE!

Ne touchez pas à mon Dimanche ! Le dimanche est sur la sellette. La république va légiférer. À n'en pas douter le choix se portera sur une solution de compromis. La pression est trop forte ; qu'il s'agisse de celle des salariés en quête de rémunération supplémentaire, des consommateurs qui n'ont plus que le jour du seigneur pour faire leurs courses ou des grands groupes de distributions qui ont déjà mis main basse sur ce temps mort pour la société de consommation. Aucun argument rationnel ne pourra justifier que l'on ne fasse pas droit à tout ou partie de ces revendications. Face à cela, la quête d'un temps de pause pour la vie de l’âme ne pèse pas lourd ! D'autant que même si Martine Aubry clame que la protection du repos dominical est une digue infranchissable, force est d'admettre qu'il n'est plus pour la quasi-totalité d’entre nous qu'un simple temps de repos, de loisirs, de détente, de regroupement familial ou amical; pas question de messe, ni de temps pour Dieu. Laïcité oblige… La révolution de 1789 était allée au bout de sa logique nihiliste. Elle avait inventé un nouveau calendrier. Les journées avaient gardé 24 heures mais la semaine avait perdu les sept jours que la Bible lui avait donnés. Les fêtes chrétiennes et les dimanches avaient disparu. Mais le rythme sacré du temps avait pris le dessus. Notre société moderne a retrouvé le cadre traditionnel. Elle ne défend plus son dimanche pour des raisons économiques, matérielles éventuellement familiales. On ne sonne plus les heures. Les cloches sonnent rarement l'angélus. Le dimanche n'est plus qu'un jour de repos. Le problème n'est plus d’aller à la messe dominicale, ce qui ne concerne qu'une infime minorité d’entre nous. La question n'est que celle de savoir qui doit l'emporter du petit commerce ou de la grande distribution, d'une conception syndicale ou d'une autre, d’un choix économique ou d’un autre… Il ne nous sert à rien de s'immiscer dans cette discussion économique et sociale. Le combat est perdu d'avance. L'enjeu a déjà disparu. Certes, les apparences sont encore là mais elles ne font plus sens. La question devrait être de savoir s'il y a encore du temps pour Dieu, pour l'âme, pour la vie de ce qu'il y a de plus grand et le plus beau en l'homme. Elle n'est que là. L'enjeu est dans le sacré. Les hommes et les femmes qui dans les moments importants de l'existence se réfèrent à la religion et à la dimension divine de leur existence, ont encore ce sens inconscient du sacré. Mais ils ont perdu la conscience de ce qu'il signifie. Ils n'en vivent plus la dimension spirituelle. Leur esprit, leur intelligence sont toujours en éveil mais ils sont privés du mystère, de la transcendance, de la tentative mystérieuse de communication avec l'au-delà dont le dimanche était la marque et l'occasion, par adhésion volontaire, par habitude ou par obligation. Cela était même vrai pour ceux qui ne croyaient pas. Nous sommes dorénavant dans l'indifférence. La fin du dimanche est une forme de clôture de ce processus de nihilisme déguisé qui nous a éloignés du Ciel. Comme tous les combats perdus d'avance, faut-il le mener? Il en a été de même du mariage pour tous, de la politique familiale, de toutes ces réformes sociétales qui ont vu s'opposer les conceptions chrétiennes traditionnelles et la modernité faussement moderne. Avec la disparition du dimanche, qui ne sera dorénavant plus qu'un mot sur nos calendriers et nos agendas électroniques, nous clôturons un inexorable processus de déchristianisation. La laïcisation est aboutie. Le temps est définitivement banalisé. Notre monde ne prie plus. Il n'a plus le sens du sacré. Dieu n'y est plus qu'une idée dans une société qui offre le Bouddhisme, l'Indouisme, Mahomet ou Jésus en option. Le dimanche disparaît avec le sacré … Dieu merci, la vie continue. Rien n'est perdu. Il suffit que l'homme retrouve le chemin de la prière et de l'Eglise. Il s'agit du chemin du salut. L'homme moderne n'a pas les moyens de le rayer de la carte, de la même manière qu'il est impuissant à créer l'éternité, à faire naître la vie qu'il se contente de transmettre et à supprimer la mort. Il y a en lui un besoin sourd, une aspiration à l'éternité, un sens profond de ce qui le dépasse. Il le sait mais ne le vit plus. Le temps sera toujours rempli de mystère et de cette conscience qu’il nous est donné de manière passagère pour préparer une autre Vie, dans l'au-delà. Le dimanche survivra à tous les caprices de la société et de la politique. La Bible est ineffaçable. Les forces du monde ne pourront pas prévaloir contre lui. Il ne nous reste plus qu’à le faire comprendre. Ce combat déjà perdu nous en donne l’occasion ! Ce qui est socialement inutile à vue humaine est souvent d’une grande utilité… Ne touchez pas à mon Dimanche!

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