Il y a un aspect tragique dans notre confrontation avec les
fondamentalistes islamistes. Notre détermination à les combattre est
l'objectif de l'ennemi. D'où le fatalisme qui envahit certains d'entre nous pour
qui l'issue ne peut qu'être dramatique; et en corollaire, l’annonce de la guerre
civile, chacun se résignant à se défendre plutôt qu'à attendre de l'État qu'il
le fasse. En même temps, nous avons sacrifié notre identité au profit de
principes trop généraux et non civilisateurs, sur l'autel de la lutte contre
les discriminations ainsi que l'exprime Alain Finkielkraut ! Adieu les Mères Patries. Adieu Athènes! Adieu Jérusalem! Adieu Rome!
Dans son discours de RATISBONE, dont je pense qu'il ne
serait pas critiqué aujourd'hui comme il le fut à l'époque !…, BENOIT XVI
insistait sur le fait que l'esprit moderne est profondément marqué par la déshellénisation
du christianisme, c'est-à-dire le rejet de la synthèse réalisée grâce à des
docteurs de l'Eglise comme Saint-Augustin ou Saint-Thomas d'Aquin, entre le
christianisme et la raison Grecque, « le logos », en ce qu'il signifie
à la fois la raison et la parole ; cette rencontre unique dans l'histoire entre
le message biblique et la pensée grecque dont Saint-Paul fut l'initiateur.
De l'avis unanime les soldats du djihadisme sont victimes
d'un lavage de cerveau. Ils ont perdu la
raison pour se soumettre à la folie des hommes, entretenue par la volonté
folle et suicidaire de soi-disant répondre à l'appel d'Allah. Tant qu'on ne
leur aura pas rendu la raison, à eux et à leurs leaders, tant qu'on ne les aura
pas convaincus d'accepter de se soumettre au pouvoir de la raison, dans le
domaine spirituel, nous ne pourrons pas sortir de ce cercle infernal, pervers, sanguinaire et diabolique !
Impossible ? Mais il n'y a pas d'autre solution!… Le problème est
qu’à coups de nihilisme, d’horizontalité, de subjectivisme, nous avons perdu la
raison, nous aussi....
Car comme l’analyse Benoît
XVI dans son discours, la conscience subjective devient l'unique instance
éthique de chaque citoyen. « L’éthique et la religion perdent leur force
de construction d'une communauté et tombent dans le seul arbitraire ». Cet
état d'esprit est marqué par une « exclusion du divin de l'universalité de
la raison qui est un outrage aux convictions les plus intimes des cultures
profondément religieuses du monde ». « Une raison qui reste sourde au
divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est inapte
au dialogue des cultures ».
Nous avons choisi la voie de l’arbitraire ; comme la
religiosité islamiste; arbitraire de ce Dieu dont les voies sont impénétrables,
isolé des hommes et de leur entendement par sa transcendance ...
Face aux islamistes qui rejettent la raison et promeuvent un
prosélytisme violent et sanguinaire, nous rejetons toute forme de prosélytisme
et toute structuration sociale susceptible d’impacter la spiritualité et la
pratique religieuse. Nous nous lavons les mains comme Ponce Pilate au moment où
la croix se profile pour sauver le monde...
Il est temps de faire notre « coming out »
spirituel, de sortir des nimbes du modernisme, et de l’isolement de notre
subjectivisme, de renouer avec la tradition de l’humanisme chrétien,
d’affronter la question divine et spirituelle afin de répondre aux questions de
toujours et de provoquer l’Islam et ses fous sur le seul terrain qu’ils
craignent : celui de la foi et de son inculturation par la raison. A
défaut, ils continueront de nous provoquer et de nous détruire sans que rien ne
puisse les arrêter !
L’alternative est simple et fondamentale : la raison ou
la violence.
Un véritable "coming out" spirituel, Bernard, doit aller plus loin que ce que vous souhaitez ici. J'ai essayé de le faire comprendre dans un petit essai publié en avril de cette année aux éditions du Panthéon :
RépondreSupprimerDÉSACRALISER LA VIOLENCE RELIGIEUSE
par Pierre Régnier (éd. du Panthéon, avril 2016)
Merci, je vais le commander et le lire!
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