lundi 21 novembre 2016

FILLON VRAIMENT LIBERAL ET VRAIMENT CONSERVATEUR?

Le vote pour François Fillon pose une équation nouvelle et intéressante dans l’analyse des schémas politiques français. Peut-on être libéral en économie et conservateur, voire traditionnaliste, sur le plan sociétal ? Ce cumul singulier est-il cohérent en plus d’être transgressif?

Le tout est d’abord de savoir de quel libéralisme et de quel conservatisme on parle….

Si par libéralisme on entend la libération des forces vives du pays de toutes les lourdeurs et contraintes imposées par un système qui se transforme en un étouffoir, nous sommes d’accord.

Mais s’il s’agit de renforcer le système économique international du capitalisme financier soutenu par la politique européenne actuelle et par le projet de traité transatlantique, nous ne sommes pas d’accord.

Le premier n’est pas nécessairement lié au second et peut-être même vice versa…. Entre Juppé et Fillon lequel est adepte du premier ou du second ?

Quant au conservatisme sociétal consistant par exemple à mettre en œuvre une vraie politique familiale et de la vie, comme F. Fillon semble prétendre vouloir le faire au moins en partie, il est compatible avec le premier alors qu’il ne l’est pas avec le second… dont la filiation est la même que celle du libéralisme libertaire bourreau des structures vives de la société.

Cette dualité des ambitions affichées par le candidat Fillon serait-elle annonciatrice d’une révolution douce en vue d’une remise en cause des poncifs du système démocrate-libéral commun à Juppé, Valls et Macron ?

Telle est la vraie question que pose la poussée de celui que l’on n’attendait pas et en qui beaucoup voudraient trouver un homme capable de transgresser le système de manière plus élégante mais pas moins effective que D. Trump....

C’est là que le champ de l’analyse s’élargit et que la question peut devenir aussi cruciale que cruelle, tant la situation est grave.

Le XXe et le XXIe siècle sont marqués par la confrontation entre démocraties et totalitarismes. Après le marxisme-léninisme et le communisme, après le nazisme, voici le tour de l’islamisme dont F. Fillon a su dénoncer le caractère totalitaire.

Dans son dernier livre « les vrais ennemis de l’Occident » Alexandre Del Valle l’affirme sans détour ; l’islamisme est un système totalitaire qui a des origines « exogènes » dans les totalitarismes nazis et communistes.

Nos démocraties occidentales sont caractérisées par le rejet de l’identité et de la civilisation, ces gros mots rangés par le politiquement correct au rang de vieilles lunes du passé. Ce rejet se fait au profit de ce que dans son dernier livre « les droits de l’homme contre le peuple » Jean-Louis Harouel qualifie de millénarismes ; le mondialisme économique, la course éperdue pour la construction d’un paradis sur terre et la réduction du politique à une police moralisatrice des droits de l’homme. Construire une société où tout soit possible, sans limites si ce n’est celles imposées de manière trompeuse par la religion des droits de l’homme.

Il est temps d’arrêter de se payer de mots. Les droits de l’homme sont le cheval de Troie des totalitarismes. Le marxisme-léninisme l’a démontré. Il en est de même aujourd’hui de l’islamisme. Preuves en sont nos querelles autour du droit de porter le voile, de pratiquer cette religion comme s’il s’agissait d’une religion au sens du christianisme ; alors que l’Islam veut instaurer un système politique ayant pour objet de transformer des Nations mécréantes en des terres d’islam. 
Car en même temps que nous proclamons notre soi-disant tolérance religieuse, dans ses terres d’origine, comme dans ses centres de réflexion, l’Islam ne renonce pas à son orthodoxie d’origine que nous qualifions d’intégrisme comme pour essayer de nous rassurer (cf A Del Valle)…

Notre impuissance résulte de la réduction du politique à la gestion du développement économique et de la police du politiquement correct avec son principe de non-discrimination et ses phobies.  Régis Debray et Élie Wiesel ont notamment souligné que « les droits de l’homme sont devenus notre dernière religion séculière ». Religion séculière pour laquelle l’identité serait contraire au droit illusoire pour chacun de s’épanouir comme il l’entend dont A. Juppé fait l’un de ses chevaux de bataille face à F. Fillon….

En devenant des sociétés de bisounours, en abandonnant la défense de nos identités nationales, nos démocraties occidentales ont privé le politique de son essence. La preuve en est : chacun constate pour le vivre que nos Etats ne nous protègent plus. Tout ceci s’est fait sous couvert du mondialisme, de l’idée que les Nations n’ont plus de raison d’être dans un monde ouvert et sans frontières. Dogme entretenu par la puissance de l’argent et la fausse idée que le développement économique nécessite une économie mondiale ouverte. Tel est le lit de notre affaiblissement et de notre vulnérabilité.

Le développement économique, le respect des valeurs qui ont toujours permis à l’homme de s’épanouir n’excluent pas la défense de l’identité et de la civilisation que F. Fillon prétend vouloir mettre au cœur de son projet politique.
Nous sommes à la fin d’une époque. Le monde doit changer. L’enjeu de demain est de retrouver la voie de politiques du bien commun assumées. Pour cela il faut renoncer aux illusions et aux rêves.

L’identité n’est ni heureuse ni malheureuse ! Elle est ce dont nous avons besoin pour être pleinement hommes et femmes face à notre destin. C’est d’un retour au politique dont nous avons besoin.

La synthèse inédite proposée par François Fillon entre le libéralisme et le conservatisme peut-elle transgresser cette Doxa d’un libéralisme nihiliste nous exposant aux folies des totalitarismes? Le libéralisme est un caméléon en politique comme en économie. Il ne pourra redevenir la structure d’un redressement national que si l’économique est mis au service du destin et du roman national, qu’à la condition pour l’Etat de revenir aux sources de l’art politique français.

Politique d’abord !



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentez cet article et choisissez "Nom/URL" ou Anonyme selon que vous souhaitez signer ou non votre commentaire.
Si vous choisissez de signer votre commentaire, choisissez Nom/URL. Seul le nom est un champ obligatoire.

Retrouvez mes anciens articles sur mon ancien blog