François Fillon a affirmé qu’il voulait changer de
logiciel et combattre la pensée unique, celle qui prétend s’imposer et
interdire que l’on pense autrement, celle qui jette l’anathème, celle qui
entretient les phobies pour asseoir son pouvoir. Mais « chat échaudé
craignant l’eau froide » nous devons nous poser la question de savoir s’il sera
capable ou en mesure de transgresser les règles du conformisme ambiant dont la
pensée unique est l’expression et d’abandonner le logiciel stérile qui nous
paralyse?
Avant de rechercher les éléments de réponse, il est
intéressant de se pencher sur l’un des incidents de la campagne du deuxième
tour de l’élection primaire.
Au même moment qu’il affirmait ses intentions en sa
qualité de vainqueur en puissance, François Fillon a été rattrapé par les
troupes de la pensée unique à propos de la question de l’avortement. Il a dû se
soumettre à l’un des tabous du conformisme de notre société hédoniste et de
consommation : le droit à l’avortement. On lui a imposé de multiplier les déclarations
et les engagements. Il n’a manqué que la prestation de serment la main posée
sur le texte de la loi de Simone Veil ! Et malgré ses convictions personnelles
il a promis qu’il ne reviendrait pas sur le droit consacré par le système même
s’il a maintenu qu’il ne s’agissait pas d’un droit fondamental face à Alain
Juppé, encore plus conformiste que lui.
Certes, doit-on concéder qu'en 2017 un Président de
la République opposé à l’avortement ne puisse faire adopter une législation qui
l’interdise, tant le tissu social n’est pas prêt à accepter une pareille
interdiction. Démocratie oblige !… Mais une double question se pose à celui qui
a ainsi clairement affirmé être opposé à l’avortement et décidé à restaurer des valeurs au centre desquelles se trouve le droit à la vie.
- Savoir s‘il saura faire prévaloir la règle fondamentale du droit naturel selon laquelle « tu ne tueras pas » dans notre droit positif. Car tel n’est plus le cas aujourd’hui puisqu’en même temps que l’on autorise le droit de tuer l’enfant dans le sein de sa mère, et le malade en fin de vie, on s’interdit d’exécuter des criminels déclarés coupable à l’instar par exemple de celui qui a perpétré les crimes du 13 novembre 2015. Aucune vie n’est plus précieuse au moins précieuse que l’autre !
- Le même candidat
désigné saura-t-il imposer une politique de la vie qui n’est pas en soi
une atteinte aux droits à l’avortement consacré par la loi ? Il s’agit
simplement de proposer un vrai choix et de revenir sur les pratiques et
les législations qui aujourd’hui interdisent que l’on propose aux femmes
confrontées à l’avortement la possibilité d’un autre choix et des aides
pour les accompagner dans cette perspective.
On pourrait prendre bien d’autres exemples. Celui-ci
présente l’avantage de concerner une question éthique fondamentale. Il doit
permettre de savoir si à l’inverse de ses prédécesseurs, à commencer par
Monsieur Valéry Giscard d’Estaing qui le soutient, François Fillon sera capable
de « renverser la table » de la pensée unique et de rejeter les tabous du
conformisme en écartant tout relativisme dans l’affirmation du droit à la vie
et en rejetant le totalitarisme actuellement imposé par les tenants du droit à
l’avortement. Il en sera de même sur les questions relatives à l’enseignement,
à l’islamisme, à l’Europe pour ne citer que ces trois-là…
Rien ne permet de s’en assurer, ne serait-ce qu’en
constatant les textes que François Fillon a librement votés ces dernières
années, contre ses convictions affichées bien qu'il n'y soit pas tenu...
Une fois devenu Président de la République, sera-t-il à
ce point transcendé par la fonction qu’il saura transgresser ce qui fait
la structure même du système qui le porte et l’a porté depuis tant d’années ?
Comme l’explique remarquablement Jean Grimaldi d’Esdra dans
son livre « banalité du conformisme
» il y a deux leçons ou « règles d’or » du
conformisme qui illustrent sa force et la puissance du système qu’il sous-tend :
- Donner l’illusion
du changement sans jamais le provoquer.
- Toujours se
demander comment ne pas changer un système qui pour survivre ne doit
précisément pas changer.
À l’instar de Nicolas Sarkozy, qui nous a déjà fait le
coup de la critique de la pensée unique sans jamais remettre en cause aucun de
ses tabous, ne doit-on pas craindre que toutes ses déclarations électorales n’aient
d’autre objet que de nous donner l’illusion d’une transgression qui n’aura
jamais lieu ?
Comment ne pas craindre que, comme tous ses collègues
issus des partis politiques institutionnels dont l’existence dépend du maintien
du système conformiste actuel, tant ils sont fragilisés et remis en cause,
François Fillon ne cherche à maintenir en vie ce système idéologique sans
lequel il n’existerait pas ?
Reste cependant à espérer que par la force d’un vote
populaire et d’une véritable adhésion, cet homme qui n’a sans doute pas que des
défauts, parvienne à fendre l’armure et précisément à se transcender et à
gouverner comme il a laissé espérer qu’il le ferait encore ce soir dans son
discours !
L’avenir nous apportera très vite la réponse…
soyons optimistes
RépondreSupprimerc'est toujours moins pire que SARKO L'ESCROC