Quelle époque passionnante ! Nous assistons à la fin
d’un monde… L’élection de Donald Trump Président de ce qui fut le nouveau monde,
au cœur d’une planète en plein ébullition en est une preuve de plus !
Cette élection est selon moi le résultat d’un double
phénomène. Le Président élu a perçu l’attente de l’Amérique des périphéries,
délaissée par le développement économique mondialisé. Il a en même temps
transgressé toutes les règles du conformisme démocratique.
Donald Trump a répondu à l’attente d’une partie
majoritaire de l’électorat populaire américain, à sa manière, avec des
propositions plus ou moins critiquables et contestables, en identifiant et en
promettant de combattre les causes d’un phénomène parfaitement analysé en
France par Christophe GUILLY dans ses deux ouvrages « la France
périphérique » et « le crépuscule de la France d’en haut ». L’analogie
avec les États-Unis est une évidence.
Sa volonté de transgression a provoqué un rejet généralisé chez
nos observateurs institutionnels qui l’ont condamnée au risque de se tromper dans
leur analyse de ce vote. Le discours de Donald Trump a
transgressé toutes les règles du politiquement correct et du conformisme dans
lequel la classe politique américaine était corsetée. Or si les Américains ont
majoritairement voté pour lui ce n’est pas parce qu’ils étaient racistes,
homophobes, opposés à l’entrée sur le territoire américain des musulmans ou
encore anti-féministes à un point caricatural. Il est insupportable de les voir
traiter comme des plouks ou des « sans dents » et des êtres sans intelligence.
Ce qui est remarquable c’est par contre que ces transgressions ne les ont pas
empêchés de voter pour lui…. Où est l’erreur ? Tous ceux qui se sont
trompés avant le 8 novembre et qui prétendent maintenant nous expliquer ce vote
savamment et doctement n’en comprennent pas les raisons, parce qu’elles ne
rentrent pas dans leurs grilles d’analyses ! …
Dès lors la question est posée de savoir si la clé de son élection n’est pas due au fait que l’électorat populaire a cru dans son discours et dans son analyse parce que précisément il transgressait les règles du système...
Voilà qui nous ramène à la question du conformisme. Conformisme
par rapport à des croyances, à l’adhésion à des valeurs, à l’acceptation de principes totalement
déconnectés de la réalité sociale parce qu’artificiels et résultant d’une
idéologie. Cette idéologie du politiquement correct structurée autour de la
dénonciation des phobies de tout, au moyen desquelles le système officiel entend
interdire les atteintes aux droits des minorités telles qu’il les a créées, entretenues
et soutenues.
Le discours de Trump a consisté à refuser cette idéologie
de l’intolérance au nom de la tolérance selon les termes du philosophe libéral autrichien Karl Popper. Par son discours transgressif il a
dénoncé le rejet des phobies qui détruisent l’ordre social ; il a ainsi affirmé
sa croyance en un ordre dont le peuple sait qu’il est nécessaire à sa survie.
Ce n’est pas être homophobe que de dénoncer l’érection de l’homosexualité en
norme sociale. Ce n’est pas être islamophobe que de réfuter l’islamisme etc… Le
peuple le sait et ne s’inquiète pas du discours d’un homme politique qui
rétablit de l’ordre dans l’analyse politique. Il sait faire la part de la transgression
et du nécessaire rejet du politiquement correct qui exige une certaine forme de
violence.
Au-delà de la transgression, conscient de l’ampleur de la
tâche Donald Trump a tout de suite appelé son peuple à faire renaître les Etats
Unis d’Amérique…. Une autre chose est maintenant de savoir s’il y parviendra ;
rien ne dit qu’il sera à la hauteur du défi et le système quant à lui n’a pas
dit son dernier mot; il a plus d’un tour dans son sac….
Reste, si cela est possible, à en tirer les leçons pour
la France.
Il s’agit de réfuter un système qui est intrinsèquement
pervers dans un contexte différent et paradoxal. L’idéologie est plus forte en France
et en Europe qu’aux Etats Unis, malgré et à cause de notre histoire et des
racines de notre identité.
Le Front National a pu apparaître comme étant capable de
transgresser les règles du politiquement correct, avec des des outrances insupportables.
Il y avait chez Jean-Marie Le Pen plus une volonté de provocation que de
transgression. La volonté de sa fille de dé-diaboliser son mouvement a entraîné
le refus de la provocation, mais aussi de la transgression sur bien des sujets.
Le FN est en train de devenir un parti du système.
Tel est le défi des
prochaines élections … ou des suivantes … ou des événements qui surviendront plus tard.
Le problème pour le peuple sera de se réapproprier le pouvoir qu’on lui a enlevé.
Celui des politiques sera de revenir sur la doxa à laquelle ils adhèrent tous.
Qui sera capable de rejeter le politiquement correct et
sa volonté de nier la réalité pour imposer un désordre social vidé de toute
substance, une société transformée en une juxtaposition d’individus ne se
définissant plus que par leur « droit à avoir des droits » selon la
formule d’Hannah Arendt ?
Qui sera notre Donald Trump ?
Les "outrances insupportables" de Jean-Marie Le Pen ne sont en fait que des informations rappelées aux censeurs qui les ignorent. JMLP a révélé aux français des faits soigneusement occultés par le système.
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