dimanche 17 mai 2026

LEGALISATION DE L'EUTHANASIE: IL EST ENCORE TEMPS DE S'OPPOSER !

Le projet de loi légalisant l’euthanasie est sur le point d’être adopté par le Parlement. Mais rien n'est encore fait. Ce texte constitue une rupture de civilisation injuste, illégitime et inacceptable. L’heure n’est plus aux accommodements, mais à l’opposition la plus ferme; non pas seulement pour des raisons religieuses mais anthropologiques et autant politiques que juridiques.


Sous des vocables apaisants et lénifiants — « aide à mourir », « fraternité », « ultime liberté » — ce texte n’opère pas un progrès, mais une régression. Il introduit dans notre droit et dans notre médecine un principe dévastateur : celui selon lequel provoquer délibérément la mort n’est plus un crime mais devient une réponse légitime à la vulnérabilité humaine et serait une forme de « soin » en même temps que l'expression d'une liberté ultime.

Parler de « loi de fraternité », comme s’y essaie le pouvoir, constitue une inversion sémantique particulièrement perverse. La fraternité véritable consiste à protéger, accompagner et soulager le plus fragile ; elle ne consiste pas à organiser juridiquement la possibilité de sa suppression. Ce vocabulaire compassionnel masque mal la réalité brute du projet : la possibilité, reconnue par l’État, qu’une vie humaine puisse devenir médicalement susceptible d’être interrompue. Ce mensonge trahit les intentions réelles de ce texte qu’un gouvernement et un parlement pourtant incapables de gouverner le pays  veulent adopter - n’ont-ils pas plus urgent à faire? L'excitation de la Présidente de l'Assemblée Nationale au sujet du vote de ce texte en est presque inquiétante....

Je vous invite si vous en avez le temps à visionner ce débat entre Raphaël Enthoven et Claire Fourcade:

https://www.youtube.com/watch?v=wRNxPtQBbkk

Il m’a aidé à y voir clair tant le philosophe, sous une apparence policée, est dans l’excès et la caricature et la médecin maître de son sujet est dans la mesure et la justesse.

Cette loi, à la fois permissive et inutile, traduit en réalité le renoncement d’une société qui ne sait plus donner une place à la dépendance, à la souffrance et à la finitude.

I. L’imposture de la « liberté ultime » et le piège de l’arbitraire

Les promoteurs de l’euthanasie échafaudent leur projet sur une confusion philosophique majeure entre la liberté souveraine et le droit à l’autodestruction.

La liberté comme accomplissement, non comme abolition

Dans la tradition philosophique classique, la liberté n’est pas une pure puissance de décision détachée de toute finalité, un libre arbitre sauvage s’exerçant dans le vide. La liberté est la capacité de vouloir un bien. La liberté n’est pas la faculté de se détruire ni de choisir le néant ; or la mort terrestre est le néant.

Utiliser sa liberté pour s’anéantir constitue un contresens logique et métaphysique : c’est abolir définitivement le sujet même de la liberté. Incohérent.

Du droit imaginaire au pouvoir médical réel

Le prétendu « droit de choisir sa mort » est une illusion abusive. Si le choix de mourir constituait une liberté fondamentale, elle s’exercerait sans entrave ni condition. Or la loi prévoit un arsenal de critères — pronostic vital engagé, souffrance jugée insupportable, discernement. 

Le paradoxe est évident : le malade ne décide de rien ; il demande. Et il revient à un tiers — le médecin — d’interpréter des notions floues, d’évaluer la douleur et d’octroyer ou non le droit de mourir. La loi prétend consacrer l’autonomie du patient ; elle institue en réalité un pouvoir d’autorisation exorbitant confié à des médecins dont ce n’est pas le métier de « tuer ».

Le médecin se retrouve ainsi sommé de prendre une décision qui n’est plus un diagnostic sur la base de critères qu’aucune loi ne pourrait objectivement définir comme Claire Fourcade le montre parfaitement.

Ce qui montre que même en acceptant les présupposés notamment stoïciens invoqués par les défenseurs du texte, la loi détruit la liberté qu’elle prétend reconnaître. Une liberté conditionnée par des critères médicaux, interprétatifs et évolutifs n’est plus une liberté.

La porte ouverte à l’arbitraire

Ce mécanisme assujettit la vie à l’arbitraire. Deux patients souffrant de pathologies identiques recevront des réponses différentes selon la sensibilité éthique du praticien, la région ou l’établissement. Comment mesurer par exemple objectivement le « discernement » d’un être brisé par la solitude ou la perspective de la déchéance ?

En fondant la loi sur des critères subjectifs et évolutifs, le législateur condamne le système à l’iniquité et prépare l’élargissement inévitable des conditions initiales. La boîte de Pandore une fois ouverte, l’extension des critères deviendra inévitable quelles que soient les déclarations d’intention proclamées.

II. La subversion de la médecine : tuer n’est pas soigner

Cette loi est fondamentalement inutile car notre arsenal juridique — notamment la loi Claeys-Leonetti — permet déjà d’éviter l’acharnement thérapeutique et de pratiquer la sédation profonde et continue face aux souffrances réfractaires. Elle tient cette ligne de crête éthique : ne pas abréger la vie, ne pas prolonger l’agonie.

Le manque d’accès aux soins palliatifs dans nos territoires n’est pas un problème législatif ; c’est une faillite budgétaire et politique. Répondre à une carence de soins par une offre de mort constitue un aveu d’impuissance politique.

Le déni de l’acte médical

La dérive sémantique atteint son paroxysme lorsque Raphaël Enthoven affirme dans la logique de ceux qui soutiennent ce texte que « donner la mort serait le soin par excellence ». C’est, quoi qu’il veuille bien en dire, l’annihilation sémantique du serment d’Hippocrate.

Le soin a pour essence de guérir, soulager, protéger et préserver les conditions d’existence. Il exige que le patient vivant demeure le sujet de l’acte médical. L’euthanasie procède à l’exact inverse : elle supprime le sujet pour supprimer le problème.

  • Le soin agit malgré la mort et jusqu’au bout.
  • L’euthanasie agit par la mort et comme terme.

Faire entrer le geste létal dans le catalogue des soins modifie irréversiblement le rôle du médecin. Il cesse d’être le garant inconditionnel de la vie pour devenir celui qui autorise la mort. Il instaure une rupture du pacte scellé sur la confiance entre le malade et le médecin.

Claire Fourcade a rappelé que les soignants les plus confrontés à la fin de vie sont majoritairement hostiles à cette loi. Ce fait devrait suffire à nous inquiéter.

III. Le projet sous-jacent : une société de l’exclusion des vulnérables

Le fond du problème est anthropologique. Cette loi révèle la panique d’une société utilitariste face à la fragilité, à la dépendance et à la finitude humaine.

Le précédent de la « mort miséricordieuse »

L’histoire a montré qu’une digue éthique ne se rompt qu’une fois. Lorsqu’une société admet qu’une vie peut être interrompue au nom de son absence de perspectives, elle introduit un critère d’indignité de l’existence.

Les lois hitlériennes de 1933 parlaient déjà de « mort miséricordieuse » (Gnadentod). Les intentions ne sont évidemment pas comparables ; la structure logique, elle, mérite d’être regardée avec gravité.

Michel Houellebecq peut ainsi dénoncer une loi contraire à la dignité humaine au motif que « la dignité, c’est parce qu’on est humain » — sans distinction.

La violence du message implicite

Légaliser l’aide à mourir, c’est envoyer un signal d’une violence inouïe aux plus vulnérables. La pression qui s’exercera sur eux ne sera pas administrative ; elle sera psychologique, affective et sociale.

Dans une société vieillissante où le soin coûte cher, la personne âgée, isolée ou lourdement dépendante intériorisera rapidement l’idée qu’elle constitue une charge pour ses proches et pour la collectivité.

L’euthanasie, présentée comme un droit, deviendra insensiblement un devoir moral de s’effacer.

Conclusion : l’impératif du refus

Ce texte n'est pas un progrès bénéfique. Il installe l’arbitraire au cœur de la médecine, pervertit le soin et propose la mort là où la République devrait déployer la solidarité.

Il le fait au moyen d’inversions morales et sémantiques : « fraternité », « soin ultime », « aide à mourir ».

Une civilisation ne se grandit pas en éliminant les souffrants, mais en combattant la souffrance. 

Elle perd sa légitimité en instaurant le droit de donner la mort alors que son objet est d’optimiser les conditions de la vie.

Une société véritablement fraternelle ne répond pas à la détresse par une injection létale, mais par la présence, la dignité et le soin.

Ce texte doit être refusé pour des raisons médicales, politiques, philosophiques et religieuses.

Nous devons nous mobiliser. Il est encore temps !

Par exemple en signant cette pétition: https://stop-euthanasie.fr/!

 

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