Ce soir, face aux développements des affaires de violences sexuelles sur nos enfants, j’ai mal à ma France.
Il faut donc
toujours toucher le fond pour que les esprits s’émeuvent.
Nous y
sommes.
Ce sont des visages d’enfants, des cris d’enfants qui nous interpellent.
Réveillez-vous
de votre torpeur, de votre indifférence, de votre lâcheté. On nous fait du mal.
On nous viole. On nous tue ! Au secours !
Oui, les
victimes sont les plus innocentes qui soient. Nous assistons à un nouveau
massacre des innocents. J’ai lu cela dans la Bible. Mais qui
l’ouvre encore ? Qui la lit encore ?
Nos enfants
sont maltraités, violés, tués par des monstres. J'i honte.
Il nous faut
un cas emblématique, une accumulation de lâchetés, de dysfonctionnements et
d’impuissance de l’État pour qu’enfin nous ouvrions les yeux. Mais
réalisons-nous vraiment ce dont ces cris, ces souffrances, ces traumatismes,
ces crimes d’enfants nous accusent ?
Nous sommes
dans un état de léthargie, d'inconscience, fruit de la banalisation du mal.
Ces enfants
nous rappellent violemment les exigences de la morale élémentaire, celle du bien et du mal, que
nous refusons désormais de nommer. Ils paient le prix de notre irresponsabilité
collective.
Harcèlement
sur les réseaux sociaux, sans contrôle. Harcèlement physique par des adultes
lâchés comme des fauves sur des proies abandonnées. Harcèlement médiatique
d’une indécence sexuelle qui envahit les films, les publicités, les écrans et
les esprits.
Du sexe. Toujours du sexe. Partout. Tout le temps. Sans restriction.
Il faut des enfants martyrisés pour nous réveiller de notre sommeil de repus, de jouisseurs, de consommateurs rassasiés.
Quelle lâcheté.
Quelle indignité.
Ce soir, j’ai envie d’écrire avec Antoine de Saint-Exupéry que je déteste mon époque. Que je la hais.
L’homme y meurt de soif.
Oui, l’homme y meurt d’une surdose de jouissance, de sexe, de violence ; de tout ce que l’on nous présente depuis soixante ans comme les joyaux de la liberté alors qu’il ne s’agit que des affres de la servitude.
Nous avons tout inversé.
Nous avons tout dénaturé.
Nous avons oublié ce que Camus nous rappelait : Un homme, ça s’empêche.
Nos élites
nous ont convaincus du contraire.
Non, il ne faudrait pas s’empêcher. Il faudrait tout s’autoriser. Ne rien retenir. Ne rien réprimer.
Et quand
l’un d’entre nous va trop loin, il faudrait le soigner non le sanctionner.
Mais c’est
nous qu’il faut soigner !
Nous sommes malades. Malades d’une pandémie de sexe, de violence et de drogue.
Oui, Monsieur le Président de la République, c’est la guerre. Une vraie guerre. Or il n’y a pas d’armée pour nous défendre.
Nous sommes
désarmés. Impuissants.
L’heure est à la lamentation, à l’indignation, à la condamnation.
Soit.
Mais
serons-nous capables d’identifier le mal qui nous ronge ?
Je crains
que non.
Car nous
refusons d’entendre que le mal est dans notre cœur. C’est là qu’il veille. En
chacun de nous.
On nous a
convaincus, au nom des vieux délires rousseauistes, que le mal venait de la
société.
Non.
Il est en chacun de nous. La société n’y est pour rien.
Il lui
revient en revanche de créer les conditions vertueuses qui nous aident à nous
empêcher ; non de solliciter sans cesse nos penchants les plus pernicieux.
Bien sûr, nous ne sommes pas tous des salauds. Mais ils sont de plus en plus nombreux.
Et force est
de constater que notre système éducatif, notre système judiciaire et notre
système culturel sont en état de faillite en plus d’être désarmés moralement.
À cela
s’ajoute le fait que, comme toutes nos institutions, la Justice souffre du
manque de moyens, de la démoralisation, du laisser-aller, de l’idéologie et
d’une culture antirépressive profondément enracinée.
Compte tenu
de l’état de nos finances publiques, il est illusoire d’espérer que nous nous
donnions rapidement les moyens dont disposent les pays qui nous entourent.
Il n’y aura donc pas de solution immédiate. Sauf à prendre des décisions drastiques dans la gestion des contentieux et la définition des priorités pénales.
On peut
suspendre bien des poursuites qui ne concernent pas directement la sécurité du
quotidien.
On peut
aussi demander aux magistrats du pôle financier de laisser un moment les
responsables politiques pour se mettre au service de ceux qui pleurent et
attendent que justice leur soit rendue.
Mais le plus
grave est ailleurs.
L’institution judiciaire elle-même a été démolie. Son autorité a été démantelée.
Il suffit d’écouter les déclarations répétées de notre ministre de la Justice pour s’en convaincre. Lui aussi est impuissant. Chef d’un parquet sur lequel il n’exerce plus d’autorité réelle, effective. Un chef d’opérette !
Nous avons
tout confondu.
L’indépendance
du juge du siège est indispensable.
L’indépendance
du parquet est d’une autre nature.
Les
procureurs sont chargés d’engager et de conduire l’action publique. Il n’est
pas normal qu’ils puissent déterminer seuls les priorités de cette action,
surtout lorsque l’on connaît le degré de politisation qui traverse une partie
de la magistrature.
De même, la
création de passerelles entre le siège et le parquet fut une erreur ; il
est anormal que des magistrats fassent leur carrière au siège comme au parquet.
Autrefois, ces
passerelles n’existaient pas.
Il existait un moyen simple de prévenir toute inertie du parquet : permettre aux parties civiles, sous certaines conditions, de déclencher elles-mêmes l’action publique lorsque le ministère public s’y refusait. Ainsi, il n’y avait pas de trou dans la raquette.
Aujourd’hui,
nous avons un ministre qui ne peut plus mener les actions qu’il estime
nécessaires pour assurer la sécurité des Français, alors même que cette mission
relève de l’une des fonctions régaliennes essentielles de l’État. Les
instructions qu’il donne de manière générale n’ont aucun impact direct.
Quant aux dysfonctionnements révélés par ces affaires, ils ne sont que les symptômes des maux qui rongent l’ensemble de la cité. Bien sûr qu’il faut les éclaircir.
Mais le problème de fond est ailleurs. Il faut réarmer l’État dans la conduite de la politique pénale.
Il faut
aussi mieux former les magistrats et rappeler à leurs organisations syndicales
qu’elles ne sont pas là pour faire de la politique. Il est scandaleux que le Syndicat
de la Magistrature puisse faire ce qu’il fait ! Il a même fait deux pieds
de nez successifs aux deux derniers Gardes des Sceaux lors de leur nomination
sans que rien ne s’en soit suivi !
C’est à
l’État qu’il revient de faire de la politique et au nom de cette politique de
demander à ses parquets de faire ce que l’Etat pour assurer la sécurité des
Français.
Ce soir,
j’ai mal à ma justice.
C’est une
autre manière d’avoir mal à ma France.
J'ai honte.
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Je pense qu’à ce stade, outre le problème majeur du manque patent de moyens (mais où trouver l’argent… sous enveloppe d’un budget en déficit depuis 50 ans ?), la solution pourrait (devrait ?) passer par la suppression de l’école de la magistrature et la refonte complète du cursus des magistrats. Le système en cours pourrait céder la place à une magistrature d’expérience (Royaume-Uni, États-Unis, Canada) : on devient d’abord avocat, puis juge après une carrière juridique significative.
RépondreSupprimerEn corollaire, je crois que l’interdiction pour les syndicats de faire de la politique, voire à l’instar des militaires de carrière, l’interdiction de se syndiquer, apporterait une garantie supplémentaire de réelle indépendance de la Justice.
Cette question sera-t-elle au cœur de la prochaine campagne présidentielle ? Malheureusement j’en doute…
Au stade où nous en sommes, je crois qu'il faut envisager que nous sommes gouvernés par un noyau de #CriminelsSataniques pour qui le "sacrifice d'enfants" est une démarche naturelle pour satisfaire "leur dieu maléfique : SATAN". C'est la seule explication à la multiplicité des crimes et trahisons contre la France et les Français, mais surtout contre les enfants..!!
RépondreSupprimerCe n'est pas un problème de moyens financiers, de l'argent il y en a
RépondreSupprimerOn en trouve pour l'Europe ,l'Ukraine, la Defense ...
Nos enfants valent ils moins ?
C'est un problème de volonté politique pour refondre totalement la justice
Ça ne peut pas venir d'un avocat pénaliste ou d'un futur candidat à la présidentielle ,qui ,surtout ,ne veulent pas faire de vagues qui nuieraient à leur carrière !
Il y aura donc ebcire des drames...