mardi 7 avril 2015

PAQUES ET LA MODERNITE

L’heure est à l’espérance, dans la Foi de Pâques. Notre époque moderne qui n’y croit plus peut-elle en tirer des leçons?

L’homme a ses limites. La déception et la colère emportent notre jugement sur l’actualité, comme si nous attendions trop de ce monde convaincu de sa puissance et de sa capacité à tout maîtriser. Notre rancœur est à la mesure de notre attente, et d’un optimisme aussi béat qu’il se transforme en pessimisme dès le premier échec. Nous croyons en la capacité affichée à construire le bonheur, le paradis sur terre. Souvenez-vous du rêve du socialisme de 1981. Ce rêve est une folie.  Son apparente rationalité est un mirage !

Sa prétention est à l’image de celle Pierre affirmant à Jésus qu’il ne le renierait pas….Et le coq chanta !

La folie inverse, ancrée dans l’humilité, est de tout miser sur la certitude de notre impuissance et sur la seule vraie puissance de la grâce, à l’image de Pierre après la résurrection, l’ascension et la pentecôte et de celle de ces pleutres apôtres devenus des martyres fondateurs. Pierre, le pêcheur incapable de la plus élémentaire fidélité, deviendra le socle sur lequel Jésus construira son Eglise. La folie était de croire que cette équipe de pêcheurs dans tous les sens du terme, puisse transformer le monde comme elle le fit. La folie était de faire confiance en cet homme qui prétendait rebâtir le temple en 3 jours.

La folie est dans la confiance faîte en la main invisible qui maîtrise tout, en même temps qu’en la capacité de l’homme d’être l’humble artisan de son destin.

Le miracle est dans la grâce, et la grâce se couche dans le lit de l’humilité; ce lit dont les draps sont tissés par les vertus magnifiées du Christianisme.

La leçon de Pâques pour nous aujourd’hui est dans la simplicité de l’abandon et la force de l’action au service du royaume qui n’est pas de ce monde ; ce que Pilate n’a pas compris en artisan bien involontaire et inconscient de cette gageure à l’échelle de l’humanité !

Et pour cela il n’est pas nécessaire de croire, l’adhésion personnelle relevant du mystère de la vie de chacun. Par contre, à partir du moment où l’on admet que l’on ne peut pas tout, que la victoire relève d’un autre ordre et d’une autre dimension, l’homme devient capable de réussir ce qu’il sait humainement impossible. L’inverse de la prétention moderne. Il ne s’agit plus de vouloir bâtir le bonheur mais de le rendre possible. Il faut savoir mettre sa rationalité au service de son oeuvre et de ne plus en faire son oeuvre...

Pâques et l'aventure aussi humaine que divine qui s'en est suivie nous révèlent que la confiance en notre destinée et la conscience de nos limites nous font défaut, que la volonté de mettre en œuvre des moyens sages, humainement adaptés nous manque, que la sagesse et l’humble poursuite des besoins de l’homme nous sont étrangères par excès de certitude et de recherche aveugle d’un bonheur galvaudé et dévalué.

Et que le succès, comme la victoire nous seront donnés par surcroît de manière aussi inattendue que méritée…

Joyeuses Pâques !













1 commentaire:

  1. L'esprit de Pâques mis en situation dans notre société actuelle,merci pour ce partage.
    cependant la phrase suivante m'a déconcentré un moment
    " Le miracle est dans la grâce, et la grâce se couche dans le lit de l’humilité, garni par le drap des vertus magnifiées"
    sans ironie aucune : Bravo !!


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