L’heure est à l’espérance,
dans la Foi de Pâques. Notre époque moderne qui n’y croit plus peut-elle en tirer des
leçons?
L’homme a ses limites. La
déception et la colère emportent notre jugement sur l’actualité, comme si nous
attendions trop de ce monde convaincu de sa puissance et de sa capacité à tout
maîtriser. Notre rancœur est à la mesure de notre attente, et d’un optimisme
aussi béat qu’il se transforme en pessimisme dès le premier échec. Nous croyons
en la capacité affichée à construire le bonheur, le paradis sur terre.
Souvenez-vous du rêve du socialisme de 1981. Ce rêve est une folie. Son
apparente rationalité est un mirage !
Sa prétention est à l’image
de celle Pierre affirmant à Jésus qu’il ne le renierait pas….Et le coq chanta !
La folie inverse, ancrée
dans l’humilité, est de tout miser sur la certitude de notre impuissance et sur
la seule vraie puissance de la grâce, à l’image de Pierre après la
résurrection, l’ascension et la pentecôte et de celle de ces pleutres apôtres devenus
des martyres fondateurs. Pierre, le pêcheur incapable de la plus élémentaire
fidélité, deviendra le socle sur lequel Jésus construira son Eglise. La folie
était de croire que cette équipe de pêcheurs dans tous les sens du terme,
puisse transformer le monde comme elle le fit. La folie était de faire
confiance en cet homme qui prétendait rebâtir le temple en 3 jours.
La folie est dans la
confiance faîte en la main invisible qui maîtrise tout, en même temps qu’en la
capacité de l’homme d’être l’humble artisan de son destin.
Le miracle est dans la grâce,
et la grâce se couche dans le lit de l’humilité; ce lit dont les draps sont tissés par les vertus
magnifiées du Christianisme.
La leçon de Pâques pour nous
aujourd’hui est dans la simplicité de l’abandon et la force de l’action au
service du royaume qui n’est pas de ce monde ; ce que Pilate n’a pas
compris en artisan bien involontaire et inconscient de cette gageure à l’échelle
de l’humanité !
Et pour cela il n’est pas
nécessaire de croire, l’adhésion personnelle relevant du mystère de la vie de
chacun. Par contre, à partir du moment où l’on admet que l’on ne peut pas tout,
que la victoire relève d’un autre ordre et d’une autre dimension, l’homme
devient capable de réussir ce qu’il sait humainement impossible. L’inverse de
la prétention moderne. Il ne s’agit plus de vouloir bâtir le bonheur mais de le
rendre possible. Il faut savoir mettre sa rationalité au service de son oeuvre et de ne plus en faire son oeuvre...
Pâques et l'aventure aussi humaine que divine qui s'en est suivie nous révèlent que la confiance en notre
destinée et la conscience de nos limites nous font défaut, que la volonté de mettre
en œuvre des moyens sages, humainement adaptés nous manque, que la sagesse et l’humble
poursuite des besoins de l’homme nous sont étrangères par excès de certitude et de recherche aveugle d’un bonheur galvaudé
et dévalué.
Et que le succès, comme la victoire
nous seront donnés par surcroît de manière aussi inattendue que méritée…
Joyeuses Pâques !
L'esprit de Pâques mis en situation dans notre société actuelle,merci pour ce partage.
RépondreSupprimercependant la phrase suivante m'a déconcentré un moment
" Le miracle est dans la grâce, et la grâce se couche dans le lit de l’humilité, garni par le drap des vertus magnifiées"
sans ironie aucune : Bravo !!