Fidèle à la doxa déjà
acceptée par ses prédécesseurs notre Président de la République vient une
nouvelle fois à l’occasion de son voyage aux Antilles de sacrifier au dogme du
progrès, de l’humanité en marche vers le nirvana.
« La seule dette qui doit être réglée aux
descendants d'esclaves est de faire avancer l'humanité ».
« En ces temps troublés, où ceux qui ne voient pas
l'avenir veulent trouver refuge dans le repli, le rejet, la haine de l'autre ».
D’après le Figaro François Hollande
devrait à nouveau bientôt livrer sa conception de l'histoire, «non une nostalgie mais une force pour se
projeter vers l'avenir».
Avancer. Se projeter vers l’avenir.
Faire avancer l’humanité, mais vers où ?
Le rêve toujours le rêve !
Le même que celui proclamé il y a 24 ans par François Mitterrand lors de son
élection.
Au même moment Jean-François Kahn
tenant une conférence devant le Grand Orient se désolait que l’utopie soit
devenue un mot tabou. Tout se tient. L’utopie selon Kahn est le mirage qui
dirige les pas de l’humanité en marche selon Hollande.
Or selon son inventeur-Thomas
More-l’utopie n’a rien à voir avec les idéologies modernes qui ont soumis des
multitudes à un totalitarisme intellectuel imposé de force par l’Etat. Elle se
nourrissait de sa filiation dans des principes fondamentaux, non pas abstraits
et issus du dernier intellectuel ou bureaucrate venu, mais déterminés à partir de
la loi naturelle. Cette loi fondée sur la nature universelle de la personne humaine douée de
raison – différente de l’homme sacralisé- dont le fruit est la liberté
inamissible de l’esprit de l’homme. Voilà qui nous éloigne des droits de l’homme érigés en
absolu à partir du néant….
Le même Thomas More qui incarnera la conscience de l’homme politique dans ce qu’elle a de plus fort, le conduisant au sacrifice de sa propre vie pour ne pas transiger avec ses exigences.
Le même Thomas More qui incarnera la conscience de l’homme politique dans ce qu’elle a de plus fort, le conduisant au sacrifice de sa propre vie pour ne pas transiger avec ses exigences.
La force de son œuvre se
trouve dans le dynamisme spirituel qui la porte. C'est en lui que réside la
fonction utopique elle-même, qui est de transcender le temps. Et non pas de
voir dans le temps un facteur de progrès systématique sous le prétexte
fallacieux, trompeur et destructeur que demain sera meilleur qu’hier, et qu’il
suffirait en politique de faire avancer l’humanité ! A force de sortir des soi-disant ténèbres de la préhistoire nous ne cessons de semer le malheur….
Cette marche forcée, à coups
de repentance, d’idéologie, de bons sentiments, de fausse générosité, de
condamnations sentencieuses est le lit des totalitarismes modernes. Sacrifier
la réalité au rêve d’une utopie révolutionnaire.
Elle est révolutionnaire au
plus mauvais sens du terme en ce qu’elle soumet l’homme, et donc l’humanité
pourtant mise en avant, à une abstraction fruit de la réflexion fantasmée de
ceux qui plongent dans l’ivresse du pouvoir leur seule raison d’être….
C’est une autre révolution
qu’il nous faut ; celle du bon sens, du réalisme, de la soumission à ces
lois fondamentales de l’humanité seules capables de la libérer de la servitude,
par la transcendance et la modestie plutôt que par le déni et la prétention.
Je rêve d’un Président
modeste et pragmatique….
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Commentez cet article et choisissez "Nom/URL" ou Anonyme selon que vous souhaitez signer ou non votre commentaire.
Si vous choisissez de signer votre commentaire, choisissez Nom/URL. Seul le nom est un champ obligatoire.