Alep, toujours Alep ! Influencés
par la campagne médiatique occidentale, horrifiés par le désastre que provoquent
la guerre et les insupportables drames humains qu’elle engendre , nous nous
posons la question de savoir si il ne faut pas condamner l’acharnement apparent
du président Bachar al-Assad et de la Russie à vouloir éradiquer toute forme de
résistance armée dans Alep Est, comme on essaie de nous en convaincre. Et, l’exercice de son droit de veto au conseil
de sécurité de l’ONU par la Russie nous met mal à l’aise… comme si cette
dernière refusait toute forme de contrôle destiné à garantir l’évacuation des
populations civiles…
La France qui est en
première ligne, et l’ONU, tentent d’imposer la paix alors que la guerre n’est pas
terminée. En soi, toute œuvre pour la paix est louable et légitime ; la
paix étant un bien supérieur à la guerre.... Rien ni personne ne peut se réjouir
de la poursuite d'une guerre. Sauf que la paix nécessite que des conditions soient réunies,
comme l’histoire de tous les conflits armés le démontre. Or personne ne se pose
la question de savoir si ces conditions sont réunies ! Faisant preuve d’un manichéisme angélique, nous
voulons imposer une politique moralisatrice parce que "la paix c’est bien
et que la guerre c’est mal". Or tels ne sont pas, et ne peuvent pas être les termes de la problématique. Cette vision réductrice est fausse et irréaliste.
Il n’y rien d’étonnant à
cela car sous couvert de ce combat moral, comme les États-Unis et une majorité
de la communauté internationale, notre pays soutient paradoxalement les forces
dites rebelles qui ne sont en réalité que des mouvements islamistes
révolutionnaires assimilables à l’État Islamique. Pour des raisons qui tiennent
à des considérations de géopolitique que j’avais précédemment évoquées dans un
premier billet[1],
nous avons décidé d’emboîter le pas des États-Unis et de soutenir ces forces
rebelles et leurs alliés islamiques qui s’opposent à l’État syrien. Souvenons-nous
que pour l’une d’entre elles - Al Nostra - notre « regretté ministre des
affaires étrangères » Laurent Fabius déclarait qu’elle « faisait du
bon boulot ». Notre nouveau premier ministre est exactement sur la même ligne!
Ces mouvements islamistes - qui, comme l'Etat Islamique nous font la guerre -ont
utilisé les forces rebelles opposées au pouvoir de Bachar El Assad pour ouvrir
un front sunnite en Syrie. L’État syrien s’oppose à des forces qui sèment la
terreur dans le monde entier au même titre que l’État islamique. Des forces qui
agissent ouvertement en faveur du rétablissement de la charia et de loi islamique.
Vous n’aurez pas manqué de
relever comme moi que les médias occidentaux ne parlent que des forces rebelles
sans évoquer leurs liens avec les mouvements islamiques par ailleurs soutenus
par le Qatar ou l’Arabie Saoudite, et la participation active et directe
de ces derniers au conflit dont elles sont les premiers responsables.
Au-delà de cette
présentation déjà trompeuse, les médias occidentaux et la communauté
internationale sont les auteurs d’une véritable campagne de désinformation sur
ce qui se passe réellement. Dénoncer cette campagne de désinformation ne
revient pas pour autant à cautionner le président Bachar El Assad ou la
politique de Vladimir Poutine en tant que telle, et dans l’absolu à faire d’eux
des lauréats de la paix dans le monde. Mais, à l’inverse il ne s’agit pas non
plus et il ne doit pas s’agir de leur attribuer des responsabilités qui ne sont
pas les leurs et de nier la réalité de leur combat contre des forces qui sont nos propres ennemis!
Il faudrait être totalement
naïf pour s’imaginer que la désinformation n’existe pas. En matière militaire
elle fait partie du « b a ba » de la stratégie. Rappelons-nous ce qui
se produisit à l’occasion de la guerre du Vietnam et du Cambodge.
Souvenons-nous encore des manipulations mensongères dont les États-Unis se sont
rendus coupables pour justifier leur deuxième intervention en Irak.
Cessons d’être crédules!
De manière à illustrer cette
analyse, j’ai sélectionné un certain nombre de liens que je vous propose de
consulter de manière à vous faire votre propre point de vue.
Tout d’abord, l’excellente
analyse de Roland Hureaux en date du 1er novembre particulièrement
en ce qui concerne l’exercice du droit de veto russe et chinois au conseil de
sécurité :
Ensuite cette percutante
intervention d’une journaliste canadienne répondant à l’interrogation que nous
partageons sur les raisons de cette campagne de désinformation :
D’autre part plusieurs liens
avec des sites qui dénoncent cette désinformation, l’analysent et l’expliquent
:
Enfin, cette interview du
Père Ziad Hilal :
A vous de juger !
Semper idem….
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