dimanche 3 février 2019

BELLAMY, HIRONDELLE OU BREBIS LÂCHÉE PARMI LES LOUPS?


Nos pouvoirs européens sont dans le déni au risque de nous exposer à tous les dérapages face à des politiques sans vergogne ni compétences qui sont aux aguets. Toutefois la vie politique française voit l'émergence d'un nouveau venu en la personne de François-Xavier Bellamy dont on peut se demander si comme l'hirondelle il fera ou ne fera pas le printemps...





Trois faits d'actualité pour commencer et illustrer la situation inquiétante dans laquelle nous sommes.

Déni de souveraineté. La dramatisation entretenue autour du "brexit" depuis le référendum britannique. Les Européens continuent de jouer à se faire peur. Face à un phénomène inéluctable, et à quelques semaines de sa survenance, nous sommes abreuvés d’informations sur le drame qui s’annonce. S’agit-il des conséquences soi-disant catastrophiques de la sortie dure de la Grande-Bretagne de la communauté européenne ?  Ne s’agit-il pas au contraire de la crainte qu’il n’en soit pas ainsi… Auquel cas, la boîte de pandore serait définitivement ouverte laissant ainsi le libre cours à l’exercice des souverainetés nationales.

Déni d’Etat. Un extrait de l’éditorial de Jacques Julliard dans Marianne de cette semaine qui résume ce que je pense : « j’ai beau être démocrate, je ne pense pas que ce soit à l’automobiliste de rédiger le code de la route, pas plus qu’il n’incombe au contrebandier de fixer les droits de douane. Quand la volonté du peuple est un pavillon de complaisance pour camoufler l’individualisme le plus débridé, c’est que quelque chose ne fonctionne plus dans la démocratie ». Tout est dit sur le déni de démocratie ou le retournement démocratique auquel nous allons assister avec par exemple un futur référendum pour savoir s’il faut baisser la TVA sur les produits de première nécessité !

Déni de pouvoir. Encore un numéro d’un grand hebdomadaire de la semaine, l’Express, sur l’intelligence artificielle avec un papier concernant le dernier livre de Laurent Alexandre et de Jean-François Copé à propos de la confiscation du pouvoir par l’intelligence artificielle, idée déjà développée par Antoine Garapon dans son livre sur la justice digitale. Le pouvoir a été appréhendé par les géants de l’économie numérique dans un monde livré au libre-échange et au capitalisme financier triomphant à l’échelle de la planète ; nous privant ainsi de la plupart de nos prérogatives et vidant de ce fait notre souveraineté de sa consistance…

Populisme ou pas, les peuples ne sont décidément pas à la fête ….

Les britanniques sont soumis à une insupportable guerre psychologique depuis qu’ils ont décidé de commettre le crime de lèse-majesté de rejeter la construction ubuesque de Bruxelles. Tout aura été tenté pour les mettre au pas et en même temps nous plonger dans la psychose. Cette construction européenne a décidément une singulière considération pour les peuples…. Elle est trop sûre de détenir les clés de leur bonheur !

La France quant à elle ne sait plus quoi faire de son peuple… « L’Etat en marche » s’apprête à lui déléguer ou lui abandonner tout ou partie de ses prérogatives, lui tendant ainsi un piège mortel... Il est maintenant question de démocratie délibérative ! Qu’est devenue la politique, cet art oublié de la direction et de la gestion de l’Etat ?

Pendant ce temps l’intelligence artificielle et les puissants acteurs économiques qui la développent continuent de se soumettre les peuples en tissant leur toile et d’installer leur pouvoir au nez et à la barbe de citoyens et de gouvernants médusés, hypnotisés par l’apparence de la facilité et de la puissance qu’elle leur fait miroiter…

Les peuples sont devenus un problème, un empêchement, une cible, un marché. En clair, ils sont le sujet de l’exercice des pouvoirs de la structure bruxelloise, de la technocratie ou des acteurs économiques. Ils ne sont plus l’objet de l’exercice du pouvoir. Celui-ci n’est plus exercé dans leur intérêt. Les institutions et ceux qui les incarnent n’ont pas pour raison d’être de les servir en recherchant leur bien à travers la difficile et délicate poursuite du bien commun qui ne se réduit pas à l’addition ou la synthèse des intérêts individuels.

Dans ce contexte qui exige un retour du Politique dans toute sa noblesse, je suivrai pour ma part avec le plus grand intérêt le parcours de François-Xavier Bellamy chez des républicains en recherche d'identité à la suite du désastre Fillon. J’ai salué à plusieurs reprises la haute qualité de ses analyses de notre société et de ses problèmes. Un indice du risque qu’il incarne pour ceux qui vivent ou s’illusionnent du système que je viens de décrire, nous est donné par les attaques dont il est l’objet sur sa personne et ses convictions, alors qu’il incarne précisément une approche de la politique inspirée par des principes chrétiens qui dépassent la personne de celui qui exerce le pouvoir. Vous savez:
  • cette idée que la fonction dépasse et transcende celui qui l’exerce, 
  • ou encore cette exigence supérieure d’une séparation du pouvoir temporel de toute espèce de pouvoir spirituel ou culturel foulée aux pieds par un système qui se targue de renvoyer les croyants dans leurs églises tout en s'inclinant devant le soi-disant sentimentalisme religieux des musulmans, 
  • ou enfin cette humilité de tout chef à qui on rappelle qu’il n’aurait aucun pouvoir s'il ne lui avait été donné d'en haut.

Sera-t-il, comme on peut le craindre, une brebis lâchée au milieu des loups ? 

Ou alors incarnera-t-il le début d’une possible renouveau dont les étapes seront nombreuses et ne s’arrêteront pas à sa seule personne ? 

Une hirondelle ne fait pas le printemps mais elle l’annonce… Nous verrons…






2 commentaires:

  1. Peut-être effectivement en rajoute-t-on un peu en ce qui concerne les conséquences du Brexit, mais demande donc - par exemple - aux pêcheurs bretons ce qu'ils pensent de la fermeture de l'accès aux eaux britanniques...
    Décidément Bernard, tu sembles être peu convaincu par l'Europe...
    je vais te faire une confidence, moi pas davantage, mais je pense pour autant qu'il ne faut pas confondre l'Europe telle qu'elle est, aux mains de technocrates de Bruxelles, avec l'Europe telle qu'elle devrait être, politique, sociale, fiscale, sécuritaire et unie autour de ses valeurs et de ses racines, face aux impérialismes qui nous menacent et que nous sommes incapables, seuls, de protéger et dont témoignent tous les jours l'extra-territorialité du droit américain et l’imperium juridique mondial qu'il génère de facto, la prédominance absolue du dollar et la perte de souveraineté qui s'ensuit pour les pays européens et la France en particulier...
    L'Europe est notre seul salut, construisons la, ne nous contentons pas de la dénigrer !
    CR

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    1. Le problème, et ta réponse en est l'illustration, est qu'on ne peut pas critiquer la construction actuelle sans être immédiatement taxé d'être contre l'Europe. J'ai déjà connu au moment de Maastricht....

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