Le meurtre du jeune Quentin menaçait d’être l’étincelle mettant le feu à l’édifice républicain. Mais le mensonge savamment orchestré est en passe de prendre le dessus.
Ce drame a déclenché un « sauve qui peut » politique et médiatique. Il ne faut
pas se fier aux apparences : les uns et les autres feignent de condamner et
s’emploient déjà à rendre possible la réhabilitation. Car ce crime discrédite
l’un des fondamentaux de l’édifice républicain : l’antifascisme appliqué à tous
ceux qui s’opposent au socialisme et à ses succédanés.
Tel est le théâtre des ombres dans lequel s’inscrit la mort de Quentin.
Dès que la nouvelle fut connue, le bruit médiatique a
cultivé le soupçon.
Non plus : qui a frappé ?
Mais : qui était la victime ?
Mécanisme marxiste bien rodé.
LFI a fait front. Rien de surprenant pour qui connaît
les ressorts du marxisme et du trotskisme que Jean-Luc Mélenchon maîtrise dans
les règles de l’art.
Récusant toute violence, LFI profère le mensonge de
son irresponsabilité, se lavant les mains de ce qu’ont fait les membres de la «
jeune garde » tout en affirmant sa fierté de compter Raphaël Arnault dans ses
rangs. Jean-Luc Mélenchon entretient depuis des années la radicalisation
verbale tout en récusant la responsabilité lorsqu’elle déborde dans le
réel, s’arrogeant le droit de condamner cette violence après l’avoir rendue
possible.
Or il faut inlassablement rappeler que la violence
politique moderne en France ne naît pas dans les milieux conservateurs ou catholiques.
Ce fut la Terreur qui légitima l’élimination de l’ennemi, le marxisme qui la
systématisa ; le XXᵉ siècle en compta les morts par
millions. On se souvient de Paul Quilès demandant qu’on nomme les têtes qui devaient tomber.
L’antifascisme envahit le langage politique afin de
donner sa légitimité à cette entreprise dont le mensonge est le moteur. Grâce à
la dialectique, la violence change de statut selon sa cible. Lorsqu’elle frappe
ceux réputés appartenir au « mauvais camp », elle cesse d’être criminelle. Elle
devient explicable. Contextualisable. Presque intelligible. Le mensonge et la
négation du réel deviennent possibles.
La violence politique ne se juge plus selon l’acte
commis, mais selon la conformité idéologique de celui qui la subit ou de celui
qui l’assène. Si la victime peut être rattachée à une sensibilité dite «
identitaire », le crime cesse d’être un scandale absolu. S’il est commis au nom
de l’antifascisme, il devient moralement et politiquement compréhensible.
La machine antifasciste est en route. Depuis des
décennies, l’antifascisme est devenu un dogme civil. Il ne relève plus de la
vigilance historique : il fonctionne comme une religion politique. L’histoire
n’est convoquée que comme caution. Le Bien affronte le Mal. La discussion
disparaît ; demeure l’excommunication.
Ce combat a ses idiots utiles.
Ségolène Royal affirme avec aplomb que la victime
serait un militant néo-nazi antisémite. Il faut un sacré culot! Elle introduit le soupçon. La victime
devient un problème.
Dominique de Villepin prolonge le raisonnement plus subtilement en
dénonçant un risque « identitaire » dans les manifestations d’hommage. Après le
fascisme, l’identité devient inquiétante. Identitaire, ultra-droite, fasciste,
catholique traditionaliste : même registre du dénigrement et de l'assignation à résidence idéologique injurieuse.
Le président de la République et son ministre des
Affaires étrangères condamnent les prises de position de Madame Meloni ou de
l’ambassadeur des États-Unis en France ; Jean-Luc Mélenchon les en félicite !
Et Jordan Bardella, persuadé d’avoir acquis sa
respectabilité, entonne son refrain contre l’extrême droite, sans voir qu’il
devient le jouet du système qu’il prétend dénoncer.
La boucle est bouclée. Le meurtre de Quentin devient
l’équivalent des violences de l’ultra-droite. Ils sont d’accord. Il faut nazifier
pour neutraliser et sauver l'état profond.
Les raccourcis font florès:
- Royaliste ? donc suspect.
- Catholique traditionaliste ? donc extrémiste.
- Attaché à une continuité historique ou nationale ? donc menace potentielle, car contre l’ordre républicain et pourquoi pas l’état de droit.
- On a même entendu une éditorialiste de LCI expliquer que le chrisme inscrit sur une banderole de la marche en mémoire de Quentin serait un symbole fasciste, alors qu’il marque depuis des siècles les correspondances privées des chrétiens et en particulier de nos moines !
La politique disparaît derrière la moralisation
permanente du débat public. On ne discute plus des orientations collectives ;
on classe les citoyens selon leur conformité morale supposée. La démocratie
n’arbitre plus. Elle stigmatise.
Le drame du jeune Quentin révèle la marque d'une
époque où la politique s’efface, remplacée par la moraline et la peur d’un mal
érigé en absolu — au point d’en effacer un autre alors qu'en réalité ce jeune garçon que l'on stigmatise pourrait bien incarner un idéal vertueux par opposition aux errements de ceux qui nous gouvernent érigés en fausses vertus.
Il y a une autre conséquence
à ce manège.
Au
moment même où le peuple mesure la nécessité d’une politique ancrée dans la
réalité de ses véritables intérêts, ce drame, une fois retourné,
risque d’anesthésier ceux qui veulent remettre en cause le système — ou de les
marginaliser à nouveau.
Que
deviendrait par exemple le RN après l’achèvement de sa mue républicano-démocratique ?
Rien n’est innocent dans ce mécanisme révolutionnaire. Au nom de la religion antifasciste, Jean-Luc
Mélenchon et les siens poussent à la radicalisation verbale tout en niant en
porter la responsabilité. Ils savent qu’ils sont soutenus par une classe
politique paralysée et ficelée par l’État profond. Ce sont eux qui donnent le « la ».
Tout finira par rentrer dans l’ordre républicain. À moins que le
martyre de Quentin ne soit un véritable électrochoc.
Il demeure qu’une société qui ne sait plus faire de
politique finit toujours par produire davantage de violence parce qu’elle
refuse d’en penser les causes réelles.
Attendons la suite…


AD,
RépondreSupprimerPour ma part, au milieu de tous ces gens qui péroraient et commentaient ce drame, gauche et droite confondues, je comptais ceux qui faisaient ne serait-ce qu'une allusion à la douleur de la famille, des parents. Tâche aisée tant ils ont été rarissimes, rajoutant une dose de violence là où elle débordait déjà.
"Remplacer la pensée par des réflexes" a été le but de l'éducation nationale pendant les 50 dernières années... dans le but officiel de ne pas traumatiser les cancres. Le but réel étant que sans pensée dans le peuple, la gouvernance est plus aisée. On ne va pas maintenant jouer la surprise.
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