dimanche 6 septembre 2026

MON ETE AVEC DANTE (13)

Nous poursuivons le parcours de Dante au Paradis.



Chant XIX

Dante attaque immédiatement l’une des difficultés les plus redoutables du Paradis : comment croire à la justice de Dieu lorsque notre raison semble précisément nous montrer une injustice ?

« Et ce qu’il me faut à cette heure retracer
jamais voix ne l’exprima, ni ne l’écrivit aucune encre,
non plus que ne le rêva jamais la fantaisie ».

La multitude des justes s’accorde dans une même contemplation de la justice divine.

C’est l’Aigle qui va parler à Dante : les âmes qui le composent ont exercé la justice sur terre et sont maintenant dans la gloire.

Avant de répondre à la question de Dante, l’Aigle lui rappelle une différence fondamentale : la créature ne peut embrasser l’intelligence du Créateur.

Dante nous en donne une image d’une extraordinaire simplicité :

« C’est pourquoi dans la justice éternelle
la vue quand reçoit votre monde
ne pénètre dans l’intérieur que comme le regard dans la mer,
regard qui, bien que de la rive il voit le fond,
ne l’aperçoit plus au large, et néanmoins
le fond est là, mais se cache en sa profondeur ».

Ce n’est pas parce que notre regard ne voit plus le fond que le fond n’existe pas.

Dante pose alors dans toute sa brutalité la question qui le préoccupe tant. Qu’en est-il de l’homme juste qui naît dans un pays où personne ne lui a jamais parlé du Christ ?

« Il meurt non baptisé et sans la foi :
où est cette justice qui le condamne ?
où est sa faute s’il ne croit pas ? ».

L’Aigle ne lui donne pas la réponse simple qu’il attend. Il lui reproche plutôt de vouloir faire de son intelligence limitée la mesure du jugement divin.

Puis il réaffirme que tout salut vient du Christ :

« À ce Royaume
jamais ne monta quiconque ne crut pas au Christ
ni avant ni après qu’il fut cloué au bois.
Mais, vois-tu, beaucoup vont criant : “Christ ! Christ !”
qui seront au jour du jugement beaucoup moins près
de lui que tel autre qui ne connaît pas le Christ ».

Dante maintient donc simultanément deux affirmations : nul n’est sauvé indépendamment du Christ ; mais l’appartenance extérieure au christianisme ne permet pas de savoir qui sera sauvé.

Il dresse alors une longue liste de souverains qui portent le nom de chrétiens mais gouvernent injustement.

La réponse est aussi un renversement de perspective : avant de juger trop vite celui qui n’a pas connu le Christ, regarde comment vivent ceux qui ont reçu la Révélation et se disent chrétiens.

Le chant XX va mettre cette affirmation à l’épreuve avec deux cas stupéfiants.

Chant XX

Les lumières de l’Aigle recommencent à chanter puis s’apaisent. De cette multitude sort à nouveau une seule voix : innombrables, les bienheureux parlent pourtant comme un seul être.

« Là il se fit voix et puis s’exhala
par le bec en forme de paroles
telles que les attendait ce cœur où je les inscrivis ».

L’Aigle demande à Dante de regarder son œil, où apparaissent six grands exemples de souverains justes : David, Trajan, Ézéchias, Constantin, Guillaume II de Sicile et Ripheus.

Mais que font Trajan et Ripheus au Paradis ?

La surprise de Dante tient en une phrase :

« Mais qu’est-ce donc que tout ceci ? ».

L’Aigle l’avertit une nouvelle fois : Dante voit le fait, mais n’en comprend pas encore le mystère.

« tu fais comme celui qui la chose par son nom
bien apprend, mais l’essence
n’en peut voir si quelque autre ne la lui révèle.

Le Royaume des cieux souffre violence
d’un fervent amour et d’une vive espérance
qui triomphent de la volonté divine :
non pas selon que l’homme impose à l’homme la soumission,
mais il triomphe d’elle parce qu’elle veut être vaincue
et, vaincue, c’est elle qui reste victorieuse par son infinie charité ».

Il ne faut évidemment pas comprendre que la prière contraindrait Dieu contre sa volonté : elle est efficace précisément parce que Dieu veut qu’elle le soit.

Trajan, selon la légende reprise par Dante, n’est pas simplement passé de l’Enfer au Paradis grâce aux prières de Grégoire. Il aurait été rendu à la vie, aurait alors cru au Christ et serait mort une seconde fois dans cette foi.

Ripheus pose une difficulté plus grande encore. Ce Troyen, antérieur au Christ, n’avait jamais entendu la prédication chrétienne. Dante imagine que Dieu lui accorda une grâce extraordinaire lui permettant de connaître le salut que le Christ accomplirait un jour et de croire ainsi au Christ à venir.

Dante maintient donc l’affirmation du chant XIX : tout salut vient du Christ. Ce qu’il détruit, en revanche, c’est notre prétention à savoir par quelles voies la grâce du Christ peut atteindre un homme.

« O prédestination combien éloignée
est la racine de ces regards
qui point ne voient tout de la cause première ! ».

Même au Paradis, la créature n’est pas omnisciente. Elle voit Dieu, mais ne comprend pas exhaustivement tous les secrets de sa Providence.

Dante peut alors conclure :

« C’est ainsi par cette image divine,
afin d’éclaircir ma faible vue,
que me fut donné un suave remède ».

Chant XXI

Dante atteint le ciel de Saturne, celui des contemplatifs.

Il regarde Béatrice, mais, pour la première fois, elle ne lui sourit plus : sa beauté s’accroît à mesure qu’ils montent et Dante, encore vivant, ne pourrait en supporter l’éclat avec ses « facultés mortelles ».

Une immense échelle d’or apparaît, si haute que son regard ne peut en atteindre le sommet. L’image évoque naturellement l’échelle de Jacob : elle conduit vers Dieu, mais son terme échappe encore au regard de Dante.

Parmi les lumières qui la parcourent, l’une vient jusqu’à lui.

Un autre phénomène se produit : la douce symphonie du Paradis s’est tue. Dante ne pourrait davantage en supporter le chant que le sourire de Béatrice : « tu as l’ouïe mortelle ainsi que la vue ».

Dante demande pourquoi cette âme, plutôt qu’une autre, a été chargée de venir lui parler.

Elle répond qu’elle accomplit la mission qui lui a été confiée, mais qu’elle ignore pourquoi elle a précisément été choisie. Même parmi les bienheureux, nul ne possède la science exhaustive des desseins de Dieu.

Et Dante devra rapporter cette leçon sur terre :

« L’esprit qui brille ici, sur terre, est comme voilé de fumée :
considère dès lors comment il pourrait là-bas
ce qu’il ne peut ici, bien que le ciel l’ait accueilli en son sein ».

L’âme se présente : Pierre Damien, moine contemplatif.

Mais la contemplation n’est pas une fuite hors du monde. Celui qui vit tourné vers Dieu voit d’autant mieux ce qui s’en éloigne. Pierre Damien termine par une dénonciation sévère du luxe et des excès du clergé.

Plus Dante approche de Dieu, moins il devient indifférent à ce qui se passe sur terre.

Chant XXII

Dante est encore « oppressé de stupeur » par ce qu’il vient d’entendre. Béatrice le rassure : il ne doit pas s’effrayer ; ce qu’il entend appartient à la justice divine, non au désordre terrestre.

Elle l’invite à regarder de nouveau l’échelle. Une lumière s’approche : saint Benoît, fondateur de la tradition monastique bénédictine, qui évoque le mont Cassin et sa prédication.

Depuis le début du Paradis, Dante ne perçoit les âmes que sous la forme de lumières. Il demande donc :

« Donc je t’en prie : O toi, père, apprends-moi
si je puis espérer assez de grâce pour que je
vois ton image à découvert ».

Benoît lui répond que ce désir sera satisfait « en l’ultime sphère où s’accomplissent toutes les autres ».

Puis il revient à l’échelle et à sa signification :

« Mais à cette heure, pour la gravir personne n’abandonne
de ses pieds la terre ; et ma règle
n’est demeurée là-bas que pour porter dommage à quelques parchemins ».

Ce ne sont pas les moyens de monter vers Dieu qui ont disparu ; c’est le désir de les emprunter qui s’est affaibli.

Benoît déplore ainsi les infidélités de son propre ordre à sa vocation, sans considérer pour autant que tout redressement soit impossible.

Puis Dante s’élève jusqu’au ciel des étoiles fixes. Béatrice lui demande de regarder en arrière.

Il voit la Terre devenue minuscule :

« Je vis notre globe tel que je souris de son pauvre aspect ».

Plus Dante monte, plus la Terre devient petite ; mais plus devient grande la responsabilité de ce que l’homme y fait.

Il ne s’agit pas de mépriser la création, mais de remettre à leur juste place les biens pour lesquels les hommes se déchirent.

Chant XXIII

Le chant commence tout en douceur avec Béatrice qui se tient telle « l’oiseau dans ses chères ramures ».

Puis son visage s’illumine :

« Voici les phalanges
du triomphe du Christ et le fruit parfait
pour la récolte duquel tournent ces sphères ».

Nous changeons de registre : le Christ apparaît dans sa gloire, au milieu des bienheureux.

Dante approche désormais de ce vers quoi tout son voyage le conduisait. Il ne reçoit plus seulement des explications sur Dieu : il commence à contempler.

Cette vision le transforme. Béatrice peut lui dire :

« Ouvre les yeux et regarde celle que je suis en vérité.
Tu as vu de telles choses que le pouvoir
t’est venu de soutenir l’éclat de mon sourire ».

Ce qu’il voit dépasse pourtant déjà sa capacité de le restituer. Plus Dante approche de Dieu, plus les mots — et bientôt la mémoire elle-même — deviennent insuffisants.

Béatrice l’invite alors à regarder les autres bienheureux. Elle emploie l’image d’un jardin dont le Christ est la lumière :

« Là est la rose en laquelle le verbe divin
s’est fait chair ; là sont les lis
qui tracèrent, de leur parfum, le bon chemin ».

La rose, c’est Marie.

L’archange Gabriel descend vers elle et célèbre celle en qui le Fils de Dieu a pris chair. Puis Marie s’élève à la suite du Christ, hors de la portée du regard de Dante.

Les bienheureux chantent le Regina coeli.

Après tant de raisonnements, le Paradis devient de plus en plus contemplation, lumière et chant.

Chant XXIV

Après le triomphe du Christ et de Marie, Béatrice demande aux bienheureux de permettre à Dante de goûter quelques miettes du banquet céleste avant sa mort.

Une lumière particulièrement éclatante s’approche : saint Pierre.

Béatrice l’invite à interroger Dante :

« O lumière éternelle du grand chef
auquel notre seigneur laissa les clefs
apportées par lui sur terre pour ouvrir cette joie infinie,
éprouve celui que voilà sur des points légers ou graves,
comme il te plaira, concernant cette foi
qui te faisait marcher sur la mer ».

Dante va passer un véritable examen.

À la première question — qu’est-ce que la foi ? — il répond par l’Épître aux Hébreux :

« La foi est la substance des choses espérées
et l’argument de celles qui ne sont point visibles,
et il me paraît que c’est là son essence ».

Pierre ne se contente pourtant pas d’une citation. Dante doit expliquer ce qu’elle signifie.

Chez Dante, reconnaître les limites de la raison ne signifie jamais renoncer à l’intelligence. La foi ne dispense pas de réfléchir à ce que l’on croit.

Pierre lui demande ensuite d’où lui vient cette foi. Dante invoque les Écritures et les miracles, puis avance son célèbre argument :

« Si le monde s’est converti au christianisme,
dis-je, sans miracles, cela seul
en est un si grand que les autres n’en font point le centième ».

Pierre lui demande enfin ce qu’il croit.

Dante répond :

« Je crois en un Dieu
unique et éternel qui fait se mouvoir le ciel tout entier
lui, l’immobile, par l’amour et par le désir ».

Après avoir encore confessé sa foi en un seul Dieu en trois Personnes, Dante reçoit l’approbation de Pierre, qui tourne trois fois autour de lui et le bénit en chantant.

Après avoir appris à comprendre, Dante doit maintenant montrer qu’il sait ce qu’il croit et pourquoi il le croit.

Chant XXV

Après la foi, Dante doit être interrogé sur l’espérance.

Le chant commence pourtant par une espérance très terrestre.

Dante rêve encore que son poème lui permettra un jour de revenir dans la Florence qui l’a banni :

« Si jamais il arrive que ce poème sacré,
auquel on mit la main et le ciel et la terre
au point de m’émacier durant de nombreuses années,
parvienne à vaincre la cruauté qui m’emprisonne hors
du beau bercail où je dormis agneau,
ennemi des loups qui lui portent la guerre,
avec une autre voix désormais, avec une autre toison,
poète j’y reviendrai et sur les fonts
de mon baptême je prendrai le chaperon,
parce que dans la foi, qui met en l’amitié
de Dieu les âmes, ce fut là que j’entrai et parce que
c’est pour elle que Pierre ainsi me ceignit le front ».

C’est saint Jacques qui apparaît et interroge Dante : qu’est-ce que l’espérance ? À quel degré la possède-t-il ? D’où lui vient-elle ?

Dante répond qu’elle est une attente certaine de la gloire future, fondée sur la grâce de Dieu ; elle lui vient des Écritures et elle attend l’accomplissement de l’homme tout entier, âme et corps.

Le contraste avec le début du chant est très beau.

Dante espère encore rentrer à Florence. Nous savons que cet espoir terrestre ne se réalisera pas.

Cela permet de distinguer nos espoirs, légitimes mais toujours susceptibles d’être déçus, et l’espérance, qui repose ultimement sur la fidélité de Dieu.

Après les réponses de Dante, les lumières entonnent le psaume 9 : comme au chant précédent, l’examen débouche sur la louange.

Une troisième lumière apparaît : saint Jean.

Dante croit, selon une opinion alors répandue, que Jean aurait déjà été glorifié dans son corps comme le Christ et Marie. Il cherche donc son corps dans la lumière. Jean le détrompe : son corps est encore sur terre.

Même arrivé si haut, Dante doit encore corriger ce qu’il croyait savoir.

Chant XXVI

Après la foi et l’espérance, saint Jean examine Dante sur la charité : il ne suffit plus de savoir ce qu’il croit ou ce qu’il espère ; il faut découvrir ce qu’il aime et vers quoi tend son désir.

Pour avoir cherché à distinguer le corps de Jean dans sa lumière, Dante est frappé d’une cécité passagère. Le symbole est fort : au moment même où il va être interrogé sur l’amour, il ne peut plus voir.

Jean lui demande en substance :

Où tend ton âme ? Qu’aimes-tu ?

Dante répond :

« le bien qui comble de joie en cette cour
est l’alpha et l’oméga de tous les écrits
qu’amour avec douceur ou force me lit ».

Mais pourquoi aimer Dieu ? Qu’est-ce qui a tourné son amour vers Lui ?

Dante rappelle notamment la parole de saint Jean : « Dieu est amour ».

Jean poursuit : qu’est-ce qui nourrit concrètement cet amour ?

« Car l’existence du monde et ma propre existence,
la mort qu’il souffrit afin que je vive,
et ce que tout fidèle espère comme moi,
avec la vivante connaissance du bien que j’ai dite tout à l’heure
m’ont enlevé à l’océan des amours égarées
et posé au rivage du droit amour ».

Nous retrouvons ici tout le Purgatoire. Le problème de l’homme n’est pas de ne pas aimer, mais d’aimer dans le désordre.

Dante ajoute immédiatement qu’aimer Dieu par-dessus tout ne signifie pas cesser d’aimer les créatures : elles doivent être aimées selon le bien qu’elles reçoivent de Dieu.

L’amour de Dieu ne détruit donc pas les autres amours : il les ordonne.

Les âmes chantent alors trois fois Saint, et Dante retrouve la vue.

C’est à ce moment qu’apparaît Adam.

Dante veut savoir depuis combien de temps il fut créé, combien de temps il demeura dans l’Éden, quelle fut exactement sa faute et quelle langue il parlait.

La réponse essentielle concerne la faute : elle ne tient pas matériellement au fruit mangé, mais au franchissement de la limite, à la désobéissance, au désordre de la volonté.

Le rapprochement avec l’examen qui précède est saisissant : après avoir appris que l’amour véritable consiste à aimer Dieu et les créatures selon leur juste ordre, Dante rencontre celui dont la faute fut précisément de refuser l’ordre reçu et de vouloir franchir la limite.

Chant XXVII

À peine Dante a-t-il achevé son examen sur les trois vertus théologales que saint Pierre dénonce avec une violence extraordinaire la corruption de la papauté.

Le chant avait pourtant commencé dans une joie ineffable.

Brusquement, la lumière de Pierre devient rouge.

Même Béatrice change de visage :

« Si je varie en ma couleur,
ne t’en étonne point ; car dans le temps que je parlerai
tu verras varier de même tous ceux qui nous entourent ».

Pierre dénonce avec force ceux qui ont trahi la mission attachée à son siège.

Mais surtout, il se tourne vers Dante :

« Et toi mon fils, qui, chargé de ton poids mortel
encore, reviendras sur terre, ouvre la bouche
et ne cache pas ce que je ne cache pas moi-même ! ».

Dante est donc invité à parler.

Nous retrouvons la mission que Cacciaguida lui avait confiée au chant XVII : ne pas dissimuler sa vision par peur de déplaire.

Après quoi les bienheureux remontent et Béatrice demande à Dante de regarder de nouveau vers le bas. Il aperçoit cette Terre, cette « petite aire » qu’il avait déjà contemplée au chant XXII.

Puis il quitte le ciel des étoiles fixes et atteint le neuvième ciel, le Premier Mobile, dernière sphère du monde physique :

« Et ce ciel n’a d’autre espace
que l’esprit de Dieu dans lequel s’enflamme
l’amour qui le fait mouvoir et la vertu qu’il répand ».

Dante arrive à la frontière du monde créé mesurable par l’espace et le temps.

Et pourtant, alors qu’il nous a entraînés si loin des réalités terrestres, Béatrice termine encore en dénonçant la cupidité des hommes.

Ce n’est pas un hasard.

Plus Dante approche de Dieu, moins il devient indifférent au monde. La contemplation ne le détourne pas de la vérité terrestre : elle lui permet de la voir plus justement.

Après avoir été interrogé sur ce qu’il croit, ce qu’il espère et ce qu’il aime, il reçoit donc une dernière exigence :

maintenant, parle.

Conclusion

De la justice divine à la foi, de l’espérance à l’amour, ces chants conduisent Dante jusqu’aux limites de ce que l’intelligence humaine peut saisir. Il apprend à ne pas confondre ces limites avec celles de Dieu, mais aussi à ne jamais renoncer à chercher, à croire, à espérer et à aimer.

Et plus son regard s’élève vers le Ciel, plus sa mission terrestre devient claire :

revenir parmi les hommes et témoigner de ce qu’il a vu.

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